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Nucléaire iranien : "Les ministres s'excitent, c'est la dernière ligne droite"

Mohammad Javad Zarif, ministre rianien des Affaires étrangères, Catherine Ashton, ex-chef de la diplomatie européenne, et John Kerry, secrétaire d'État américain.
Mohammad Javad Zarif, ministre rianien des Affaires étrangères, Catherine Ashton, ex-chef de la diplomatie européenne, et John Kerry, secrétaire d'État américain. Vladimir Simicek, AFP

L'ancien ambassadeur de France en Iran François Nicoullaud, fin connaisseur du dossier nucléaire iranien, décrypte, pour France 24, les différents événements en marge des négociations en cours à Vienne, en Autriche.

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Lorsqu'il était ambassadeur de France à Téhéran entre 2001 et 2005, François Nicoullaud a participé aux négociations sur le nucléaire iranien. Il connaît parfaitement les rouages des rendez-vous diplomatiques semblables à celui qui se déroule depuis mardi, et jusqu’au lundi 24 novembre, à Vienne. Selon lui, l'agitation qui règne dans la capitale autrichienne est un signe positif et laisse entrevoir la possibilité d’un accord imminent.

France 24 : Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a laissé entendre qu’il allait se rendre à Téhéran après sa rencontre avec le secrétaire d’État américain John Kerry, puis a annulé son voyage. Comment faut-il interpréter ce revirement de situation ?

François Nicoullaud : Cela montre qu’une très grande fébrilité règne, ce qui n’est pas forcément un mauvais signe. L’annulation du voyage de M. Zarif peut s’expliquer par la fatigue. Il communiquera avec Téhéran par téléphone pour avoir les mêmes résultats que s’il était sur place. Cela ne change pas grand-chose. Mais en-dehors du cas du ministre iranien, on note beaucoup d’allers-retours entre les capitales. John Kerry était à Paris, s’est rendu à Vienne jeudi et va revenir à Paris aujourd’hui. Laurent Fabius s’est également rendu sur place. Même chose pour le ministre britannique. Tous ces déplacements montrent peut-être qu’on essaie de mettre au point les derniers détails d’un accord. Les ministres s’excitent, c’est qu’on est dans la dernière ligne droite. C’est plutôt bon signe.

>> À voir sur France 24 : Vidéo : au cœur de la centrale nucléaire de Téhéran

Les puissances mondiales insistent sur le fait que les Iraniens doivent saisir la "chance" qui s’offre à eux de trouver un accord. S’agit-il, selon vous, des négociations de la dernière chance, comme elles sont souvent présentées ?

D’une certaine façon, oui. Je ne crois pas beaucoup à une extension des négociations. Je ne vois pas en quoi 15 jours ou trois mois de plus apporteraient quelque chose de nouveau. Et puis ce n’est pas du tout l’état d’esprit du secrétaire d’État américain John Kerry, qui s’est montré déterminé, notamment à Paris cette semaine, à trouver un accord d’ici au 24 novembre.

N’y a-t-il pas des divergences insurmontables, notamment sur la capacité d’enrichissement de l’uranium de l’Iran ?

Au contraire, c’est exactement, selon moi, le type de divergence surmontable. Les négociateurs sont attachés à certains chiffres, mais c’est une affaire qui a pris des proportions démesurées. Qu’il y ait 5 000, 6 000 ou 8 000 centrifugeuses en Iran, ça ne fait aucune différence en réalité, car les calculs avancés sont très théoriques et n’intègrent pas des données réelles. Malheureusement, un certain nombre de think-tanks néoconservateurs se sont focalisés là-dessus et le Congrès américain s’est emparé du sujet. Mais le bon sens voudrait qu’on trouve une solution. Le vrai problème autour duquel se concentrent peut-être les crispations, c’est le calendrier de levée des sanctions. Les Iraniens veulent qu’elles soient levées le plus vite possible pour ne pas être les seuls à faire leur part du chemin. Les Occidentaux, au contraire, veulent laisser traîner.

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