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Qui est Khorasan, ce groupe d'Al-Qaïda visé par les raids américains ?

Rami al-Sayed, AFP

Des frappes américaines ont visé, mardi, des positions de Khorasan, un groupe qui aurait intégré le Front al-Nosra, la branche officielle d’Al-Qaïda en Syrie. Selon Washington, cette mouvance menaçait de commettre des attentats en Occident.

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Les raids aériens américains qui ont visé pour la première fois, dans la nuit de lundi à mardi 24 septembre, les positions de l’organisation de l’État islamique en Syrie ont également pris pour cible une unité d’Al-Qaïda, baptisée Khorasan. Encore inconnu du grand public, ce mouvement jihadiste préparait, selon Washington, des attaques "imminentes" contre les intérêts occidentaux.

"Depuis un certain temps, nous traquons des complots visant à commettre des attentats aux États-Unis ou en Europe", a déclaré, mardi 23 septembre, Ben Rhodes, conseiller national adjoint à la sécurité de Barack Obama.

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L’armée américaine affirme avoir tiré plus de 40 missiles de croisière Tomahawk contre Khorasan, à l’ouest d’Alep, en Syrie. Toutes ces frappes visaient des camps d’entraînement, des ateliers de fabrication d’explosifs et un centre de communication. Contrairement aux frappes contre les cibles de l’organisation de l’EI, auxquelles plusieurs pays arabes alliés de Washington ont participé, l’attaque contre Khorasan a été menée par les seules forces américaines.

Khorasan et Front al-Nosra : une seule et même entité ?

"C’est la première fois qu’on entend parler de ce groupe. Khorasan est un nom qui renvoie à l’Iran, au Pakistan et à l'Afghanistan. Mais les commandants tués dans les raids combattaient dans les rangs du Front al-Nosra", explique Wassim Nasr, journaliste à France 24 et spécialiste des groupes jihadistes.

 

Pour lui, Khorasan et Front al-Nosra ne seraient peut-être qu'une seule et même entité. "Les Américains ont peut-être choisi de ne pas utiliser le nom 'al-Nosra' parce que le groupe n'a jamais menacé les intérêts américains ou occidentaux. Al-Nosra a même fait preuve de bonne foi en libérant un otage américain [Peter Theo Curtis] et 45 soldats de l'ONU au Golan".

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Cette hypothèse est corroborée par des jihadistes syriens contactés par Reuters. "Nous ne sommes pas vraiment sûrs de l'identité du groupe, dont parlent les Américains", confie l'un d'eux à l'agence de presse anglaise. "Ils font une distinction entre les chefs de Khorasan et les autres. Mais [Khorasan], c'est un terme seulement utilisé en Occident. Pour nous, ce n'est que du vent", précise-t-il. Plusieurs autres sources syriennes, citées par Reuters, affirment que les sites visés par l'armée américaine, dans la nuit de lundi à mardi, étaient bien des bases du Front al-Nosra.

Malgré ce flou autour de leur identité, les autorités américaines ont expliqué que ce mouvement rebelle syrien était formé de membres d’Al-Qaïda. "Le chef de ce groupe, Moshin al-Fadhli [tué dans les frappes] était, selon les Américains, proche de Ben Laden. Les membres de Khorasan auraient fui l’Afghanistan en 2001 pour se réfugier en Iran quelques années avant de rejoindre la Syrie en 2013", ajoute Wassim Nasr.

Concevoir des attentats à l'étranger

Le groupe s’est installé en Syrie, non pas pour participer à la lutte contre le régime de Bachar al-Assad mais "pour y disposer d’un refuge sûr, afin de concevoir des attentats à l’étranger, fabriquer et tester des engins explosifs et recruter des Occidentaux pour mener à bien ces opérations", précise dans un communiqué le Commandement central des forces américaines (CentCom), qui couvre notamment le Moyen-Orient.

D’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les frappes visant Khorasan ont fait une cinquantaine de morts dans ses rangs. Sur les réseaux sociaux, des militants pleurent la mort de deux hauts responsables du groupe, Abou Youssef al-Turki et, surtout, Mohsin al-Fadhli, dont la capture avait été mise à prix pour 7 millions de dollars.

D’après le département d’État américain, Mohsin al-Fadhli, d’origine koweïtienne, était en contact très étroit avec le haut commandement d’Al-Qaïda au moment des attentats du 11 septembre 2001. Présenté comme un "facilitateur" et un financier, Fadhli, né en 1981, aurait même fait partie, malgré son jeune âge, du cercle très restreint à avoir été averti, en amont, de l'attaque contre le World Trade Center.

Avec Reuters

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