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Biélorussie : les bonnes affaires du réseau Loukachenko

Le président biélorusse lors d'une visite au Kremlin en décembre 2013.
Le président biélorusse lors d'une visite au Kremlin en décembre 2013. Kirill Kudryavtsev, AFP

Des journalistes européens ont enquêté sur les réseaux gravitant autour du président biélorusse Alexandre Loukachenko, à partir des informations disponibles en sources ouvertes. C'est le résultat de cette enquête que France 24 publie aujourd'hui.

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Le projet Belarus Network expose les réseaux de pouvoir au sommet de l'État biélorusse, concentrés autour du président Alexandre Loukachenko.

Un groupe de journalistes européens a parcouru, pendant de nombreux mois, les informations disponibles en sources ouvertes (c'est-à-dire déjà publiées). En consultant les archives de presse en français, russe, biélorusse, anglais, allemand, polonais et lituanien, ils ont patiemment rassemblé les pièces d'un puzzle dessinant le fonctionnement et les relations de pouvoir en Biélorussie.

En consultant les registres du commerce et des sociétés, ils ont pu retrouver les documents officiels des entreprises possédées par des Biélorusses dans toute l'Europe. A Chypre, notamment, que les Biélorusses ont longtemps utilisé comme centre d'affaires, pensant que l'opacité des pratiques locales garantirait leur anonymat. Or, depuis 2008, le registre du commerce de l'île est devenu public : n'importe qui peut vérifier le nom du propriétaire d'une société chypriote.

Fouiller les faire-parts de naissance et comptes Instagram

En épluchant les annonces légales, les journalistes ont pu retracer les relations familiales des dignitaires du régime. Vladimir Peftiev, par exemple, l'ancien bras droit du chef du gouvernement biélorusse, a toujours caché la nature de sa relation avec Olga Makarova, avec qui il a fait de nombreuses affaires. Les archives des pages "carnet" d'un journal de Malte, où le couple a habité, contenaient l'information cruciale : le couple y annonçait la naissance de son quatrième enfant. Jamais ils n'auraient imaginé que ces archives seraient numérisées et accessibles facilement depuis Paris.

Facebook, Instagram et Vkontakte, le principal réseau social russophone, ont également été de précieux outils d’investigation.

L'ensemble des informations recueillies est disponible sur Detective.io, une plateforme de journalisme d'investigation, afin que chacun – une fois inscrit - puisse accéder aux sources ou prolonger le travail engagé par cette équipe. La méthodologie du projet Belarus Network montre que le journalisme en sources ouvertes a de beaux jours devant lui. Au Royaume-Uni, le site Bellingcat vient d'ailleurs de se lancer sur ce créneau. Son premier fait d'armes: identifier que c'était un missile Buk qui avait abattu l'avion MH17 au-dessus de l’Ukraine le 17 juillet dernier, en n'utilisant que des sources ouvertes.

Le projet Belarus Network est une idée originale de Charter 97, un média en ligne de dissidents biélorusses, de Journalism++, une agence de journalisme de données, et de @Yakwala, un atelier de journalisme numérique. Il a été mené avec l'aide financière de JournalismFund.eu, une fondation belge, et de Canal France International, agence de coopération dans les médias financée par le Ministère français des Affaires étrangères.

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