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FRANCE

Mort de Rémi Fraisse : "Ce n'est pas une bavure" selon le gouvernement

Près d'une dizaine de manifestations ont été recensées lundi en France pour protester contre le décès de Rémi Fraisse.
Près d'une dizaine de manifestations ont été recensées lundi en France pour protester contre le décès de Rémi Fraisse. Philippe Huguen, AFP
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Vidéo par : FRANCE 2
4 mn

Deux jours après la mort de Rémi Fraisse lors d'une manifestation sur le site du barrage du Tarn, le gouvernement a répondu aux attaques dont il était l'objet. Le ministre de l'Intérieur a assuré qu'il ne s'agissait pas d'une "bavure".

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Vivement attaqué, le gouvernement a promis, mardi 28 octobre, la "vérité" deux jours après la mort de Rémi Fraisse lors d'une manifestation sur le site du barrage contesté de Sivens (Tarn). Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a d’ailleurs affirmé, sur la chaîne Public Sénat, que ce drame n’était "pas une bavure".

"Non, il ne s'agit pas d'une bavure, a-t-il soutenu lors de l'émission ‘Preuves par trois’. On ne peut pas présenter les choses ainsi", a souligné le ministre, qui avait annoncé un peu plus tôt la suspension de l'utilisation de grenades offensives.

L'enquête sur la mort de Rémi Fraisse privilégie en effet la thèse d'un décès dû à une grenade offensive lancée par les gendarmes, après la découverte de traces de TNT sur ses vêtements, a annoncé mardi le procureur d'Albi. Et Bernard Cazeneuve de tempérer : "On n'est pas au terme de l'enquête".

Plus tôt dans la journée, celui dont le Parti de gauche réclame la démission avait condamné ces "accusations alors que des enquêtes judiciaires [étaient] en cours. Je trouve cela assez peu responsable et assez peu digne", avait-il déclaré, rappelant que 56 policiers et gendarmes avaient été blessés depuis septembre autour de ce site de Sivens.

"Instrumentalisation politique sans vergogne"

Sur l’antenne de France Info, mardi matin, Cécile Duflot avait dénoncé un "scandale absolu", une "tache indélébile sur l'action de ce gouvernement", évoquant une première depuis la mort de Malik Oussekine lors d’une manifestation étudiante à Paris en 1986.

"Il y a 48 heures, un jeune étudiant de 21 ans, dont l'activité bénévole était de faire découvrir la nature, a été tué dans des conditions qui sont encore à éclaircir mais qui posent des questions extrêmement lourdes. Et depuis 48 heures, aucun membre de ce gouvernement qui avait pourtant, théoriquement, fait de la jeunesse une priorité, ne s'est exprimé pour présenter ses condoléances, pour dire qu'il regrettait infiniment ce qui s'est passé", a ajouté la députée de Paris, qui a quitté le gouvernement en avril.

La famille de Rémi Fraisse a annoncé, mardi, vouloir déposer une plainte à Albi pour homicide volontaire commis "par une ou plusieurs personnes dépositaires de l'autorité publique".

Interrogé lundi par iTélé, le père de Rémi, Jean-Pierre Fraisse, a souligné que le jeune homme ne faisait pas partie des radicaux du mouvement et était allé sur le site "un peu en touriste", "avec sa copine". "Il y avait eu une manifestation très pacifique l'après-midi, puis il était resté le soir. Et là, il s'est excité", a-t-il expliqué. Selon lui, Rémi "est allé à mains nues, apparemment, au milieu de tout ça, alors que les gens sont normalement casqués [...] même les manifestants".

"Inutile et trop coûteux"

Près d'une dizaine de manifestations ont été recensées lundi en France pour protester après le décès de Rémi Fraisse, qui marque un tournant tragique dans le mouvement de contestation contre le barrage à Sivens.

Depuis le début du défrichement sur le site de plus de 34 hectares, le 1er septembre, les opposants ont mené toutes sortes d'opérations de guérilla militante pour tenter d'empêcher la destruction d'un réservoir de biodiversité de 13 hectares de "zones humides". Pour eux, ce projet vise à satisfaire des besoins en irrigation surévalués et ne bénéficiera qu'à un faible nombre d'agriculteurs.

Plusieurs responsables politiques se sont d’ailleurs déjà prononcés pour l'abandon pur et simple du projet, à l'instar du député européen José Bové (Europe Écologie-Les Verts), de l'ancienne ministre de l'Écologie, Delphine Batho (PS), et de la députée écologiste, Cécile Duflot. Jugeant le projet "surdimensionné, inutile et trop coûteux", cette dernière a également réclamé une "enquête claire et précise sur les agissements des force de l'ordre" à Lisle-sur-Tarn.

Avec AFP

 

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