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Pour BHL, son départ de Tunisie n'est pas une "expulsion"

BHL, le 8 novembre 2011 à Paris, pendant la promotion de "La guerre sans l'aimer" sur l'intervention franco-britannique en Libye.
BHL, le 8 novembre 2011 à Paris, pendant la promotion de "La guerre sans l'aimer" sur l'intervention franco-britannique en Libye. Patrick Kovarik, AFP

En visite en Tunisie pour, dit-il, rencontrer des Libyens, Bernard-Henri Lévy a été accueilli dans la nuit de vendredi à samedi aux cris de "BHL dégage". Contacté par France 24, il dit ne pas avoir été expulsé du pays et affirme qu'il y retournera.

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Arrivé dans la nuit du vendredi 31 octobre au samedi 1er novembre en Tunisie, l’écrivain français Bernard-Henri Lévy a été accueilli par des manifestants hostiles. Dans le hall des arrivées de l’aéroport Tunis-Carthage, plusieurs dizaines de personnes l’attendaient aux cris de "BHL assassin", "dégage". Contacté par France24.com, BHL affirme que "ceux qui sont à l’origine de cette petite manifestation étaient pour l’essentiel issus de la mouvance islamiste ou, peut-être, des exilés kadhafistes". Sur une vidéo du rassemblement mise en ligne par Tunivisions.net, on voit des manifestants, ne portant aucun signe d'appartenance religieuse, brandir des drapeaux tunisien et palestinien, puis crier en français et en arabe des slogans hostiles à son égard et contre les "intérêts sionistes en Tunisie".

Le philosophe dit être venu en Tunisie pour y rencontrer, dans la capitale, "des Libyens venus de nombreuses villes de Libye". Objectif de cette réunion, selon lui : poursuivre en terrain neutre le dialogue de réconciliation nationale. Une photo reprise sur son site internet le montre aux côtés de plusieurs personnalités libyennes sur la terrasse d’un grand hôtel de Gammarth, en périphérie de Tunis. Selon le site d'information tunisien Kapitalis, on aperçoit "Fadil Lamine, président du Conseil de dialogue national libyen ; Gilles Hertzog, compagnon de tous les combats du philosophe français ; Waheed Burshan, que ce dernier avait rencontré dans le djebel Nefoussa du temps de la révolution libyenne ; et Nouri Cheriou, grande figure des Amazighs libyens".

BHL affirme ne pas avoir été "expulsé" de Tunisie où il "retournera"

Kapitalis a affirmé, samedi 1er novembre, que les autorités tunisiennes avaient "prié" BHL de quitter le pays. Le site ajoute que le ministère tunisien des Affaires étrangères a jugé l’incident de ce week-end suffisamment sensible pour demander l'ouverture d'une enquête urgente sur le motif de la visite de Bernard-Henri Lévy et ses invitations éventuelles par des responsables politiques ou religieux tunisiens.

Bernard-Henri Lévy déclare à France 24 ne pas avoir averti les autorités tunisiennes de sa visite, et estime ne pas y être tenu : "Je ne suis pas un personnage officiel, un responsable politique, je suis un citoyen comme un autre." Il nie farouchement avoir été "expulsé" de Tunisie : "Les autorités tunisiennes ne m’ont évidemment pas demandé de quitter le territoire !" Contacté par France 24, l’ambassadeur de France en Tunisie, François Gouyette, confirme cette information. Il ajoute n’avoir pas été informé par BHL de sa visite avant son arrivée sur le sol tunisien.

BHL a repris l’avion samedi soir au terme d’une visite de 24 heures. Lorsqu'on lui demande s’il envisage de retourner prochainement en Tunisie, BHL répond tout de go : "Bien sûr. Je retournerai en vacances en Tunisie et pour voir mes amis tunisiens comme je l’ai toujours fait." Craint-il dorénavant pour sa sécurité ? "Non."

"Je ne suis qu’un symptôme"

"Oui, je pense que la Tunisie est sur la bonne voie", déclare BHL. "Mais un épisode comme celui-ci indique qu’elle est loin d’être sortie d’affaire. Ce déchaînement de violence, ces appels au lynchage dont j’ai fait l’objet, le fait que mon seul nom fasse de moi un ‘indésirable’ sur le sol tunisien, le fait que des groupuscules islamistes, des avocats, une partie de la presse s’en prennent ainsi à moi, tout cela est inquiétant", ajoute-t-il à propos du processus de transition démocratique en cours dans le pays.

"Je ne suis qu’un symptôme", se désole-t-il. "Si j’étais une personne, les Tunisiens se seraient intéressés à ce que j’ai dit dans les premières heures du soulèvement contre Ben Ali, contre Moubarak en Égypte, ou encore au sujet du conflit israélo-palestinien – j’appelle de mes vœux depuis longtemps à la naissance d’un État palestinien viable. Quand on n’est pas une personne, on est un symptôme."

BHL se dit "extrêmement fier" de l’intervention française en Libye

Reste que sa visite n'en finit pas de faire du bruit en Tunisie, où il fait la une de la presse. Le site d'information Business News l'accuse, par exemple, de "continuer ses conspirations avec les Libyens sur la terre tunisienne en pleines élections législatives et présidentielle". À ceux qui l’accusent d’être en partie responsable du chaos libyen, BHL réplique : "Je suis extrêmement fier que mon pays, en partie à mon initiative, soit intervenu en Libye. Je suis moins fier que mon pays ait cru que la mission était accomplie après la chute de Mouammar Kadhafi et n’ait pas jugé bon d’accompagner le long processus de construction d’une nation."

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