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BRÉSIL

Au Brésil, la présidentielle "la plus imprévisible" depuis le retour de la démocratie

Le second tour de la présidentielle s'annonce serré entre Dilma Rousseff et Aecio Neves.
Le second tour de la présidentielle s'annonce serré entre Dilma Rousseff et Aecio Neves. Lincon Zarbietti, AFP
Texte par : Joseph BAMAT
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4 mn

Plus de 140 millions de Brésiliens choisissent, dimanche, entre la présidente sortante Dilma Rousseff et le conservateur Aecio Neves pour le deuxième tour de la présidentielle. Un scrutin serré qui s'annonce aussi décisif pour leurs partis.

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Jamais une course à la présidentielle n'a été aussi intense au Brésil. À quelques jours du second tour, dimanche 26 octobre, l'issue du scrutin est loin d'être jouée d'avance entre la présidente sortante de gauche Dilma Rousseff et le candidat de centre-droit Aecio Neves

"Il s’agit de l’élection la plus imprévisible depuis le retour de la démocratie en 1989 et elle restera incertaine jusqu’au dernier moment", a estimé pour France 24 Paulo Sotero, directeur de l'Institut du Brésil, basé à Washington. Il faudra donc attendre la fin de la consultation des cartes mémoire – au Brésil, le vote est électronique – avant de connaître l'issue du duel entre Dilma Rousseff, 66 ans, et Aecio Neves, 54 ans.

À en croire les sondages de ces derniers jours, la candidate du Parti des travailleurs (PT) semble avoir pris un tout petit peu d'avance. Elle l'emporterait avec 53 % contre 47 % pour son rival du Parti social-démocrate brésilien (PSDB), selon l'institut Datafolha. D'après Ibope, elle s'imposerait même avec 54 % des voix.

Mais le suspens reste de mise. Car les instituts de sondage ont perdu en crédibilité depuis que leurs pronostics sur les résultats du premier tour du 5 octobre se sont révélés bien loin de la réalité. Leurs études d’opinion avaient surestimé, de dix points parfois, l’avance de Dilma Rousseff. Elles avaient même pronostiqué la défaite de Aecio Neves dès le premier tour au profit de la candidate du Parti socialiste Marina Silva.

Neves, le bon candidat pour le PSDB

Depuis que Aecio Neves a créé la surprise en arrivant au second tour de la présidentielle, le PSDB estime être en mesure de s'imposer et de mettre un terme au règne de Lula (Luis Iniacio Lula da Silva, élu en 2002 puis en 2006) et Dilma Rousseff (élue en 2010), estime Paulo Sotero. "Il est plus jeune que les précédents candidats du PSDB, explique le politologue. Il a une expérience solide, il se montre très énergique et plaît aux gens". L'économiste, qui n’était crédité que de 14 petits points début septembre, est devenu la révélation de cette élection présidentielle.

En 12 ans, le PSDB n'a jamais été aussi proche de la victoire. Resté au pouvoir sept ans avec le président Fernando Henrique Cardoso (1995-2002), le parti conservateur a depuis été mis sur la touche par le PT sans jamais réussir à réinvestir le Planalto, le palais présidentiel. Une nouvelle défaite serait un coup très dur pour le parti. 

Une vie après Lula ? 

Reste à savoir si le PT sera sanctionné pour sa mauvaise gestion économique du pays, qui est entré en recession au premier trimestre 2014. Ou si les Brésiliens continuent de lui faire confiance pour avoir permis à 36 millions de Brésiliens de sortir de la pauvreté et de constituer une nouvelle classe moyenne. 

Une défaite pour le PT impliquerait une lourde remise en question, qui devrait alors se dépêcher de trouver un nouveau leader. Certains se plairont à croire à un retour de Lula da Silva, dont le nom a déjà été évoqué durant la campagne pour les prochaines élections présidentielles de 2018. Mais Lula, qui s'est remis d’un cancer du larynx l’année dernière, sera alors âgé de 73 ans.

En attendant, aucune autre figure marquante ne se démarque pour prendre la relève de Dilma Rousseff. Selon Paulo Sotero, une question persistante se pose : "Sans Lula, que reste-t-il du PT ?”

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