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Le conflit du Haut-Karabakh s'invite à l’Élysée

François Hollande et le président arménien (à gauche) se sont entretenus le 27 octobre à Paris.
François Hollande et le président arménien (à gauche) se sont entretenus le 27 octobre à Paris. Yoan Valat, Pool, AFP

Les chefs d’État français, arménien et azerbaïdjanais se retrouvent lundi à Paris pour tenter de résoudre le conflit du Haut-Karabakh, une enclave, située en Azerbaïdjan, que Erevan et Bakou se disputent depuis des décennies.

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François Hollande a reçu, lundi 27 octobre, au palais de l’Élysée, à Paris, le président azerbaïdjanais Ilham Aliev ainsi que son homologue arménien Serge Sarkissian. Les deux chefs d’État ont accepté de venir discuter avec le président Hollande du Haut-Karabakh, à l’origine d’un conflit territorial qui les oppose depuis des décennies.

Majoritairement peuplé d’Arméniens, le Haut-Karabakh, aussi appelé Nagorny-Karabakh, fait partie de l'Azerbaïdjan. L'enclave a autoproclamé son indépendance en 1991, sans que celle-ci ne soit reconnue par la communauté internationale. De 1991 à 1994, après la dislocation de l'Union soviétique, ce territoire fut le théâtre d'un conflit, entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, qui a fait entre 25 000 et 30 000 morts et quelque 800 000 déplacés.

>> À voir aussi sur France 24 : Le Haut-Karabakh, une poudrière aux portes de l'Europe

"Rétablir la confiance"

C’est dans ce contexte que la France est impliquée aux côtés de la Russie et des États-Unis dans la résolution de ce contentieux. Elle co-préside avec ces deux puissances le groupe de Minsk, une entité de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) dédiée à la résolution du conflit du Haut-Karabakh.

"Il nous semblait important de réunir les deux présidents pour les appeler à travailler ensemble, à se remettre autour de la table, à faire baisser la tension pour pouvoir ensuite travailler sur le fond : rétablir la confiance", a expliqué une source diplomatique française en amont. La rencontre de lundi a permis au président français de s’entretenir individuellement avec les deux chefs d’État. François Hollande a, par ailleurs, abordé "en tête-à-tête" avec le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, le cas de la militante pour la défense des droits de l'Homme, Leyla Yunus, arrêtée et emprisonnée fin juillet sur des soupçons d'espionnage au profit de l'Arménie.

Au terme des discussions, le président Aliev, et son homologue arménien, Serge Sarkissian, ont notamment convenu de "procéder à des échanges de données sur les disparus du conflit, sous l'égide du CICR (Comité international de la Croix-Rouge)".
Soulignant, « la nécessité d'une baisse effective de la tension entre les deux parties sur le terrain", François Hollande leur a proposé de se retrouver en septembre 2015, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New-York.

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"Danger pour la stabilité de la région"

Depuis la signature d’un cessez-le-feu en 1994, régulièrement violé, Bakou et Erevan n'arrivent pas à se mettre d'accord sur le statut de la région du Haut-Karabakh. Cette situation est source de tensions dans le Caucase du sud, une zone stratégique située entre l'Iran, la Russie et la Turquie.

L'Azerbaïdjan, pays riche de ses exportations pétrolières et dont les dépenses militaires dépassent le budget d'État total de l'Arménie, a menacé de reprendre par la force le territoire disputé si les négociations n'aboutissaient pas à des résultats concrets. L'Arménie, qui est pour sa part armée par la Russie, assure toutefois qu'elle est capable de repousser toute offensive.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmmeier, avait de son côté appelé, jeudi 23 octobre, l’Azerbaïdjan et l’Arménie à mettre fin aux tensions. En effet, le différend qui divise l’Ukraine depuis plusieurs mois, entre pro-occidentaux et pro-russes, alimente le conflit sur le Haut-Karabakh. Et L’Arménie tend à incarner le camp occidental auquel Moscou s’oppose.

"Ce qui s'est passé en Ukraine a eu un impact direct" sur le conflit au Nagorny-Karabakh, estime une source dans l'entourage du président français, ajoutant que le rattachement de la Crimée à la Russie en mars dernier a "exacerbé le climat".

Pour Shahin Abbasov, un expert azerbaïdjanais indépendant, Moscou "détient les clés de la résolution du conflit" mais chercherait à maintenir le statu quo pour conserver son influence sur l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Selon lui, en organisant les négociations à Paris, M. Hollande "vise à priver le président russe Vladimir Poutine de son rôle d'arbitre exclusif" dans le conflit.

Les violences, qui ont repris cet été, ont causé la mort en août de plus de vingt soldats des deux camps. Il s’agissait des accrochages les plus meurtriers depuis les cessez-le-feu de 1994.

Avec AFP
 

 

 

 

 

 

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