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L’oléoduc Keystone ne passe pas le vote du Sénat américain

Des manifestants contre le projet de l'oléoduc Keystone.
Des manifestants contre le projet de l'oléoduc Keystone. AFP

Le Sénat américain a refusé mardi soir d'ouvrir la voie à l'adoption d'un projet de loi controversé autorisant la construction de l'oléoduc Keystone XL, reliant les gisements canadiens aux raffineries américaines.

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Barack Obama n’aura pas besoin d’opposer son veto. La proposition de loi autorisant l’oléoduc Keystone XL à relier les gisements pétroliers canadiens de l’Alberta aux raffineries de pétrole américaines dans le Golfe du Mexique n'est pas passée. Mardi 18 novembre, le Sénat a rejeté de justesse le projet controversé : 41 parlementaires ont voté contre et 59 ont voté pour, passant de très peu à côté des 60 bulletins nécessaires à son adoption.

Le camp démocrate - le président américain, en tête – et les écologistes, hostiles à Keystone en raison des risques environnementaux qu’il pourrait engendrer, se sont évidemment réjoui d’avoir remporté cette bataille politique. Le but de Keystone XL est de raccourcir de moitié le trajet de l'actuel oléoduc qui relie depuis 2010 l'Alberta à des terminaux pétroliers dans l'Illinois (voir carte ci-dessous).

Le résultat de ce vote a "donné raison à la science" en repoussant un projet qui aurait permis l’émission "de plus de 24 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an", a déclaré l’ONG Greenpeace dans un communiqué.

>> À lire sur France 24 : "Oléoduc Keystone : Obama sous pression"

C’est en effet le principal argument des détracteurs du projet : la pollution engendrée par l’oléoduc. Outre les émissions de gaz à effet de serre, les anti-Keystone redoutent les possibles fuites de pétrole et la détérioration des nappes phréatiques sur le trajet de l’oléoduc. Ils réfutent aussi l’argument économique selon lequel le projet serait une aubaine pour le marché du travail. Barack Obama a indiqué à plusieurs reprises que Keystone ne créerait que 50 emplois permanents, une fois le chantier terminé.

Carte du projet Keystone entre le Canada et les États-Unis

Une plaidoirie que les républicains réfutent. Selon eux, le projet est synonyme d’indépendance énergétique et de croissance. "Les démocrates du Sénat ont encore dit non à un projet créateur d’emplois, qui aurait aidé des milliers d’Américains à trouver un travail", a déploré Mitch McConnell, chef des républicains. Le camp des pro-Keystone affirment même que le projet serait un progrès écologique. Ils martèlent, en effet, que transporter du pétrole brut par oléoduc, plutôt que par chemin de fer ou par barges sur le Mississippi, est moins risqué.

Majoritaires dans les deux chambres du Congrès depuis les élections américaines de mi-mandat, les républicains ont donc prévu d’organiser un nouveau vote dès le mois de janvier 2015. "La nouvelle majorité républicaine examinera et votera la loi Keystone au début de l’année prochaine", a ajouté Mitch McConnell. Dans ce combat, les défenseurs du projet bénéficient, sans surprise, du soutien de Russ Girling, le patron de TransCanada, l’opérateur de Keystone, qui a promis de continuer "à pousser" la proposition de loi jusqu’à son obtention.

Depuis huit ans, Transcanada cherche à obtenir les autorisations pour construire ce méga-oléoduc de 1 900 kilomètres de long, dont 1 400 aux États-Unis. Pour apaiser les craintes des écologistes, l’entreprise a même modifié son tracé original en 2012 afin que la pipeline ne traverse pas les réserves naturelles des Sand Hills, dans le Nebraska, aux écosystèmes fragiles. Keystone XL devrait permettre d’acheminer 830 000 barils de brut par jour depuis les sables bitumineux canadiens jusqu’aux raffineries américaines du Texas et de Louisiane.

Avec AFP

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