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FRANCE - RUSSIE

G20 : le dossier des Mistral attend François Hollande en Australie

Le navire "Vladivostok" à Saint-Nazaire.
Le navire "Vladivostok" à Saint-Nazaire. Mehdi Chebil, France 24
4 mn

Alors que le G20 s'est ouvert ce samedi en Australie, la Russie accentue la pression sur la France à propos du navire de guerre Mistral. Moscou réclame la livraison du premier bâtiment sous peine de "sérieuses" demandes de compensation.

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Le G20 réunit des pays représentant 85 % de la richesse mondiale et il est habituellement dominé par les questions économiques. Mais ce week-end, à Brisbane, en Australie, il aura des accents militaires avec des relents de Guerre froide. Avant l’ouverture du sommet, la Grande-Bretagne et l’Australie ont vivement critiqué, vendredi 14 novembre, l'action de la Russie dans la crise ukrainienne.

La Russie se comporte comme un "grand État agressant de plus petits États en Europe", a lancé le Premier ministre britannique, David Cameron. Son homologue australien, Tony Abbott, a dénoncé l'accroissement tous azimuts des activités militaires de la Russie, y compris cette semaine au nord des côtes australiennes. En outre, il y a quelques jours, le Premier ministre australien avait averti Vladimir Poutine qu’il n’échapperait pas à une discussion sur la catastrophe de l’avion MH17 lors de leur prochaine rencontre. Trente-huit Australiens avaient trouvé la mort dans ce drame attribué aux forces pro-russes.

Paris sous la pression de Moscou

La Russie a de son côté fait entrer la France dans cette danse musclée en lançant un ultimatum à Paris pour qu’il livre le premier des deux navires de guerre de type Mistral, construits à Saint-Nazaire. Une source russe "haut placée" a déclaré vendredi à l'agence Ria Novosti que Paris avait jusqu'à fin novembre pour livrer le bâtiment s'il ne voulait pas s'exposer à de "sérieuses" demandes de compensation.

Cette question sensible devrait être abordée samedi lors d'une rencontre bilatérale en marge du G20, à 18h locales (9h à Paris), entre Vladimir Poutine et son homologue français, François Hollande. Pour l’instant, Paris a joué la montre. L'Élysée a renvoyé aux déclarations du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui avait indiqué mercredi qu'"aucune date de livraison" ne pouvait "être fixée à ce stade". Le Premier ministre Manuel Valls a lui affirmé vendredi que la France prenait ses décisions de manière souveraine, "sans que quiconque ne lui dicte sa conduite de l'extérieur".

La "crédibilité" de la France en jeu après le "pari" de la vente d'armement aux Russes ?

Les Mistral, des bâtiments de projection et de commandement vendus par la France à la Russie en juin 2011 pour 1,2 milliard d'euros, sont au centre d'un imbroglio diplomatico-militaire depuis la décision du président François Hollande, le 4 septembre, de lier leur livraison à l'évolution de la crise en Ukraine où la situation s'est dégradée et le couvre-feu n'est plus qu'un lointain souvenir. La livraison du premier des deux, le Vladivostok, devait initialement intervenir en octobre, puis en novembre. Celle du second, le Sebastopol, est prévue pour 2015.

La question de la mise en doute de la "crédibilité" de la France dans les contrats d'armement est invoquée par certains responsables politiques. Sur France 24, Guillaume Lagane, maître de conférence à Sciences Po Paris, relativise : "Il est certain que sur des marchés comme celui de l’Inde, par exemple, où l’on propose le Rafale, les clients vont s’interroger sur des situations qui pourraient mener à ce type de suspension. En même temps, la France l’a déjà fait par le passé. À la fin des années 60, elle avait refusé de livrer des armes à Israël au moment de la guerre des Six jours. Cela ne l’a pas empêché d’être ensuite un grand exportateur dans les années 70-80. Je pense que les clients feront peut-être la part des choses et constateront que le fait de vendre à la Russie était quand même quelque chose d’assez nouveau qui avait été initié en 2011. C’était un peu un pari sur l’avenir. On voit aujourd’hui que ce pari est difficile à tenir."

Avec AFP

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