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Une modification de la Consitution envisagée au profit d'Aung San Suu Kyi

Le président Thein Sein et Aun San Suu Kyi se sont rencontrés vendredi 31 octobre à Naypyidaw, la capitale birmane.
Le président Thein Sein et Aun San Suu Kyi se sont rencontrés vendredi 31 octobre à Naypyidaw, la capitale birmane. Phyoe Hein Kyaw, AFP

Le Parlement birman examine vendredi un amendement de la Constitution qui empêche toute personne mariée à un étranger ou ayant des enfants d'une autre nationalité de briguer la présidence. Un changement qui concernerait directement Aun San Suu Kyi.

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Un amendement de la Constitution birmane, qui empêche pour l'heure l'opposante Aung San Suu Kyi de devenir présidente, sera discuté au Parlement, a annoncé la présidence vendredi 31 octobre. Des élections législatives doivent avoir lieu dans un an.

Différents changements constitutionnels seront examinés, parmi lesquels l'impossibilité de devenir président pour quiconque a épousé un étranger ou a des enfants d'une autre nationalité. La Constitution, qui date de l'époque de la junte, aurait été rédigée de manière à barrer la voie à Aun San Suu Kyi, veuve d'un Britannique.

>> À voir aussi sur France 24 : "Birmanie, le piège de Naypyidaw"

Aung San Suu Kyi et le président sortant, Thein Sein, se sont rencontrés vendredi matin lors d'un sommet politique inédit auquel participait la prix Nobel de la paix à Naypyidaw, la capitale de la Birmanie, devant la presse internationale conviée en nombre. Le président des États-Unis, Barack Obama, qui suit de près la situation dans le pays, s’est entretenu par téléphone avec les deux participants avant le début des discussions.

Il a évoqué avec Aung San Suu Kyi la façon dont Washington pouvait "soutenir les efforts visant à promouvoir (...) un environnement politique plus ouvert". Avec l'ex-général Thein Sein, qui a promis des élections libres, Obama "a souligné la nécessité d'un processus ouvert et crédible pour l'organisation des législatives de 2015", selon la Maison Blanche.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de la députée Aun San Suu Kyi est en effet favorite à ce scrutin, ce qui lui laisserait la main, une fois majoritaire au Parlement, pour élire la célèbre opposante présidente.

"Un potentiel pour une montée des tensions"

Le débat politique actuel repose sur le fait qu’Aun San Suu Kyi, devenue une icône internationale après avoir passé plusieurs années en résidence surveillée, ne peut pas devenir présidente.

Une commission parlementaire a été chargée de présenter des recommandations en vue d'un possible changement de la Constitution. Le Parlement actuel devra ensuite approuver ce changement à hauteur de 75 % des députés, ce qui nécessiterait un large consensus, y compris chez les militaires. La junte représente toujours un poids important dans la politique birmane. La Constitution leur réserve 25 % des sièges, un autre point que souhaite changer la LND.

En 2011, la junte militaire s’est dissoute d’elle-même et d’importantes réformes ont été lancées. Malgré cela, ses anciens membres, et tout particulièrement Thein Sein, dominent toujours la vie politique birmane. Pourtant, les luttes de pouvoir au sein même de l’appareil d’État seraient intenses.

Il y a aujourd'hui en Birmanie "un potentiel pour une montée des tensions", analyse un expert occidental en poste en Birmanie, sous couvert de l'anonymat. Or ce sommet "est un moment très important pour que tous avancent vers un consensus", ajoute-il.

Le sommet de Naypyidaw est survenu quelques jours seulement après l'annonce par la Commission électorale que les législatives seraient organisées fin octobre-début novembre 2015. Les élections législatives partielles de 2012 avaient été largement remportées par la LND. Celle-ci avait boycotté les législatives de 2010, décriées comme frauduleuses.

Avec AFP
 

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