Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Guinée : Cellou Dalein Diallo chef de l'opposition est l'invité du Journal de l'Afrique

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Royaume-Uni - Brexit : Quelles issues pour Theresa May et le Royaume-Uni ?

En savoir plus

LE PARIS DES ARTS

Le Paris des Arts de Yarol Poupaud

En savoir plus

#ActuElles

Des employées enceintes harcelées au Japon

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Projet d'accord sur le Brexit : Theresa May, une première ministre bien isolée

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

L'avenir incertain de la démocratie libérale

En savoir plus

VOUS ÊTES ICI

Dans le nord, sur la route de l’Art déco

En savoir plus

TECH 24

Audrey Tang, la hackeuse taïwanaise devenue ministre

En savoir plus

FOCUS

Allemagne : "Nouvelle droite", vieilles idées ?

En savoir plus

FRANCE

En images : hommage à Hervé Gourdel devant la Grande mosquée de Paris

© France 24 | Rassemblement à l'appel du CFCM devant la Grande mosquée de Paris, le 26 septembre.

Vidéo par Julien MUNTZER , Nicholas RUSHWORTH , Willy BRACCIANO

Texte par Bahar MAKOOI

Dernière modification : 26/09/2014

Des centaines de personnes se sont rassemblées vendredi face à la Grande mosquée de Paris, à l'appel du Conseil français du culte musulman, pour rendre hommage à Hervé Gourdel, l'otage français assassiné par l'EI en Algérie.

Plusieurs rassemblements en hommage à la mémoire d'Hervé Gourdel ont eu lieu dans différentes villes de France, vendredi 26 septembre. À Paris, quelque 500 personnes au moins se sont réunies devant la Grande mosquée, à l’appel du président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Dalil Boubakeur.

Deux jours avant l’assassinat de l’otage français détenu en Algérie par un groupe affilié à l’organisation de l’État islamique, les jihadistes de l'EI avaient lancé un appel aux musulmans à tuer les "incroyants" et "en particulier les méchants et sales Français". Lors de la manifestation parisienne, plusieurs pancartes indiquent "Nous sommes tous des sales Français", en réaction à cet appel au meurtre.

"En aucun cas Dieu ne nous a demandé de faire du mal à qui que ce soit. Ceux qui ont commis cet acte ne sont pas des musulmans. Aujourd’hui, il faut enfin qu’on nous entende dire stop !", s’indigne Ghania Oukaka, 47 ans, à la tête des Scouts musulmans de la Seine-Saint-Denis. Elle n'en est pas à son premier rassemblement à l'appel du CFCM. "Quand des jeunes ont été tués par Mohammed Merah à Toulouse, j’ai aussi répondu présente, à chaque fois qu’un être humain est sali je suis là", explique la référente scout, qui travaille tous les jours avec des jeunes musulmans. Parfois les scouts musulmans et les autres branches laïque et chrétienne du mouvement se rassemblent pour mener des actions communes. Ghania Oukaka baigne dans l’œcuménisme. L’assassinat d'Hervé Gourdel la choque d’autant plus.

"Nous on propose la vie"

À ses côtés, Maghnia, une Algérienne qui vit en France depuis 25 ans : "Les images médiatiques qu’on voit montrent un islam dur, alors que ceux qui effectuent ces sauvageries ne sont qu’une minorité, nous sommes plus nombreux à vivre notre religion tranquillement", insiste-elle. Beaucoup de ceux qui se sont déplacés pour manifester à l’appel du CFCM sont venus pour se montrer aux médias avec cette volonté de briser l’éventuel amalgame entre les violences des jihadistes de l’EI et la communauté musulmane. Maghnia, qui est militante associative entre la France et l’Algérie, organise des conférences avec l'ONG Aisa, pour sensibiliser à l’égalité hommes-femmes. "En Algérie, ceux qui ont tué Hervé Gourdel veulent la mort, mais nous on propose la vie. Aujourd’hui, ce que vous voyez, c’est cet islam de paix", dit-elle fière du rassemblement qui se déroule sous ses yeux.

Des anciens de la guerre d’Algérie dans le rassemblement

Dans la foule compacte devant la Grande mosquée, il y a aussi des non-musulmans. François Jacob et Philippe Dupont, tous deux âgés de 74 ans, tenaient à être présents par solidarité avec les musulmans, et aussi pour défendre une certaine idée de la France. "Nous sommes là parce que les Français non-musulmans dans leur grande majorité ne font pas l’amalgame", déclare François Jacob qui se dit athée. "Tous les intégrismes se valent", ajoute-t-il. Lui et son ami ont fait la guerre d’Algérie à Oran, mais pas dans les unités combattantes. "J’ai vu les horreurs de l’OAS", explique François Jacob. Les deux anciens combattants craignent que les membres de l'extrême droite française ne "s’emparent" de l’assassinat d'Hervé Gourdel "pour accentuer leur propre xénophobie ou racisme anti-arabe". À leurs yeux, il reste en France des séquelles de cette guerre, qui se manifestent par "un sentiment anti-arabe" prêt à être ravivé à la moindre étincelle.

"On n’est pas responsable, on est aussi des victimes"

Chez la plupart des manifestants venus rendre hommage au Français assassiné dans les montagnes algériennes, la violence du geste des jihadistes du groupe "Soldats du califat" - affiliés à l’EI - rappelle des blessures passées. Pour Hafsia, la cinquantaine, après avoir entendu l’appel de Dalil Boubakeur à la télévision, venir ici était une nécessité. "On souffre, explique-t-elle, on est fiers d’être musulmans, mais on n’est pas responsables, on est aussi des victimes", estime la manifestante, dont un oncle a été tué par des islamistes en Algérie durant la décennie noire. Lorsqu’elle a appris la décapitation de l’otage français Hervé Gourdel, elle en a pleuré : "Vous vous rendez compte, il était invité en Algérie, par des amis, il a aimé l’Algérie et il revient dans un cercueil. Est-ce que c’est juste ?"

À l’image d’Hafsia Abdi, beaucoup des personnes présentes devant la mosquée sont encore sous le coup de l’émotion. "Daech assassin !" crient plusieurs femmes vêtues d’un foulard aux couleurs de l’Algérie, dont les paroles sont reprises par la foule. Un peu plus loin,une pancarte décline l’acronyme EI sous la nouvelle formule "EI = État inhumain", tronquant ainsi l’adjectif "islamique", que les jihadistes se sont "appropriés".

"Je me sens à ma place"

Un peu plus loin, un garçon plus jeune que les autres sort du lot. La plupart des personnes présentes ont plus de la trentaine. Lui a 23 ans, il est venu seul du Val-de-Marne spécialement pour rendre hommage à Hervé Gourdel. Il se dit terrifié par l’utilisation de sa religion par l’EI : "Je voulais être parmi les premiers à dénoncer cette barbarie, et puis je me sens à ma place, je me sens apaisé." Il évoque les jeunes Français de son âge qui se sont engagés dans les rangs de l’EI : "J’éprouve de la pitié pour eux, car ils sont perdus. La plupart ont été endoctrinés, ils se trompent, ils ont pris la mauvaise direction" déclare le jeune homme, avant d'observer comme les autres une minute de silence devant la Grande mosquée.

Au micro, l'un des organisateurs annonce qu'une prochaine manifestation devrait avoir lieu dimanche à 14 heures au départ de la place de la République à Paris. Le jeune homme de 23 ans y sera, Ghaneia et Maghnia aussi, et, cette fois, Hafsia viendra avec ses quatre enfants.

Première publication : 26/09/2014

  • TERRORISME

    L'EI projette de commettre des attentats à Paris et aux États-Unis, selon l'Irak

    En savoir plus

  • FRANCE

    En images : la France rend hommage à Hervé Gourdel

    En savoir plus

  • TERRORISME

    #NotInMyName : un ancien jihadiste fait campagne contre l'EI

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)