ZAMBIE

Guy Scott, un président blanc à la tête de la Zambie

Le président par intérim de la Zambie Guy Scott, alors en viste à Washington en tant que vice-président, le 5 août 2014
Le président par intérim de la Zambie Guy Scott, alors en viste à Washington en tant que vice-président, le 5 août 2014 Brendan Smialowski, AFP
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Après le décès du président zambien Michael Sata, le vice-président Guy Scott assurera l'intérim à la tête de l'État jusqu'en janvier. Il devient le premier président blanc en exercice en Afrique sub-saharienne depuis la fin de l'apartheid.

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Jusqu'à l'élection présidentielle de janvier 2015, la Zambie sera dirigée par un Blanc. Le vice-président Guy Scott s'est vu confier la présidence par interim après le décès de Michael Sata, mardi 29 octobre à Londres, où il était soigné pour des raisons inconnues.

>> À lire sur France 24 : Décès du président zambien à Londres

D'origine britannique, l'homme devient le premier chef d'État blanc en exercice dans un État sub-saharien, depuis la chute de l'apartheid en Afrique du Sud en 1994.

Guy Scott doit assurer cette mission durant trois mois jusqu'à l'élection présidentielle anticipée, à laquelle il ne pourra pas se présenter car ses parents ne sont pas Zambiens, comme le stipule la Constitution du pays. Lui est pourtant né en Zambie en 1944, après l’émigration de son père, originaire de Glasgow, venu travailler comme médecin sur la compagnie de chemin de fer du pays, appelé alors la "Rhodésie du Nord".

Edgar Lungu, le véritable successeur

Souvent présent aux côtés de Michael Sata lors des cérémonies officielles il n’a jamais véritablement joué le rôle de président lors des absences répétées de ce dernier. Cela lui vaudra le surnom de "président cérémoniel".

Diplômé en économie à l’université de Cambridge, il est entré en politique dans les années 1990, rejoignant le Mouvement pour une démocratie multipartite (MMD) de centre gauche. Ministre de l’Agriculture entre 1992 et 1993 il a joué un rôle important dans le redressement du pays mis à mal par une grave sécheresse. Guy Scott rejoint le front Patriotique de Michael Sata en 2001, avant de devenir vice-président du pays en 2011.

L’actuel ministre de la Défense, Edgar Lungu, est pressenti pour devenir le véritable successeur de Michael Sata. Contrairement à Guy Scott, lui va pouvoir se présenter à l’élection présidentielle de janvier 2015. Secrétaire général du Front patriotique, son nom avait également circulé pour exercer la présidence par intérim.

Plus proche de Michael Sata que Guy Scott, Edgar Lungu avait assuré la semaine dernière la présidence des cérémonies marquant le cinquantième anniversaire de l'indépendance du pays.

La fin de la dérive autoritaire ?

Pour certains observateurs, la mort de l’ex-président zambien pourrait insuffler des changements dans la politique zambienne. "Le décès du président pourrait ouvrir la voie à une administration plus réformiste et contribuer à lever l'incertitude politique au sens large", a commenté la société de consultants sud-africaine ETM.

Surnommé le "roi Cobra", Michael Sata était connu pour son punch et son franc-parler. Son décès à l’âge de 77 ans clôt une présidence de trois ans marquée par une dérive autoritaire malgré son élection démocratique en 2011.

Autre fait marquant de sa présidence : sous son mandat les liens de la Zambie se sont resserrés contre toute attente avec la Chine, qui a d'importants intérêts dans les mines de cuivre. Pays classé parmi les économies néo-émergentes, à fort potentiel quoique encore risqué, la Zambie enregistre depuis dix ans une croissance supérieure à 6 %.

Le cuivre assure 70 % des recettes d'exportation de ce pays d'Afrique australe, abondamment doté en ressources naturelles, terres, forêts, eau, cuivre, cobalt et émeraudes notamment.

Avec AFP et Reuters

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