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Yémen : un nouveau premier ministre plus consensuel pour sortir de la crise

Khaled Bahah lors d'une session parlementaire à Sanaa le 19 mai 2014.
Khaled Bahah lors d'une session parlementaire à Sanaa le 19 mai 2014. Mohammed Huwais, AFP

L'ambassadeur du Yémen à l'ONU Khaled Bahah a été désigné, lundi, pour succéder au poste de Premier ministre à l'éphémère Ahmed Awad ben Moubarak. Sa nomination semble cette fois-ci faire consensus auprès des rebelles chiites.

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Cinq jours après la démission du Premier ministre Ahmed Awad ben Moubarak, le président Abd Rabbo Mansour Hadi a nommé, lundi 13 octobre, l'ancien ministre du Pétrole Khaled Bahah, 49 ans, pour lui succéder. Qualifié de personnalité plus consensuelle que son prédécesseur, celui qui occupait jusqu'à présent le poste d'ambassadeur du Yémen à l'ONU semble avoir obtenu l'assentiment des rebelles chiites houthis, dont les milices armées contrôlent de fait Sanaa depuis le 21 septembre.

"Nous avons approuvé la nomination de Khaled Bahah, qui s'est faite par consensus" entre les participants à la réunion présidée par le président du Yémen, a affirmé le membre du bureau politique de la formation des rebelles, Ali al-Imad. Cet assentiment des rebelles devrait signer le début du démantèlement de leurs camps autour de Sanaa et de leur présence armée dans la capitale.

Leur retrait est prévu dans le cadre d'un accord politique parrainé par l'ONU et signé le 21 septembre, à l'issue de combats qui ont fait plus de 270 morts. Cette entente avait permis de mettre fin aux violences entre les rebelles chiites et leurs adversaires du parti islamiste sunnite Al-Islah, soutenus par une partie de l'armée.

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Khaled Bahah, originaire de la province de Hadramout (sud-est), a notamment été ambassadeur du Yémen au Canada (2008-2014) et, avant cela, ministre du Pétrole (2006-2008). Titulaire d'une maîtrise en commerce, administration et finances, réussira-t-il là où son prédecesseur a échoué ? Ahmed Awad ben Moubarak a été contraint à la démission 33 heures seulement après sa nomination, les rebelles chiiites l'ayant jugé trop proche des États-Unis et de l'Arabie saoudite.

Ces rebelles, auxquels on prête des liens avec l'Iran, sont omniprésents à Sanaa. Ils ont pillé des dépôts d'armes et de munitions. Leur présence armée a paralysé les institutions et effraie de nombreux habitants. Deux manifestations anti-Houthis ont même eu lieu dans la capitale.

L'influence croissante des Houthis est rejetée par une partie des forces en conflit au Yémen, en particulier les extrémistes sunnites d'Al-Qaïda, actifs dans le sud et le sud-est du pays. Jeudi dernier, 67 personnes ont été tuées dans deux attentats suicide, dont un contre des sympathisants des rebelles chiites à Sanaa, qui a fait 47 morts. Les deux attentats ont été revendiqués par Al-Qaïda.

Profitant de ce chaos, les séparatistes du sud ont annoncé leur intention de relancer leur mouvement, dans l'espoir de rétablir l'État indépendant du Yémen du Sud, qui existait avant 1990.

>> À lire sur France 24 : "Yémen : l’ombre de l’ex-président Saleh plane sur l'offensive des rebelles"

Le Yémen a connu de fortes turbulences politiques et des violences depuis le départ en 2012 de l'ancien homme fort du pays, Ali Abdallah Saleh. Majoritaires dans le Nord, les chiites sont minoritaires au niveau national. Les Houthis sont issus du zaïdisme, une branche du chiisme qui représente environ un tiers de la population yéménite.

Avec AFP

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