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FRANCE

Mort d’un opposant au projet de barrage dans le Tarn

Les opposants au barrage manifestent à Sivens, dans le Tarn, depuis le début des travaux de déboisement le 1er septembre 2014.
Les opposants au barrage manifestent à Sivens, dans le Tarn, depuis le début des travaux de déboisement le 1er septembre 2014. Remy Gabalda, AFP
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Vidéo par : FRANCE 2
5 mn

Le corps d'un homme a été trouvé dans la nuit de samedi à dimanche sur le site du barrage contesté du Sivens, dans le Tarn, où des échauffourées avaient eu lieu en marge d'une mobilisation d'opposants.

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C’est un projet qui pourrait bien faire figure de nouveau "Notre-Dame-des-Landes". La construction d’un barrage-réservoir de 1,5 million de m3 d'eau est rejeté par des opposants qui dénoncent un projet coûteux destiné, selon eux, à un petit nombre d'exploitants pratiquant une agriculture intensive. De son côté, le conseil général du Tarn soutient ce programme et le juge indispensable pour irriguer les terres agricoles alentour.

Depuis le début des travaux de déboisement le 1er septembre, les échauffourées et les rassemblements se sont multipliés autour du chantier, rappelant la mobilisation qui a provoqué le gel en 2012 de la création d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique.

Mais alors qu’un rapport d’experts, commandé par la ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, doit être rendu public la semaine prochaine, les affrontements ont atteint un nouveau point d’orgue. Un manifestant est en effet décédé, dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 octobre, sur le site du barrage contesté de Sivens, a annoncé la préfecture dans un très bref communiqué. "Les sapeurs-pompiers sont intervenus rapidement, mais n'ont pu que constater le décès de la victime. Une enquête a été ouverte sous l'autorité du procureur d'Albi afin de déterminer les causes du décès et l'identité de la victime", est-il écrit.

"Selon les premiers éléments que nous avons recueillis, la mort a eu lieu dans le contexte d'affrontements avec les gendarmes vers 02 h 00 du matin. Nous ne disons pas que les forces de l'ordre ont tué un opposant, mais un témoin nous a dit que le décès s'était passé au moment d'affrontements", a déclaré à l'AFP par téléphone Ben Lefetey, porte-parole du collectif Sauvegarde de la zone humide du Testet, qui regroupe la majeure partie des opposants au projet de barrage.

Sept blessés côté gendarmerie

"Un témoin dit avoir vu quelqu'un s'effondrer lors d'affrontements et être enlevé par les forces de l'ordre", a-t-il ajouté. "On n'en sait pas plus sur la cause de ce décès. On ne sait pas si c'est relié directement aux affrontements. On mène l'enquête et nous allons coopérer avec les enquêteurs", a-t-il souligné.

Tout comme la préfecture, le procureur de la République à Albi, Claude Derens, a refusé de faire tout commentaire "avant les résultats de l'autopsie qui aura lieu demain (lundi) dans l'après-midi". Selon lui, il est "impossible" en l'état de déterminer les causes de la mort du manifestant.

Interrogé par l'AFP, le lieutenant-colonel Sylvain Renier, commandant du groupement de gendarmerie du Tarn, n'a pas non plus souhaité faire de commentaire. Le responsable, qui gérait sur place les opérations de gendarmerie lors des échauffourées de samedi soir, a simplement indiqué que le calme était revenu "vers 21 h 00".

Il a également précisé que sept membres des forces de l'ordre avaient été blessés samedi soir mais que les pompiers ne lui avaient pas signalé dans la soirée de blessé dans le camp adverse. Des affrontements, plus sporadiques, sont survenus plus tard dans la nuit, selon Ben Lefetey.

Des anarchistes venus perturber la manifestation

Selon le lieutenant-colonel, "100 à 150 anarchistes encagoulés et tout de noir vêtus ont jeté des engins incendiaires" et autres projectiles aux forces de l'ordre présentes pour encadrer une mobilisation de "2 000" opposants. Ce rassemblement, le plus important depuis le début de la contestation, est toutefois resté pacifique, selon lui.

Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes, de grenades assourdissantes et de flash-balls, a-t-il ajouté, précisant que des négociations avaient été entamées, en vain, entre un représentant pacifique des opposants à la construction du barrage de Sivens et un des assaillants, qui avait alors dit qu'ils se réclamaient de "l'anarchisme".

De son côté, Ben Lefetey, porte-parole des opposants, a dit ne pas être en mesure de confirmer les affirmations des gendarmes selon lesquelles les assaillants s'étaient présentés comme des anarchistes. Il a simplement évoqué "des radicaux qui voulaient s'attaquer aux équipements de chantier".

Selon une source proche de l'enquête, le jeune homme décédé avait 21 ans et "faisait partie de ceux qui étaient au milieu des échauffourées hier soir" (samedi).

Avec AFP

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