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Une jeune Iranienne pendue pour meurtre malgré les appels à la clémence

Reyhaneh Jabbari lors de son procès en 2008 (archives).
Reyhaneh Jabbari lors de son procès en 2008 (archives). Golara Sajadian / AFP

Reyhaneh Jabbari, une jeune iranienne condamnée à mort pour le meurtre d'un homme qui aurait tenté de l’agresser sexuellement, a été pendue samedi matin malgré les appels pour l'épargner.

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La mobilisation de la société civile et les appels internationaux n’auront pas suffit pour la sauver de la loi du talion. Une jeune iranienne de 26 ans, Reyhaneh Jabbari, condamnée à mort pour le meurtre d'un homme qui aurait tenté de l’agresser sexuellement, a été pendue samedi 25 octobre en Iran, a rapporté l'agence officielle Irna.

Reyhaneh Jabbari avait été condamnée en 2009 à mort pour avoir poignardé, en 2007,  Morteza Abdolali Sarbandi, un chirurgien et ancien employé du ministère des Renseignements. L’enquête sur cette affaire ainsi que son procès sont "entachés de graves irrégularités, au cours desquels tous les éléments de preuve n’ont pas été examinés", estime Amnesty International. Reyhaneh Jabbari a notamment été placée à l’isolement pendant deux mois, sans pouvoir consulter un avocat ni entrer en contact avec sa famille, rapporte l’ONG.

Un expert de l'ONU sur l'Iran avait ainsi appelé en avril les autorités iraniennes à suspendre l'exécution, affirmant que la justice n'avait pas pris en compte toutes les preuves et que les aveux de la décoratrice avaient été obtenus sous la contrainte.
Des artistes et des personnalités de la société civile avaient réclamévla clémence de Téhéran, tout comme des organisations internationales des droits de l'Homme.

La famille de la victime refuse de pardonner

Selon des "sources fiables" citées par l’expert de l’ONU, Morteza Abdolali Sarbandi aurait agressé physiquement et sexuellement la jeune femme qui, cherchant à se défendre, l'aurait poignardé avant de s'enfuir et d'appeler une ambulance.

La justice iranienne avait accordé plusieurs délais pour obtenir de la famille de la victime qu'elle accorde son pardon, ce qui, selon la charia (loi islamique), en vigueur en Iran, permet à un condamné à mort pour meurtre d'échapper à l'exécution et de purger une peine de prison.

Mais la famille de la victime a refusé, exigeant, selon les médias iraniens, que Reyhaneh Jabbari dise "la vérité". "Dans ses aveux, elle a déclaré qu'un homme était dans l'appartement au moment où mon père a été poignardé, mais elle refuse de donner son identité", avait déclaré Jalal, le fils de Morteza Abdolali Sarbandi, à la presse en avril. "Si elle dit la vérité, elle sera pardonnée, sinon elle subira la loi du talion" et donc la pendaison, avait-il poursuivi.

Washington a condamné la pendaison de la jeune femme et fait part de ses doutes sur cette affaire. "Il y a de sérieux doutes sur l'équité du procès et les circonstances entourant ce dossier, dont des rapports faisant état de confessions recueillies sous de sérieuses contraintes", a déploré la porte-parole du département d'État, Jennifer Psaki, dans un communiqué.

En vertu de la charia, le meurtre, le viol, le vol à main armée, le trafic de drogue et l'adultère sont passibles de la peine capitale en Iran.

Avec AFP
 

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