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Tout ce que vous pensez savoir sur Ebola... et qui est faux !

Virus Ebola (au microscope électronique) montrant la structure filamenteuse de la particule virale.
Virus Ebola (au microscope électronique) montrant la structure filamenteuse de la particule virale. AFP

Depuis que l’épidémie d'Ebola est devenue l’ennemi sanitaire public numéro un, les rumeurs vont bon train sur sa fulgurante progression et son mode de transmission. France 24 tord le cou à quelques contrevérités tenaces.

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Depuis quelques semaines, le ton est devenu particulièrement alarmiste. Et pour cause, le virus Ebola, qui a tué près de 4 500 personnes en Afrique de l’Ouest est "la plus grave urgence sanitaire de ces dernières années", a estimé cette semaine la communauté internationale qui craint désormais une contagion de la fièvre hémorragique en Occident.

Reste que les rumeurs vont bon train sur le mode de transmission du virus et sur sa virulence. France 24 tord le cou à ces contrevérités.

Le virus se transmet par l’air :

Les médecins, scientifiques et chercheurs sont unanimes sur le sujet. Le virus Ebola se contracte d’homme à homme par contact avec les fluides corporels d'un malade, ce qu’on appelle les "5S" : salive, sueur, sperme, selles, sang. "Il ne se transmet pas par voie respiratoire", insiste le docteur Guillaume Le Loup, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Tenon, à Paris.

En revanche, le virus peut se transmettre par contact indirect via du matériel de soins, "en se piquant, par exemple, à travers un gant avec une seringue utilisée sur un patient atteint d’Ebola".

En période d’incubation, le virus est contagieux :

Les personnes rentrant des zones à risques (Liberia, Sierra Leone, Guinée), comme les journalistes, les médecins, les personnels des ONG, sont surveillées de près, et à juste titre, par le personnel médical du pays d’origine. Mais durant la période d’incubation d’Ebola, qui dure au maximum 21 jours, pas besoin de rester terré chez soi. Un malade n’est contagieux qu’à partir du moment où il développe les premiers symptômes de la maladie, "une fièvre au dessus de 38°C accompagnée de maux de tête et de douleurs musculaires", précise Guillaume Le loup. En résumé : pour ce virus, une période d’incubation n’est pas une période de contagiosité.

En théorie, il est donc inutile de s’isoler complètement pendant 21 jours. "En pratique, vous pouvez continuer à vivre normalement. Mais une prudence s’impose quand même dans cette ‘zone grise’. Il est difficile de savoir quand une personne devient contagieuse parce qu’elle ne s’aperçoit pas tout de suite du moment où elle a commencé à avoir de la fièvre", explique le médecin.

La mise en quarantaine est absolument nécessaire :

Logiquement, si une personne qui n’a aucun symptôme n’est pas contagieuse, il n’est pas nécessaire de la placer en quarantaine.

En revanche, "il est nécessaire d’observer une grande vigilance pendant cette 'période grise' et de limiter ses déplacements. Par exemple, si une personne commence à avoir de la fièvre un lundi soir, il est possible que pendant l’après-midi de ce lundi, elle soit devenue symptomatique. Elle n'a pas ressenti forcément tout de suite les effets de la fièvre mais elle est potentiellement devenue contaminante".

Ebola est extrêmement contagieux :

La psychose ambiante laisse entendre qu’entrer en contact avec un malade d’Ebola peut nous coûter la vie. Si cette crainte est largement exagérée, elle n’est pas infondée. En présence d’un malade, il est impératif de se protéger intégralement pour limiter au maximum les contacts physiques. Encore faut-il que les fluides corporels (les "5S") de la personne infectée soient suffisamment chargés en particules virales. "La charge virale augmente avec la maladie. Plus la maladie évolue, plus vous devenez contagieux", explique le spécialiste des maladies infectieuses. "Concrètement, un patient qui développe les tous premiers symptômes n’est pas hautement contagieux. Un patient mort d’Ebola l’est, lui, extrêmement".

Le nombre moyen de personnes contaminées par un malade est très faible. Une personne atteinte d’Ebola transmet en moyenne le virus à moins de 4 personnes, contre 18 pour un cas de rougeole, par exemple. "Il y a aussi le cas du chikungunya. Cette maladie tropicale s’est déclarée en novembre 2013, presque en même temps qu’Ebola, et a déjà contaminé 700 000 personnes. Ebola s’est déclaré un mois plus tard et a contaminé 10 000 personnes. La conclusion sur la contagiosité du virus est claire… », ajoute le spécialiste.

Ebola condamne à une mort certaine :

Non, le virus n’est pas systématiquement létal. On estime que son taux de mortalité oscille entre 40 et 70%. "Mais ce taux ne veut pas dire grand-chose en réalité. Tout dépend du lieu où l’on est soigné, des soins que l’on reçoit, de la précocité de la prise en charge du malade". Une personne infectée, soignée dans les heures qui suivent l’apparition des premiers symptômes, a de grandes chances de survie. Certains cas ont même survécu "en Afrique et sans traitement", souligne encore Guillaume Le Loup.

Mais en l’absence de vaccin et de traitements spécifiques, l’épidémie est, de fait, terrifiante. Ebola est extrêmement dangereux. Il s’attaque surtout aux organes des malades et les détruit. Sans traitement, le décès – quand il survient – arrive généralement entre 6 et 16 jours après l'apparition des premiers symptômes.

Ebola est le virus le plus dangereux du monde :

À titre comparatif, la rage entraîne 100% de mortalité. "Quand les premiers symptômes de la rage se déclarent, il n’y a aucune chance de survie", indique Guillaume Le Loup. En terme de contagion, la fièvre jaune, autre maladie virale pour laquelle il n’existe aucun traitement, est davantage similaire à Ebola : 1 patient sur 2, en moyenne, survit au virus.

 

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