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Nucléaire iranien : "Les journalistes font partie des négociations"

Le secrétaire d’État britannique chargé des Affaires étrangères, Philip Hammond, au milieu d’une foule de journalistes, à Vienne le 21 novembre.
Le secrétaire d’État britannique chargé des Affaires étrangères, Philip Hammond, au milieu d’une foule de journalistes, à Vienne le 21 novembre. Vladimir Simicek, AFP

À Vienne, l'attente se fait longue à quelques heures de l'issue des négociations entre grandes puissances occidentales et Téhéran sur le nucléaire iranien. L’envoyé spécial de France 24 Antoine Mariotti décrit une ambiance de rumeurs.

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Dans la capitale autrichienne, les négociations sur le nucléaire iranien, qui doivent s’achever à minuit lundi 24 novembre, relèvent surtout de la stratégie de communication. Un ballet diplomatique dans lequel les médias jouent aussi un rôle, selon Antoine Mariotti, l’envoyé spécial de France 24.

France 24 : Quelle est l’ambiance pour les journalistes ?

Antoine Mariotti : Nous sommes dans l’attente, nous essayons de grapiller des informations au milieu de toutes les rumeurs qui circulent. De manière générale, nous disposons de peu d’informations. Nous savons seulement ce qu’il se passe dans les grandes lignes. Lorsque nous parvenons à parler à un diplomate ou à un membre d’une délégation, on peut obtenir des bribes d’informations, qu’il convient alors de vérifier, recouper, contrebalancer. Car nous savons que lorsque les diplomates s’adressent à nous, ils font passer des messages aux autres interlocuteurs des pourparlers. Cela fait aussi partie de la diplomatie.

Les journalistes font-ils partie, à leur manière, des négociations ?

Oui, nous sommes des éléments annexes. En tant que journaliste, le risque, c’est de devenir le porte-parole de telle ou telle délégation. Il faut donc être très prudent dans les informations que l’on donne. Par exemple, lorsque des membres des "5+1" déclarent "on a fait énormément de propositions depuis un an, on est allés au bout de ce que l’on pouvait faire", ils s’adressent en réalité aux Iraniens et les préviennent qu’ils ne bougeront plus de leur ligne. Mais c’est souvent du bluff.

>> À lire sur France 24 : "Dernière ligne droite des négociations : bluff et intimidations à Vienne"

Comment agissent les deux parties pour faire pression l'une sur l'autre ?

Au départ des négociations, les différents acteurs ont présenté de fausses "lignes rouges". L’idée, c’est de donner l’impression à l'autre camp, lorsque l'une d'elles a été franchie, que l’on a cédé sur un point important. Cependant, les vraies lignes rouges n’ont elles pas été franchies et les diplomates savent très bien que les négociations dureront jusqu’à la toute dernière minute. Le but de ces discussions c’est de céder le moins possible.

Quels sont les derniers points de friction ?

L’enrichissement et les sanctions. L’Iran veut avoir droit à l’énergie nucléaire [pour la production d’électricité mais également à des fins médicales, pour détecter les cancers par exemple, NDLR] et n'entend pas céder sur ses capacités d'enrichissement. C’est devenu une question de fierté nationale. Pour montrer sa bonne foi, Téhéran a accepté de rendre accessible aux experts de l'Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) certains sites jusque là gardés secrets. Mais les États-Unis veulent pouvoir exercer une surveillance accrue pendant une période d'environ quinze ans, ce que l'Iran refuse.

"Deux scénarios sont exclus : l’échec et le succès total des négociations"

En ce qui concerne les sanctions, l’Iran veut qu’elles soient toutes levées d’un coup. Les États-Unis et les Européens se disent prêts à lever très rapidement – sous quelques semaines – leurs sanctions unilatérales. En revanche, en ce qui concerne les sanctions imposées par l’ONU, elles dépendent du Conseil de sécurité et ne seront éventuellement levées qu’après analyse des conclusions rendues par les experts de l’AIEA.

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