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Erdogan durcit le ton contre les manifestants pro-kurdes

Le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan. Adem Altan, AFP

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté les manifestants pro-kurdes au calme, après la mort de 31 personnes au cours d'émeutes. Depuis lundi, les manifestants réclament une intervention des forces turques à Kobané.

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Les violences entre pro-kurdes, militants islamistes et forces de l’ordre se poursuivent en Turquie. Le président Recep Tayyip Erdogan a haussé le ton, jeudi 9 octobre, contre les violentes manifestations qui secouent le pays depuis lundi soir.

"Nous ne tolérerons pas le moindre acte de menace ou d'intimidation qui remettrait en cause la paix en Turquie, sa stabilité et sa sécurité et nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour combattre tous ceux qui commettent de tels actes d'intolérance", a déclaré le chef de l'État dans un communiqué.

"Sabotage" des pourparlers avec le PKK

Comme son Premier ministre Ahmet Davutoglu la veille, l'homme fort du pays a dénoncé une tentative de "sabotage" des pourparlers de paix engagés par son régime avec les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et a promis de réprimer sans ménagement les fauteurs de troubles.

Au cours de ces violences, sans précédent ces dernières années, 31 personnes sont mortes et 360 autres ont été blessées, a indiqué vendredi le ministre de l'Intérieur. Les émeutes ont débuté après un appel lancé par le principal parti kurde du pays à manifester contre le refus du gouvernement d'intervenir à Kobané, ville syrienne kurde proche de la frontière, assiégée par l’organisation de l’État islamique (EI). Les manifestations ont dégénéré en batailles rangées entre militants proches du PKK et partisans de mouvements islamistes.

Jeudi soir, quatre personnes ont à nouveau été tuées à Gaziantep , dans le sud du pays, lors de heurts entre deux groupes armés de fusils, d'armes de poing et de haches, a rapporté l'agence de presse Dogan. À Mardin, les gendarmes ont ouvert le feu et tué un protestataire, selon la maire de la ville Zeynep Dipçik. Deux policiers ont également été tués par balles à Bingöl (Sud-Est) dans des circonstances qui ne permettent pas de lier leur mort aux manifestations en cours.

Appel au calme

Jeudi, le coprésident du Parti démocratique populaire (HDP), Selahattin Demirtas, avait quant à lui exhorté ses troupes au calme. "Nous voulions montrer notre soutien à Kobané en manifestant, mais sans piller, détruire ou tuer", a-t-il déclaré devant la presse.

Il a cependant maintenu la pression sur les autorités en exigeant un geste de leur part, au nom du chef emprisonné du PKK Abdullah Öcalan. "Nous [...] exhortons toutes les parties à accélérer le dialogue et les négociations afin d'écarter tout danger de provocations et de massacres", a ajouté Selahattin Demirtas.

Abdullah Öcalan a averti Ankara que la chute de Kobané signifierait la fin du processus de paix. Il a laissé au gouvernement jusqu'au 15 octobre pour le relancer.

Vendredi, l'émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie Stefan De Mitsura a appelé la Turquie à laisser les réfugiés kurdes syriens retraverser leur frontière pour porter secours à la ville de Kobané, attaquée par les jihadistes de l'EI.

Le Parlement turc a accordé il y a une semaine son feu vert formel à une intervention militaire contre les jihadistes en Irak et en Syrie. Mais le gouvernement s'y est jusque-là refusé, redoutant qu'elle ne renforce le régime de Damas.

Avec AFP

L'expansion de l'EI en Irak et en Syrie

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