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Yémen : Sanaa contraint de partager le pouvoir avec la rébellion chiite

Combattants houthis à Sanaa, samedi 21 septembre.
Combattants houthis à Sanaa, samedi 21 septembre. Mohammed Huwais, AFP

Après quatre jours d'intenses violences marqués par la prise de plusieurs bâtiments officiels, un accord a été signé, dimanche, entre le gouvernement yéménite et les rebelles chiites. Il prévoit l'entrée des Houthis dans le nouveau gouvernement.

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Les rebelles chiites yéménites, appelés Houthis, ont signé dimanche 21 septembre, un accord avec les autres forces politiques du pays mettant fin à plusieurs jours de combats dans les rues de la capitale, Sanaa. "L’accord pour la paix et un partenariat national" a été signé en présence de l’émissaire de l’ONU, Jamal Benomar, du président Abd Rabbo Mansour Hadi et de représentants des factions politiques, dont la rébellion chiite d’Ansaruallah, a annoncé l’agence officielle Saba.

L’accord prévoit une cessation "immédiate" des hostilités, la nomination sous trois jours d’un nouveau Premier ministre et la formation dans un mois d’un gouvernement de techniciens. Le président Hadi doit en outre s’entourer de conseillers parmi les représentants d’Ansarullah et du Mouvement sudiste, qui milite pour une autonomie du Sud, un État indépendant jusqu’en 1990.

Combats dans la capitale

Depuis jeudi, les combats entre les rebelles chiites d’Ansaruallah et les miliciens islamistes sunnites du parti al-Islah ont fait une centaine de morts à Sanaa. Vendredi, le président avait jugé "inexcusable" l’offensive rebelle chiite qu'il a qualifiée de "tentative de coup d’État".

Durant le week-end, plusieurs bâtiments administratifs, dont la radio d'État, étaient tombés aux mains des rebelles. Ces derniers avaient fait des avancées spectaculaires vers le centre de la capitale, selon des responsables.

Dimanche soir, l’agence Saba a indiqué que la police militaire avait pris des mesures pour "reprendre tous les bâtiments gouvernementaux dont les rebelles d’Ansaruallah avaient pris le contrôle". Bizarrement, les services de sécurité avaient été invités à "ne pas affronter" les miliciens chiites, dans une déclaration attribuée au ministre de l’Intérieur.

Les Houthis veulent arracher une part de pouvoir

Majoritaires dans le nord du Yémen, les chiites sont minoritaires au niveau national. Les Houthis, eux, sont issus du zaïdisme, une branche du chiisme, qui représente plus de 30 % de la population yéménite. Pour eux, l’enjeu est d’arracher une part du pouvoir, a expliqué à l’AFP April Longley, spécialiste du Yémen à l’International Crisis Group. "Les Houthis veulent être de puissants décideurs à l’échelle nationale avec une part [de pouvoir] égale, voire supérieure, à celle de leurs principaux rivaux politiques d’Al-Islah. Le plafond de ce qu’ils pensent pouvoir obtenir augmente en fonction de ce qu’ils gagnent sur le terrain", a-t-elle déclaré.

>> À lire sur France 24 : "Si la transition est abandonnée, alors le Yémen se disloquera"

Ces derniers combats à Sanaa ont menacé la transition vers la démocratie prévue sous l’égide des Nations unies après les manifestations qui avaient contraint le président Ali Abdallah Saleh à la démission en 2012 après 30 ans de pouvoir.

La rébellion armée des Houthis, qui dure depuis des années dans le nord du Yémen, est l’un des trois problèmes en matière de sécurité auxquels est confronté le pouvoir yéménite. Un premier problème auquel s'ajoutent le mouvement sécessionniste dans le sud du pays et l’implantation sur une grande partie du territoire d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa).

Avec AFP et Reuters

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