LIBAN

Débordé par l’afflux de réfugiés, le Liban verrouille sa frontière avec la Syrie

Des réfugiés syriens dans la plaine de la Bekaa
Des réfugiés syriens dans la plaine de la Bekaa AFP

Face à l'arrivée massive de migrants syriens, Beyrouth a annoncé samedi la fermeture de ses frontières. Depuis le début de la guerre civile en Syrie, plus d'un million de déplacés ont trouvé refuge dans le pays du Cèdre.

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Les frontières libanaises seront désormais fermées pour les réfugiés syriens. Beyrouth a en effet indiqué ne plus pouvoir faire face à l'afflux de migrants, a annoncé le ministre libanais des Affaires sociales Rachid Derbas, dans le journal libanais "Al Akhbar", daté du samedi 18 octobre.

Depuis le début de la guerre civile en Syrie, plus d'un million personnes ont traversé la frontière pour trouver refuge au Liban, où vivent un peu plus de quatre millions d'habitants. En terme de population, le pays du cèdre accueille le plus de réfugiés au monde (un habitant sur quatre)."Le Liban a atteint un point de saturation", indique le correspondant de France 24 à Beyrouth, Selim El-Meddeb.

Restrictions appliquées depuis août

Cette décision n'est "pas une surprise", précise Selim El-Meddeb. "Les autorités libanaises discutent depuis plusieurs mois avec le Haut commissariat aux réfugiés pour prendre une mesure en ce sens", a-t-il ajouté.

Selon Ninette Kelley, représentante pour le Liban du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), les restrictions d'entrée ont commencé à être appliquées d'abord au Nord-Liban en août, puis ont été étendues en septembre au principal point de passage, celui de Masnaa, dans la Bekaa. Mais des Syriens empruntent des points de passage clandestins sur cette frontière poreuse.

Depuis le début de l'année 2012, l'ONU a constaté une augmentation régulière du nombre d'entrées au Liban. Un chiffre qui a baissé d'environ 40 000 individus depuis la fin du mois de septembre. "Beaucoup moins de gens sont autorisés à entrer pour obtenir le statut de réfugiés qu'à l'habitude", a déclaré le ministre libanais des Affaires sociales. 

Rachid Derbas a également spécifié que la fermeture de la frontière ne sera pas absolue, les demandes seront étudiées au cas par cas. "Toute personne passant la frontière syro-libanaise sera interrogée et devra avoir une raison humanitaire pour pouvoir entrer. Cela sera décidé par les ministères de l'Intérieur et des Affaires sociales", a-t-il précisé sans toutefois en préciser les critères.

Raisons économiques et sécuritaires

Cette nouvelle mesure s'explique notamment par des raisons économiques. La plupart des réfugiés habitent dans des zones très pauvres. Ils sont pointés du doigt par une partie de la population libanaise, qui les accuse de prendre leur emploi, de tirer les salaires à la baisse et de provoquer une surpopulation des écoles et des hôpitaux.

Les autorités craignent également que cet afflux de réfugiés, majoritairement sunnites, ne fragilise l'équilibre précaire trouvé par le Liban entre ses différentes communautés religieuses musulmanes et chrétiennes. Sans compter la crainte d'une infiltration de membres de  l'organisation de l'État islamique dans le pays. En août, à la suite d'une incursion de jihadistes venus de Syrie à Aarsal (est), des combats avec l'armée avaient éclaté. Des dizaines de personnes avaient été tuées.

Avec AFP et Reuters

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