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États-Unis : les géants du Web sont devenus plus pro-républicains

Google a dépensé davantage que Goldman Sachs pour financer les campagnes de candidats politiques aux États-Unis.
Google a dépensé davantage que Goldman Sachs pour financer les campagnes de candidats politiques aux États-Unis. Capture d'écran

Les géants du Net versent dorénavant plus d’argent aux candidats républicains qu'aux démocrates. Preuve de l’importance grandissante de ce lobbying, Google est devenu plus dépensier que Goldman Sachs en 2014, selon le "Financial Times".

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La Silicon Valley, c'était mieux avant... pour les démocrates. Le président américain Barack Obama a beau s’être présenté comme le plus "tech-friendly" des locataires de la Maison Blanche, les stars de la Net-économie ne le lui rendent plus très bien. Plus précisément, l’argent des géants du Web va désormais davantage dans les poches des candidats républicains que démocrates.

Le quotidien économique britannique "Financial Times" a décortiqué, jeudi 16 octobre, les largesses des PAC (Comité d’action politique) de Google, Microsoft et autres. Dans l’optique des élections à la Chambre des représentants et au Sénat, en 2014, ces machines à lever de l’argent pour financer des candidats ont versé 2 868 292 dollars (2,24 millions d’euros) à la droite américaine et 2 601 263 dollars (2 millions d’euros) à la gauche américaine.

"Les affaires sont les affaires"

L’avantage, même limité, donné aux républicains rompt avec l’image qu’on peut avoir d’un secteur acquis aux thèses progressistes des démocrates. Déjà en 2012, la droite avait davantage profité des largesses de la Silicon Valley. Mais lors du dernier grand remaniement des deux chambres américaines, en 2010, la proportion des dons était tout autre avec 55 % de l’argent versé aux démocrates et 45 % au camp adverse.

Cette année, le plus grand donateur des candidats de droite est NetPac, le comité d’action politique de Google, suivi de celui de Microsoft. Le fabriquant de microprocesseurs Intel est, quant à lui, le principal soutien des démocrates. Intel et Hewlett-Packard sont les seuls à donner davantage à la gauche américaine parmi les dix principaux contributeurs du secteur des nouvelles technologies.

"Les responsables de ces entreprises ne sont pas toujours d’accord avec les républicains sur les questions de société, mais en fin de compte, les affaires sont les affaires", résume Reed Galen, un consultant politique républicain interrogé par le "Financial Times". Pour le quotidien, cette préférence tient surtout au fait que les républicains font de la lutte contre l’interventionnisme étatique l’une de leur marque de fabrique. Un gros avantage pour un secteur qui voit dans toute régulation un obstacle potentiel à l’innovation.

Il y a aussi ces républicains qui occupent des postes particulièrement sensibles aux yeux des rois du tech. Ainsi Bob Goodlatte, élu de Virginie, a reçu 200 000 dollars de représentants de la Silicon Valley cette année. Aucun autre élu de la Chambre des représentants n’a eu autant d’argent du secteur technologique. Il s’occupe de trois des sujets les plus importants pour les géants du Net : la réforme du programme de surveillance de la NSA, les questions d’immigration et de propriété intellectuelle.

Des salariés plus démocrates

La taille acquise par les Google, Facebook ou encore Amazon justifierait que ces PAC d’entreprises ne voient pas plus loin que le bout de leur profit, sans considération éventuelle pour les sympathies personnelles que pourraient avoir les dirigeants de ces multinationales. Sergey Brin, le confondateur de Google et Marissa Meyer, PDG de Yahoo!, ont été, en 2012, d’importants donateurs pour la campagne de Barack Obama.

Le "Financial Times" souligne, d’ailleurs, cette schizophrénie entre les PAC et les employés des entreprises qui les gèrent. "Presque tous les bénéficiaires de donations personnelles de salariés de Google sont des démocrates", souligne le quotidien financier. La situation est d’ailleurs, d’après le Center for Responsive Politics, la même dans la plupart des groupes de la Silicon Valley.

Si les largesses des géants du Net intriguent, c’est que ces groupes prennent le lobbying de plus en plus au sérieux. Google a, pour la première fois, mis davantage d’argent sur la table politique cette année que Goldman Sachs, groupe pourtant réputé dans ce domaine. Le géant de l’Internet a versé 1,43 million de dollars aux candidats des deux partis politiques contre 1,4 million de dollars pour la banque d’affaires.

Cela ne fait pas de Google le roi des argentiers des campagnes électorales. Tout secteur confondu, c’est la National Beer Wholesalers Association, le PAC des brasseurs, qui est, en 2014, le plus généreux avec 2,87 millions de dollars reversés à des candidats politiques. Au sein du secteur technologique, le moteur de recherche est aussi devancé par Microsoft qui a dépensé 1,7 million de dollars (PAC et donations personnelles).

Normal : Microsoft a compris, depuis ses soucis avec les autorités américaines de la concurrence dans les années 1990, que les soutiens financiers au monde politique pouvaient être utiles. Mais depuis les années 2010, le créateur de Windows "ne domine plus autant la liste des donateurs au monde politique dans le secteur des nouvelles technologies", souligne le "Financial Times". La générosité intéressée est devenue une qualité bien répandue à la Silicon Valley.

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