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Pourquoi Google s’intéresse à un cosmonaute qui fait danser des yétis

Rony Abovitz, ici en cosmonaute, est le fondateur de la start-up Magic Leap qui vient de lever 542 millions de dollars auprès de Google et d'autres grands noms de la Silicon Valley.
Rony Abovitz, ici en cosmonaute, est le fondateur de la start-up Magic Leap qui vient de lever 542 millions de dollars auprès de Google et d'autres grands noms de la Silicon Valley. Capture d'écran - YouTube

Plusieurs grands noms de la Silicon Valley ont investi, mardi, plus de 500 millions de dollars dans Magic Leap, une société mystérieuse qui semble spécialisée dans la réalité virtuelle. Elle a été fondée par un excentrique entrepreneur américain.

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Le gratin de la Silicon Valley n’y est pas allé avec le dos du carnet de chèque. Google, le fonds d’investissement star "Andreessen Horowitz", le spécialiste des technologies mobiles Qualcomm et quelques autres ont investi, mardi 21 octobre, 542 millions de dollars (427 millions d’euros) dans la start-up Magic Leap et sa technologie "Cinematic Reality".

C’est beaucoup d’argent pour une jeune société totalement inconnue du grand public. Elle garde même le mystère autour de ses activités, l’une de ses marques de fabrique. L’internaute lambda qui, par l’odeur de l’investissement alléché, voudrait en savoir plus en se rendant sur le site de Magic Leap, risque fort de rester sur sa faim.

"Ninjas du logiciel" et "physiciens psychédéliques"

Une image de l'animation d'accueil sur le site de Magic Leap
Une image de l'animation d'accueil sur le site de Magic Leap Capture d'écran - Magic Leap

La page d’accueil dévoile simplement au visiteur une petite animation mettant en scène les mains d’un enfant d'où s'envole un éléphant miniature. Mais encore ? Pas la peine de chercher du côté des équipes pour en savoir plus sur leurs spécialités. La section qui leur est consacrée les présente comme un ensemble de "gourous de l’intelligence artificielle", de "ninjas du logiciel" ou encore d’"artistes des mathématiques" et de "physiciens psychédéliques".

La page "recrutement" vaut également son pesant de n’importe quoi. Magic Leap semble rechercher absolument tous les profils du monde des nouvelles technologies. Une cinquantaine de postes seraient à pouvoir dans des domaines aussi divers que développeurs de jeux vidéo, ingénieurs en tout genre ou encore spécialistes de la technologie 3D. Certaines descriptions de postes se contentent de demander "autant de qualifications que possible".

Le Who’s who de la Silicon Valley en sait, évidement, un peu plus sur les activités de Magic Leap. En fait, cette start-up excite l’imagination des géants du Net… et d’Hollywood depuis plusieurs mois déjà. "Ce que Magic Leap fait est tout simplement incroyable et va changer à tout jamais la manière dont nous interagissons avec l’image et l’information", assure à la chaîne américaine CNN l’un des co-fondateurs de la société d’effets spéciaux Weta Workshop.

Oculus Rift en mieux ?

En fait, Magic Leap travaille sur une nouvelle technologie maison baptisée "Cinematic Reality". Il s’agirait d’un "accessoire léger" qui permettrait de "faire apparaître des objets 3D plus vrais que nature dans l’environnement réel", d’après le site spécialisé dans les nouvelles technologies TechCrunch qui a pu discuter avec Rony Abovitz, le fondateur de Magic Leap.

Cette description peut faire penser au casque de réalité virtuelle Oculus Rift, racheté à prix d’or (2 milliards de dollars) par Facebook en mars 2014. Une filiation que ne renie pas Rony Abovitz. Mais cet entrepreneur pense que sa création est bien plus révolutionnaire encore. La principale différence : l’Oculus Rift nécessite le port d’un casque plutôt encombrant alors que son bébé ne parasiterait pas l’interaction avec l’environnement. Il faut, certes, encore le croire sur parole car aucun prototype n’a encore été dévoilé, mais on comprend mieux que sa promesse puisse faire saliver les spécialistes des effets spéciaux à Hollywood et les géants des nouvelles technologies.

Un cosmonaute et des yétis bondissants

La personnalité atypique de Rony Abovitz n’est probablement pas non plus étrangère à l’intérêt que son projet suscite. "Il est excentrique même au regard des standards de la Silicon Valley", assure le "New York Mag" qui dresse son portrait. Sa seule "présentation" publique de Magic Leap remonte à fin 2012 : il était monté sur scène lors d’une conférence TedX (des cycles d’interventions publiques dédiées à l’innovation) habillé en cosmonaute. Il n’avait, alors, pas prononcé un mot, se contentant de laisser deux comédiens, habillés en simili-yeti colorés, sauter dans tous les sens sur la bande son de "2001 : l’Odyssée de l’espace".

Rony Abovitz a aussi tenu pendant plusieurs années et jusqu’en 2011 le blog "fixtheworld" ("guéris le monde") où il abordait des thèmes aussi variés que le végétalisme, Saddam Hussein ou encore la télévision publique japonaise.

Il n’est pas seulement excentrique. Rony Abovitz sait aussi faire des affaires. Il a fondé, en 2005, MAKO surgery, une société de robotique pour le monde médical qui a été rachetée pour plus d’un milliard de dollars en 2013. Nul doute que les géants de la Silicon Valley qui ont investi dans sa dernière folie espèrent que l’homme d’affaires saura, avec Magic Leap, prendre le pas sur le cosmonaute déjanté.
 

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