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Procès des journalistes en Papouasie : la défense espère une grâce présidentielle

Valentine Bourrat et Thomas Dandois, le premier jour de leur procès, le 20 octobre 2014.
Valentine Bourrat et Thomas Dandois, le premier jour de leur procès, le 20 octobre 2014. AFP

Pierre Creisson, membre du comité de soutien aux deux journalistes détenus en Indonésie pour "usage abusif" de visa d’entrée, s’inquiète du sort des deux reporters. Leur procès a débuté lundi, en Papouasie.

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"Ils vont bien mais ils sont inquiets". Pierre Creisson, grand reporter et membre du comité de soutien à Valentine Bourrat et Thomas Dandois, a pu récemment entrer en contact avec les deux journalistes arrêtés le 6 août par les autorités indonésiennes alors qu’ils effectuaient un reportage pour Arte sur les rebelles séparatistes de Papouasie. "On s’inquiète vraiment pour eux. C’est plutôt dur de vivre ce qu’ils vivent. Ils dorment depuis deux mois et demi au service d’immigration [de Jarapuya, capitale de la Papouasie occidentale], sur un canapé", explique-t-il.

Le procès des deux reporters a débuté lundi 20 octobre devant le tribunal du district de Jayapura. Employés par la société de production Memento, Valentine Bourrat et Thomas Dandois doivent répondre devant la justice "d’usage abusif de visa d’entrée" en Indonésie. En clair, les deux journalistes sont accusés d’avoir pénétré sur le territoire indonésien avec des visas touristiques et non journalistiques. La peine pour ce délit peut aller jusqu’à cinq ans de prison. "On espère la clémence du tribunal", confie Pierre Creisson. "Ils n’ont rien fait d’extraordinaire. Ils n’ont pas commis une faute très grave".

"Entrer dans un pays sans visa, c’est quelque chose d’assez classique"

Selon le grand reporter, la "fraude" de visa est en effet assez courante dans le milieu journalistique – et parfois même une pratique nécessaire. "Rentrer dans des endroits de la planète sans visa, c’est quelque chose d’assez classique. Quand on nous dit : ‘Ne venez pas à cet endroit là’, ça nous attire ! On se demande : ‘Qu’est-ce qu’ils ont à cacher ?’". Le conflit en Papouasie est, à ce propos, un conflit méconnu, "un conflit oublié. Les autorités [indonésiennes] ne veulent pas que les médias se penchent sur ce dossier-là", ajoute le grand reporter.

Le comité de soutien espère qu’ils ne seront pas condamnés pour l’exemple. "On s’inquiète, on ne connaît pas trop l’avenir, on ne sait pas trop quelle sera la sentence". Pierre Creisson espère surtout obtenir une grâce présidentielle. "Le nouveau président [Joko Widodo] a été intronisé ce matin, on se doute qu’il a beaucoup de dossiers sur la table, mais on espère quand même qu’il pourra faire quelque chose", ajoute Pierre Creisson.

Mobilisation pour leur libération

La plupart des journalistes étrangers qui tentent de travailler en Indonésie sans visa sont mis à la porte rapidement. Mais Valentine Bourrat et Thomas Dandois sont tombés au mauvais moment : quelques jours avant leur arrestation, cinq séparatistes ont été abattus dans des affrontements avec des militaires indonésiens.

Depuis leur arrestation, l'association Reporters sans frontières (RSF) a lancé une pétition pour réclamer aux autorités indonésiennes leur libération immédiate. Le texte a déjà recueilli près de 11 000 signatures. "Cette pétition a pour but de faire entendre aux autorités indonésiennes qu'il serait absolument illégitime qu'elles retiennent plus longtemps les deux journalistes au motif de dissuader la couverture journalistique de la Papouasie", a expliqué Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

Un rassemblement de soutien aux deux journalistes est également prévu samedi 25 octobre sur le parvis de l’Hôtel de Ville, à Paris, à 17h.
 

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