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FRANCE

Filière jihadiste lyonnaise : cinq personnes mises en examen et écrouées

Des policiers français lors d'une interpellation (archives).
Des policiers français lors d'une interpellation (archives). Martin Bureau, AFP
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Cinq personnes soupçonnées d'avoir participé à une filière de recrutement de jihadistes pour aller combattre en Syrie ont été mises en examen et écrouées dans le cadre d'une enquête du parquet antiterroriste de Paris.

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Les juges antiterroristes parisiens ont mis en examen et ordonné la mise sous écrou des cinq personnes interpellées, entre le 16 et 18 septembre, dans le cadre d’une enquête sur une filière jihadiste vers la Syrie. Elles sont notamment accusées d'"association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et de "financement du terrorisme", selon une source judiciaire citée par l’AFP.

L'enquête préliminaire ouverte le 15 juillet par le parquet antiterroriste de Paris s'était concentrée sur une fratrie vivant dans l’est de la banlieue lyonnaise, précisément dans les communes de Meyzieu et Vaulx-en-Velin (Rhône). Dans un communiqué, le ministère public a confirmé "l'existence d'une filière d'acheminement de candidats au jihad en Syrie, et notamment de jeunes filles, en lien avec les membres de la fratrie présents dans ce pays".

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Selon le communiqué du parquet, deux des frères soupçonnés dans cette enquête "nourrissaient l'ambition de mourir en martyr. [...] Ils étaient prêts pour une action violente en France", a affirmé à l’AFP une source proche du dossier. Selon une autre source, "un passage à l'acte a été envisagé" par les protagonistes, même si aucune cible spécifique n'a été identifiée.

Toujours selon le parquet, "un membre de leur famille" est déjà "décédé dans un attentat suicide en Syrie en juin". Trois membres de la fratrie "combattent actuellement en Syrie au sein de l'organisation terroriste de l'EI [organisation de l’État islamique] et trois autres demeurent en région lyonnaise", a précisé le parquet.

Deux frères et une sœur arrêtés

Au final, un frère et une sœur de la famille, âgés de 22 et 24 ans, ont été interpellés et placés en garde à vue mardi, tandis qu’un troisième frère, âgé de 19 ans, avait pris la fuite avant d'être arrêté, jeudi, dans une boutique à Vaux-en-Velin. Porteur d'un Smith & Wesson chargé de calibre 38, il était d’ailleurs placé sous contrôle judiciaire dans le cadre de l'enquête sur le groupuscule islamiste Forsane Alizza ("Les Cavaliers de la Fierté"), dissous en février 2012 par le ministère de l'Intérieur. Il avait effectué six mois de détention provisoire entre avril et novembre 2012.

À son domicile, les enquêteurs ont trouvé "une kalachnikov approvisionnée de 27 cartouches et d'une cartouche chambrée, le mode rafale engagé", ainsi que "des munitions de divers calibres". "Un téléviseur, allumé, diffusait l'emblème de l'EI", selon le parquet. Lors des perquisitions, les enquêteurs ont également saisi "de nombreux documents, des sommes d'argent, des téléphones portables, des matériels informatiques". Enfin, parmi les autres personnes présentées aux juges figurait son fournisseur présumé d'armes.

Ces mises en examen interviennent quelques jours après l’adoption par les députés, le 18 septembre, du projet de loi de "lutte contre le terrorisme". Un texte qui comprend une interdiction de sortie du territoire pour empêcher le départ de jeunes Français candidats au jihad vers la Syrie.

Selon le gouvernement, environ 930 Français sont impliqués dans des filières vers la Syrie et l'Irak (350 sur place dont 63 femmes, 185 repartis de Syrie, 170 en transit vers la zone et 232 ayant des velléités de départ), nombre en "augmentation de 74% en huit mois".

Avec AFP

 

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