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Un artificier français jihadiste en Syrie donné pour mort

Des photos de David Drugeon jeune, tenue par son père.
Des photos de David Drugeon jeune, tenue par son père. Famille Drugeon / AFP

Le jihadiste français David Drugeon, expert en explosifs, aurait été tué par un tir de drone en Syrie, selon des médias américains. Converti adolescent à l'islam, il s’était radicalisé au fil des ans avant de rejoindre les rangs jihadistes.

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Un membre important du groupe jihadiste Khorassan, le français David Daoud Drugeon, aurait été tué, dans la nuit du 5 au 6 novembre, lors d'une attaque menée par un drone américain dans la région d'Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, ont affirmé jeudi 6 novembre plusieurs médias américains, citant des sources anonymes.

"Le chauffeur du véhicule [visé par le raid] aurait perdu une jambe et devrait mourir, selon des sources ayant connaissance de l'opération. Une seconde personne, qui serait Drugeon, a été tuée", annonce la chaîne de télévision Fox News, la première à sortir l'information.

Considéré comme le maître-artificier du groupe terroriste, ce Vannetais de 25 ans, converti à l'islam et traqué par les renseignements occidentaux, a probablement été tué par un tir américain, a également confié à l'AFP un responsable du Pentagone sous le couvert de l'anonymat, indiquant que la confirmation de sa mort nécessiterait un peu de temps. "Je pense qu'on l'a eu", s'est-il contenté de dire, confirmant que le Pentagone était depuis longtemps sur la trace du Français.

Un coup dur pour Khorassan

Le général Lloyd Austin, patron du commandement militaire américain pour le Moyen-Orient et l'Asie centrale (Centcom), qui supervise la campagne de frappes aériennes contre les jihadistes en Irak et en Syrie, s'est lui montré plus circonspect. "Nous sommes toujours en train d'évaluer les résultats de ces frappes", a-t-il déclaré lors d'un forum à Washington. David Drugeon, a-t-il ajouté, "est un élément dangereux de ce groupe. À chaque fois que nous éliminons l'un de ses dirigeants, c'est une bonne chose".

De son côté, le Centcom s’est contenté d’indiquer dans un communiqué que l'armée américaine a mené cinq frappes la nuit dernière contre des cibles de Khorassan à proximité de Sarmada, dans la province d'Idlib. Des centres d'entraînement et des ateliers de fabrication d'explosifs ont été détruits par ces raids.

Si elle était confirmée, la mort de "Daoud", le nom que le Français s'est donné après sa conversion à l'islam, serait un coup dur pour Khorassan, un groupe jihadiste régulièrement ciblé par les raids américains et dont le but est d’organiser des attentats dans des pays occidentaux.

Converti en France, radicalisé en Égypte, formé au jihad au Pakistan

Converti à l'islam à l’âge de 13 ans, après avoir fréquenté des salafistes dans son quartier, David Drugeon a approfondi sa connaissance du Coran et de l'arabe en Égypte. Au début de 2010, il se rend dans les zones tribales pakistanaises et rejoint d'autres volontaires internationaux sur la voie du jihad.

Il y rencontre un Belge d'origine tunisienne, Moez Garsallaoui, vétéran du jihad, considéré comme un membre important d'Al-Qaïda en Europe puis dans la zone pakistano-afghane. À son contact, le Breton se forme au maniement des explosifs et à la fabrication de bombes. En 2013, à l’instar de nombreux cadres intermédiaires d'Al-Qaïda de la zone pakistano-afghane, il décide de rallier la Syrie, devenue à son tour "terre de jihad".

Le nom de David Drugeon avait été évoqué lorsque le groupe de presse américain McClatchy avait affirmé, il y a un mois, qu'un ancien officier du renseignement français avait rejoint les rangs du jihad en Syrie et avait été la cible fin septembre d'une frappe américaine. Le ministère français de la Défense avait toutefois démenti toute implication d'un ancien agent français. La Direction Générale de la Sécurité extérieure (DGSE, renseignement extérieur) s'était refusée pour sa part à tout commentaire, de même que le ministère français des Affaires étrangères.

"Apprendre la mort de son fils sur Internet c'est très dur"

Dans une lettre, qui constitue le dernier signe de vie adressé en 2010 à son père, David Drugeon déclare : "On se retrouvera dans l'au-delà et je mourrai en martyr". "Une phrase qui me marque dans le coeur depuis 2010", explique Patrice Drugeon.

"J'ai une lueur d'espoir parce qu'on ne m'a pas confirmé sa mort (...), mais vu le déferlement de presse et de médias actuellement, malheureusement tout laisse croire qu'il aurait été tué par un missile", a réagi son père à l’annonce de la mort probable de David.

"Je dis aux parents de vraiment faire attention à leurs enfants, de les écouter, de parler avec eux, de les dissuader de partir au jihad, parce que d'apprendre la mort de son fils sur Internet c'est quelque chose de très dur, très fort et je ne le souhaite à personne", a déclaré Patrice Drugeon à l'AFP.

Avec AFP

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