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Accusés d'agressions sexuelles, les soldats libyens non grata à Londres

Les soldats libyens du camp de Bassingbourn avant leur arrivée au Royaume-Uni, le 10 juin 2014.
Les soldats libyens du camp de Bassingbourn avant leur arrivée au Royaume-Uni, le 10 juin 2014. Mahmud Turkia, AFP

Le Premier ministre britannique David Cameron a expliqué mercredi avoir décidé de suspendre un stage de formation de soldats libyens près de Cambridge, après l'implication de certains d'entre eux dans des agressions sexuelles.

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Ils étaient censés représenter la nouvelle génération de soldats de l’armée libyenne et illustrer les efforts internationaux pour reconstruire la Libye de l’après-Kadhafi. Mais les quelque 300 militaires libyens accueillis au Royaume-Uni pour être formés par l’armée britannique, regagneront prématurément leur pays. En cause : des accusations d'agressions sexuelles sur le sol britannique.

Le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé la suspension du programme de formation dont ils bénéficiaient mercredi 5 novembre, lors de la séance hebdomadaire de questions au gouvernement à la Chambre des Communes, en qualifiant de "totalement inacceptables" les faits reprochés à cinq d’entre eux, cantonnés à la base de Bassingbourn, près de Cambridge, dans le sud-est de l'Angleterre.

Cinq soldats impliqués dans des agressions sexuelles

Deux élèves officiers libyens de 20 et 27 ans ont plaidé coupable d'agression sexuelle devant un tribunal de Cambridge, et attendent de connaître leur jugement. Un troisième, âgé de 18 ans, comparaîtra sous peu dans la même affaire. Deux autres hommes de 33 et 22 ans ont déjà été inculpés de viol.

Au total, la police britannique a recensé 11 agressions sexuelles commises dans le centre de Cambridge en 9 jours. Les résidents des alentours de la caserne, craignant pour leur sécurité, se sont plaints de voir des soldats libyens quitter la base pour acheter de l’alcool. L’armée britannique a alors envoyé des renforts écossais au camp de Bassingbourn, pour éviter les problèmes.

Face à ces accusations, Omar Al-Mukhtar, un des soldats libyens du camp qui n’est impliqué dans aucune des affaires d’agressions, s’est exprimé à la BBC mercredi 5 novembre, affirmant que les militaires n’étaient autorisés à quitter la base que "pour trois heures" et qu’ils étaient alors "accompagnés de soldats britanniques". Il a ajouté que lors des sorties ils s’étaient vu "proposer de la drogue, de l’alcool et des relations tarifées".

Le soldat mécontent a ajouté que "le gouvernement britannique ne leur avait pas offert des conditions de vie confortables [dans la caserne]". Puis il a accusé les Britanniques de ne pas avoir cherché d’autres solutions qui auraient pu leur permettre de finir la formation. "Ils ne nous ont pas parlé de la loi britannique et ne nous ont pas expliqué la différence entre ce qui est bien et mal ici", a regretté le soldat qui va devoir quitter le Royaume-Uni sous peu.

Réévaluer la manière d’entraîner les forces libyennes

Le ministère de la Défense britannique a diligenté une enquête pour décider de la suite à donner au programme de formation que devaient suivre quelque 2 000 fantassins et sous-officiers libyens. Cette collaboration avait été annoncée l'an dernier à la faveur d'un G8 des nations les plus favorisés dont le Royaume-Uni, les États-Unis et d’autres pays européens, en vue de contribuer au rétablissement de la sécurité en Libye après la chute du régime du colonel Kadhafi en 2011.

Un porte-parole a précisé que le gouvernement britannique allait cependant continuer à soutenir la Libye, tout en "réévaluant la meilleure manière d'entraîner les forces de sécurité libyennes" au Royaume-Uni ou à domicile.

Avec AFP

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