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Deux Français jugés à Paris pour la mort d'une Israélienne à Tel-Aviv

© Jack Guez, AFP | Des proches de Lee Zeitouni manifestent à Haïfa, en Isarël, lors d’une visite officielle du maire de Paris, Bertrand Delanoë, le 28 novembre 2011.

Texte par Charlotte OBERTI

Dernière modification : 26/11/2014

L'Israélienne Lee Zeitouni avait 25 ans lorsqu'elle a été tuée, renversée par un 4x4 à Tel-Aviv, le 16 septembre 2011. Deux Français sont jugés jeudi à Paris pour cet accident tragique. Retour sur une affaire à rebondissements.

Trois ans après le drame, les deux Français accusés d'avoir tué l’Israélienne Lee Zeitouni, renversée par un 4x4 à Tel-Aviv en 2011, font face à la justice, jeudi 27 novembre. Ce procès est l’aboutissement d’une affaire à rebondissements qui a envenimé les relations entre la France et Israël.

Le 16 septembre 2011, au petit matin, le bolide d’Éric Robic, la quarantaine, roule à environ 100 kilomètres/heure dans des rues limitées à 50 à Tel-Aviv, en Israël. Côté passager se trouve Claude Khayat, un autre Français. Le conducteur, ivre et sans permis, grille un feu rouge et heurte violemment Lee Zeitouni, une Israélienne de 25 ans qui traverse à ce moment-là sur un passage piéton. Elle est tuée sur le coup. Les deux comparses prennent la fuite et le premier vol pour la France.

Éric Robic, le conducteur du véhicule, accusé d’homicide involontaire aggravé par une vitesse "très excessive et même démesurée", non-respect d'un feu rouge et non-assistance à personne en péril, encourt jusqu'à 10 ans de prison et 150 000 euros d'amende. Claude Khayat sera, lui, jugé pour non-assistance à personne en péril et pourrait écoper, jeudi, de cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende.

Des réflexes d’habitué

À première vue, l’affaire n’est qu’un tragique accident de la route. C'est en tous cas ce qu'assène Me Françoise Cotta, avocate d’Éric Robic. Mais certains éléments troublants chargent le prévenu.

Tout de suite après l’accident, et juste avant de partir pour l’aéroport, Éric Robic a un geste que certains interprètent comme un réflexe d’habitué : il prend soin de se raser la tête. S'agissait-il de passer inaperçu aux yeux des caméras de surveillance ?

Une fois en France, l’homme tente de soudoyer son acolyte, Claude Khayat, pour que celui-ci avoue à sa place être le conducteur de la voiture. "M. Robic avait promis 500 000 euros à Claude Khayat en échange de sa fausse déclaration", révèle l’avocat de la famille de la victime, Me Gilles-William Goldnadel, à France 24. "Mais Robic n’a pas respecté l’accord, il ne lui a donné que 100 000 euros, Khayat s’est donc rétracté." Une version confirmée par l’épouse de Claude Khayat, toujours selon l’avocat.

Fuir la France pour Israël, puis Israël pour la France

À leur retour en France, les deux hommes sont par ailleurs rattrapés par d’autres affaires, pimentant un peu plus la situation. On découvre que l’escapade israélienne des deux hommes était davantage une fuite qu’une virée touristique en Terre sainte. À l’époque, Éric Robic était en effet dans le collimateur de la justice française pour une affaire d’escroquerie en bande organisée dans les milieux de la crevette, des fruits de mer et des chaudières. Selon un procès verbal des enquêteurs, cité par "Le Figaro", "le mis en examen [a fui] l’État d’Israël pour échapper à la justice israélienne après avoir fui la France pour échapper à la justice française". Par ailleurs, selon la presse israélienne, l’homme entretiendrait des liens avec la pègre de Tel-Aviv.

À ces lourdes accusations s’ajoute des révélations sur un train de vie dispendieux : amateur de voitures de luxe, l'homme fréquentait assidument les prostituées dans des palaces et, selon un autre procès verbal, toujours cité par le journal "Le Figaro", disposait de seize lignes téléphoniques.

En octobre dernier, Éric Robic a été écroué aux côtés de Claude Khayat, tous deux soupçonnés d’avoir animé, les mois précédents, un réseau ayant permis des escroqueries autour de la vente de voitures en leasing, via de faux encarts publicitaires, de faux virements et de fausses factures.

Pas d’extradition vers Israël

Cette affaire a causé une vive émotion en Israël, où de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer l'extradition des deux suspects. Mais ces réclamations se sont heurtées à la position ferme de la France sur le sujet : Paris n'extrade pas ses ressortissants hors de l'Union européenne.

Devant le tollé provoqué par ce refus, Carla Bruni, l'épouse du président français de l'époque, Nicolas Sarkozy, avait tenté de calmer la situation en écrivant à la famille de la jeune femme pour lui assurer que la France faisait le maximum afin que que justice soit faite. Le chef de l'État avait, quant à lui, évoqué l'affaire lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), en février 2012.

Les parents de Lee Zeitouni ont fini par déposer plainte en France et une information judiciaire pour homicide involontaire aggravé a été ouverte en juillet 2012. La justice française peut en effet, dans certaines circonstances, juger des ressortissants pour des crimes commis hors du territoire.

Preuve du caractère "exceptionnel" de ce procès, le jugement se déroulera, jeudi, dans la première chambre civile de la cour d’appel de Paris, salle gigantesque capable d’accueillir plusieurs centaines de personnes, précise l’avocat de Claude Khayat, Régis Méliodon, contacté par France 24. "Mon client attend ce moment, avec impatience et angoisse, pour présenter ses excuses à la famille et tourner la page."

Première publication : 26/11/2014

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