Accéder au contenu principal
TECHNOLOGIE

La Norvège ne veut pas stopper les "robots tueurs"

Un avion de type "Joint Strike Fighter" utilisé par l'armée norvégienne.
Un avion de type "Joint Strike Fighter" utilisé par l'armée norvégienne. Michael D. Jackson , US Navy , Lockheed Martin, AFP

La Norvège est sous le feu des critiques en raison du développement par son ministère de la Défense de missiles capables d'identifier une cible et de tirer sans intervention humaine. Des ONG s'inquiètent du futur de ces "robots tueurs".

Publicité

Les innovations technologiques de l’armée norvégienne inquiètent. Plusieurs ONG et personnalités politiques critiquent ouvertement le développement de missiles partiellement autonomes, plus communément appelé des "robots tueurs". Ce système d’armement, chargé sur des avions de combat, a la particularité de pouvoir identifier une cible puis prendre la décision de tirer sans intervention humaine.

Un système qui hérisse la Ligue norvégienne de la paix. Dans un article publié sur le site scandinave The Local, elle estime que cette technologie pourrait enfreindre les lois internationales. Elle pose en effet de sérieuses questions: "Que se passe-il lorsque l’être humain n’est plus présent sur le champ de bataille et que les machines sont les seules à faire le travail ? Qui sera responsable si le missile fait des erreurs ?". L'ONG affirme avoir alerté tous les partis politiques norvégiens depuis l’annonce, au printemps, d’un contrat de 330 millions de dollars conclu entre le gouvernement et la compagnie Kongsberg pour concevoir ces missiles d’un nouveau type. Une campagne a également été lancée pour "stopper les robots tueurs", mais sans grand effet pour le moment.

Des soldats sans âme ?

Le projet de l'armée norvégienne n'inquiète pas seulement sur le territoire national. Christof Heyns, le rapporteur spécial de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, se montre aussi préoccupé par ce système d’armement. Il souhaite la mise en place d’un moratoire sur le développement de cette technologie. "Nous avons vu au cours de la dernière décennie que la distance entre le soldat et sa cible augmente. Mais ce que nous voyons aujourd’hui c’est que l’armement devient le guerrier. La Norvège est un grand exportateur d’armes. Il faut donc être très attentif à ces questions éthiques", a-t-il ainsi résumé auprès de The Local.

Plusieurs pays sont déjà sur les rangs pour acquérir cette technologie, affirme le site Business Insider : "En juin, l’Australie a été l’un des premiers États à faire part de son intérêt pour ces missiles, tout comme le Japon et la Corée du Sud".

"Invoquer un démon"

Ce système représente donc un enjeu économique de taille pour Oslo. La ministre de la Défense refuse de mettre en suspens ce projet. Interpellée à ce sujet lors d’un débat parlementaire, elle a botté en touche. "Il serait inopportun d’interdire le développement des robots tueurs. Il est aujourd’hui difficile de savoir ce que recouvre cette notion. Il n’y a actuellement aucune technologie qui puisse vraiment recevoir ce qualificatif", a-t-elle assuré, comme le rapporte "Le Monde".

Pour autant, cette question attise chaque jour un peu plus des craintes. Bien au-delà de la Norvège et du secteur de la défense, de grands noms de l’univers des nouvelles technologiques ont fait part de leur inquiétude. Ainsi, lors d’une conférence au Massachusetts Institute of Technology, le 24 octobre dernier , Elon Musk, le cofondateur de Paypal et Tesla, a notamment lancé une mise en garde alarmiste. "Je pense que nous devrions être très prudents à propos de l'intelligence artificielle. Si je devais miser sur ce qui constitue notre plus grande menace existentielle, ce serait probablement ça", a-t-il estimé avant d’ajouter : "Avec l'intelligence artificielle, nous invoquons un démon".

La conférence de Elon Musk au MIT (en anglais)

 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.