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La crainte s'empare des Iraniennes après des attaques à l'acide

Les attaques à l'acide, qui se sont multipliées ces dernières années dans le sous-continent indien, restent rares en Iran.
Les attaques à l'acide, qui se sont multipliées ces dernières années dans le sous-continent indien, restent rares en Iran. Atta Kenare, AFP

À Ispahan, dans le centre de l'Iran, plusieurs femmes ont été les cibles d'attaques à l'acide au cours de ces dernières semaines. Une rumeur relayée par les réseaux sociaux attribue ces agressions à un collectif punissant les femmes "mal voilées".

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Après les femmes pakistanaises, afghanes et indiennes, les Iraniennes sont à leur tour ciblées par des attaques à l’acide. Plusieurs récentes agressions visant des femmes à Ispahan, dans le centre de l'Iran, ont en effet provoqué une psychose et des rumeurs selon lesquelles les victimes ne respectaient pas le port du voile islamique, ont rapporté, dimanche 19 octobre, les médias locaux.

"Quatre cas d'attaques à l'acide ont été rapportés. Certains suspects ont été arrêtés, l'enquête se poursuit", a déclaré l'adjoint du chef de la police, le général Hossein Ashtari, cité par l'agence de presse de la République islamique Irna. Ce dernier n'a toutefois pas confirmé que les attaques visaient des femmes ne respectant pas le code vestimentaire islamique, qui les oblige à recouvrir d'un voile ou d'un foulard leurs cheveux et leur nuque. "Les personnes visées ne venaient pas d'une couche ou d'un groupe particulier" de la population, a-t-il ajouté.

Brûlée aux mains et au visage

La dernière agression en date remonterait, selon l'agence officielle Isna citée par lemonde.fr, au 15 octobre. Une Iranienne d'une trentaine d'années a été aspergée d'acide alors qu'elle se trouvait au volant de sa voiture. Elle a été grièvement brûlée aux mains et au visage. Selon des témoins cités par l'agence de presse, la victime portait, au moment de l'attaque, le hidjab, le voile islamique. Le gouverneur d'Ispahan a mis en garde contre toute interprétation hâtive de l'agression, dont le motif "pourrait être personnel".

Ce type d'attaque, très rare en Iran, s'est multiplié ces dernières années au Pakistan, en Afghanistan et en Inde, les agresseurs punissant leurs victimes pour avoir "souillé" leur "honneur" ou celui de leur famille par un comportement "indécent".

Des messages circulant ces derniers jours sur les réseaux sociaux faisaient état de six à 13 attaques à l'acide "contre des femmes au volant mal voilées" et demandaient aux conductrices de "ne pas garder leurs vitres baissées".

Condamnation d’un haut responsable religieux

"Je roule les vitres fermées et je panique à chaque fois que j'entends le bruit d'une moto qui s'approche", a ainsi raconté une habitante d'Ispahan à Isna.

Un haut responsable religieux d'Ispahan, ville historique et touristique, a condamné ces attaques, affirmant que la loi et la charia – loi islamique en vigueur en Iran depuis 1979 – "ne permettent pas de tels actes", selon l'agence Isna.

"Un tel acte sous n'importe quel prétexte est condamnable. Même si une femme sort dans la rue de la pire des façons, personne n'a le droit de faire une telle chose", a déclaré l'hodjatoleslam Mohammad Taghi Rahbar.

Un projet de loi actuellement en discussion au Parlement vise à soutenir les citoyens qui "conseillent et encouragent verbalement" les femmes et les hommes au respect des valeurs islamiques, tout en leur interdisant d'agir pour les faire respecter. Seules les forces de l'ordre et la Justice sont autorisées à prendre des mesures coercitives.

Avec AFP

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