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Yémen : à peine nommé, le Premier ministre démissionne

Le Premier ministre yéménite, Ahmed Awad ben Moubarak, le 19 septembre 2014, à son retour du bastion houti de Saada.
Le Premier ministre yéménite, Ahmed Awad ben Moubarak, le 19 septembre 2014, à son retour du bastion houti de Saada. Mohammed Huwais, AFP

Moins de deux jours après sa nomination au poste de Premier ministre, Ahmed Awad ben Mubarak a présenté jeudi sa démission au président yéménite. La rébellion chiite, qui a pris la capitale Sanaa, avait fermement rejeté sa nomination.

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Il n’aura tenu que 33 heures. Nommé mardi par le président Abd Rabbo Mansour Hadi, le Premier ministre yéménite, Ahmed Awad ben Moubarak, a annoncé sa démission jeudi 9 octobre au matin par un message posté sur Facebook.

La nomination de ce technocrate de 46 ans avait fait l’objet de critiques de la part de la milice chiite des Houthis, qui contrôle la capitale Sanaa depuis le 21 septembre. Il n’a pas directement fait référence aux critiques de la rébellion concernant sa nomination, mais a dit avoir refusé le poste après sa première rencontre avec les conseillers présidentiels. Il affirme avoir pris sa décision "dans le but de préserver l'unité nationale et de protéger le pays contre les divisions", a indiqué l’agence de presse officielle yéménite Saba, citant une lettre envoyée par le Premier ministre au président Hadi.

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Selon un communiqué de la commission gouvernementale chargée de superviser la transition politique au Yémen, la démission de Ben Moubarak a été acceptée par le président Hadi et les Houtis ont décidé de ne pas organiser de manifestations, rapporte l’agence Saba.

La rébellion chiite voyait en sa nomination une "ingérence étrangère"

Lors d’un discours retransmis mercredi soir à la télévision, Abdelmalek al-Houthi, le chef des Houtis, avait en effet appelé à des manifestations de masse ainsi qu’à d’autres mesures non spécifiées pour forcer le chef du gouvernement à démissionner. Il avait qualifié sa nomination d’"erreur inacceptable", loin d'"exprimer la volonté du peuple" et relevant d’une "ingérence étrangère", en l’occurrence des États-Unis et de l’Arabie saoudite. Après la réunion consacrée au choix du Premier ministre, le président yéménite avait reçu séparément les ambassadeurs saoudien et américain au Yémen, selon un journaliste de l'AFP présent au palais présidentiel.

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Dans l'entourage du président Hadi, on accuse les Houthis d'avoir rejeté Ben Moubarak pour ne pas avoir à tenir leurs engagements prévus dans l'accord signé le 21 septembre en présence d'un émissaire de l’ONU. Les Houthis s'étaient engagés à lever leurs camps autour de Sanaa, à se retirer de la capitale et à restituer des équipements pris à l'armée. Or les rebelles n'ont cessé depuis de renforcer leur présence à Sanaa et d'étendre leur influence ailleurs, notamment en direction de l'Est, vers les principaux gisements pétroliers du pays, et dans le Sud-Ouest, en direction du détroit stratégique de Bab-el-Mandeb, qui commande l'entrée sud de la mer Rouge.

Avec AFP et Reuters

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