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IRAN

Une Irano-Britannique condamnée à de la prison pour "propagande contre le régime"

Ghoncheh Ghavami, irano-britannique arrêtée à Téhéran en juin 2014.
Ghoncheh Ghavami, irano-britannique arrêtée à Téhéran en juin 2014. Capture d'écran issue de la page du comité de soutien "Free Ghoncheh Ghavami"
5 mn

Londres s'est dit "préoccupé" dimanche par la condamnation à un an de prison de la jeune Irano-Britannique Ghoncheh Ghavami, arrêtée en juin à Téhéran après avoir voulu assister à un match de volley-ball masculin.

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La jeune Irano-Britannique Ghoncheh Ghavami, arrêtée en juin à Téhéran après avoir voulu assister à un match de volley-ball masculin, a été condamnée à un an de prison à l'issue d'un procès pour "propagande contre le régime".

"Le verdict ne m'a pas encore été signifié officiellement mais le juge me l'a montré et ma cliente a été condamnée à un an de prison", a indiqué son avocat Mahmoud Alizadeh Tabatabaie, dans des propos repris dimanche 2 novembre par des médias iraniens, sans détails sur les raisons de cette condamnation.

Londres s'est dit "préoccupé" par ce verdict. "Nous nous interrogeons sur le motif des poursuites, l'équité du procès et les conditions de détention de mademoiselle Ghavami", a expliqué un porte-parole du Foreign Office britannique.

Elle avait tenté d’assister à un match de volley

La jeune femme de 25 ans avait été interpellée le 20 juin alors qu'elle participait à un rassemblement de femmes voulant assister à Téhéran à une rencontre de la Ligue mondiale de volley-ball entre l'Italie et l'Iran. L'accès aux compétitions sportives masculines, dont le volley et le football, est interdit aux Iraniennes, officiellement en raison du comportement obscène de certains supporteurs masculins.

Le chef de la police nationale, le général Esmail Ahmadi Moghaddam, avait expliqué en juin que la police ne pouvait "permettre la présence de femmes dans les stades" car "la mixité dans les stades n'est pas encore dans l'intérêt général".

Emprisonnée depuis 126 jours

Relâchée au bout de plusieurs heures ce jour-là, Ghoncheh Ghavami avait de nouveau été arrêtée quelques jours plus tard, lorsqu'elle était retournée au commissariat pour récupérer ses affaires personnelles.

Détenue depuis 126 jours à la prison d'Evin à Téhéran, Ghavami a cessé de s'alimenter pendant deux semaines en octobre pour protester contre sa détention et l'absence de procès. Sa famille a lancé une campagne via Facebook avec une page "Free Ghoncheh Ghavami", pour obtenir sa libération.

Amnesty International a qualifié dimanche le verdict d'"épouvantable". "Il est scandaleux que cette jeune femme soit emprisonnée tout simplement pour avoir pacifiquement affirmé que les Iraniennes sont victimes de discrimination en Iran", a indiqué l'ONG dans un communiqué.

"Elle s’est brûlé les ailes en Iran"

Un responsable judiciaire avait précisé en septembre que cette nouvelle détention n'était pas liée au sport, sans donner d'autre détail.

D’après Thomas Erdbrink, correspondant du "New York Times" à Téhéran qui a recueilli les témoignages de plusieurs activistes iraniens, le cas de Ghoncheh Ghavami représente les limites de la liberté d’expression personnelle sous la présidence du modéré Hassan Rohani.

Étudiante en droit, la jeune femme, qui a grandi au Royaume-Uni, était rentrée en Iran en février, où elle avait alors commencé à fréquenter le milieu des activistes et militants pour les droits de l’Homme, qui sont régulièrement emprisonnés par les autorités iraniennes.

Après avoir été arrêtée une toute première fois par la police des mœurs en juin, elle avait relaté son expérience malheureuse sur sa page Facebook. Un texte partagé plus de 1 000 fois, qui a été effacé depuis.

"En quatre mois elle s’est brûlé les ailes en Iran, elle a été victime de son propre optimisme", confie l’un de ses amis au "New York Times". "Ghoncheh pensait vraiment que l’Iran s’ouvrait et ne voyait pas le danger pointer". Pour les activistes, qui sont habitués à ce type d’arrestation, la nationalité britannique de la jeune Ghoncheh Ghavami pourrait expliquer la fermeté des autorités iraniennes son égard.

Ce cas qui embarrasse Rohani

En septembre, le Premier ministre britannique avait évoqué le dossier de la citoyenne du Royaume-Uni avec le président Rohani lors de leur rencontre en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York. David Cameron avait souligné "l'impact que ce genre de cas peut avoir sur l'image de l'Iran au Royaume-Uni", selon un porte-parole de Downing Street.

Interrogé à plusieurs reprises ces derniers mois sur les cas d'exécution et de détention en Iran, le président Rohani a toujours affirmé que l'autorité judiciaire est indépendante de son gouvernement.

>> À lire sur France 24 : le président Rohani accusé de mentir sur des journalistes en détention"

L'Iran a été de nouveau critiqué vendredi au Conseil des droits de l'Homme des Nations unies pour sa politique en la matière, notamment le nombre élevé d'exécutions. Mohammad Javad Larijani, l'un des adjoints du chef de l'autorité judiciaire et président du Haut-conseil des droits de l'Homme iranien, a rejeté ces critiques en affirmant notamment que son pays avait fait de grand progrès sur ce plan depuis un an.

Or selon l'ONU, au moins 500 personnes ont été exécutées en Iran l'an dernier, en majorité pour des affaires de drogue. Et d’après Reporters sans frontières 52 journalistes et "net-citoyens" se trouvent actuellement dans des établissements pénitentiaires, ce qui fait de l’Iran la cinquième prison du monde pour la profession.

Outre le cas de Ghoncheh Ghavami, l’Iran détient également un citoyen irano-américain. Il s’agit du correspondant du "Washington Post", Jason Rezaian, arrêté le 22 juillet 2014 à son domicile.

Avec AFP

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