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Élections en Moldavie, tiraillée entre l'Europe et la Russie

La Moldavie, dont les citoyens élisent le Parlement dimanche 30 novembre, est le pays le plus pauvre d'Europe.
La Moldavie, dont les citoyens élisent le Parlement dimanche 30 novembre, est le pays le plus pauvre d'Europe. AFP

Les Moldaves vont devoir choisir dimanche entre l'UE et la Russie. C'est le principal enjeu des élections législatives dans ce pays qui, à l'image de l'Ukraine, est tiraillé entre intégration européenne et retour dans le giron russe.

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Les bureaux de vote ont fermé dimanche en Moldavie à l'issue de législatives cruciales pour l'avenir de cette ex-république soviétique et pays le plus pauvre d'Europe à la croisée des chemins entre rêve d'intégration à l'Union européenne (UE) et retour dans le giron de la Russie.

Le scrutin, toute proportion gardée, pourrait apporter des enseignements sur l'impact de la crise ukrainienne. La Moldavie, à l'instar de l'Ukraine, est tiraillée entre l'UE et la Russie. Elle connaît également avec la Transnistrie une situation que l'Ukraine est en train de découvrir : gérer la sécession d'un territoire se réclamant de Moscou.

Aucun sondage à la sortie des bureaux de vote n'a été effectué, selon la même source. Les premiers résultats préliminaires doivent être annoncés lundi tôt dans la matinée.

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Les bureaux de vote, dans ce petit pays situé entre l'Ukraine et la Roumanie, ont ouvert à 7 h du matin et devaient fermer à 21 h (19 h GMT).

Quelque 3,1 millions d'électeurs élisent pour quatre ans les 101 députés du Parlement. Une vingtaine de partis sont en lice et selon les derniers sondages, la proportion d'électeurs se prononçant pour l'intégration européenne de la Moldavie et celle en faveur d'une adhésion à l'Union douanière menée par la Russie sont identiques : 40 % pour chaque camp.

"Ce n'est pas une compétition entre partis, mais une compétition qui vise à définir qui va guider la Moldavie de l'extérieur : Moscou ou Bruxelles", résume pour l'AFP l'analyste Oazu Nantoi, de l'Institut de la politique publique.

Des produits moldaves sous embargo russe

Moscou, qui a soutenu en sous-main la proclamation unilatérale de l'indépendance en 1990 de la Transnistrie, un petit territoire séparatiste moldave, voit d'un très mauvais œil les accords d'association signés cette année entre l'Union européenne et la Moldavie et l'Ukraine.

Ratifié début juillet par Chisinau et à la mi-novembre par le parlement européen, l'accord avec la Moldavie a provoqué la colère de Moscou., La Russie a interdit ces derniers mois l'importation de fruits, de viande et de charcuterie en provenance de Moldavie, sous prétexte de "violations des normes sanitaires".

"Nous comprenons que cet embargo a été imposé pour faire renoncer la Moldavie à sa politique d'intégration à l'Europe", a déclaré à l'AFP le ministre de l'Agriculture moldave, Vassili Boumakov.

>> À lire sur France 24 : "Moscou lorgne-t-il sur la Transnistrie, région séparatiste moldave ?"

La Moldavie est actuellement dirigée par une coalition pro-européenne, mais les principaux partis d'opposition - le Parti communiste et le Parti socialiste - souhaitent renforcer la coopération avec la Russie et annuler l'accord d'association avec l'UE.

"Cet accord va à l'encontre des intérêts de la Moldavie. Nous allons obtenir son annulation et organiserons ensuite un référendum. Le peuple doit décider lui-même s'il veut intégrer l'UE ou l'Union douanière avec la Russie", a déclaré à l'AFP le dirigeant du Parti socialiste, Igor Dodon.

Visite des présidents polonais, ukrainien et roumain

Le défi risque toutefois d'être compliqué pour les socialistes, alors qu'aucun des partis ne devrait obtenir une majorité absolue. Les vainqueurs devraient être obligés de former une coalition. Un casse tête, deux tiers des voix de députés (67) étant nécessaires pour amender la Constitution et 61 voix pour élire le président de ce pays peuplé majoritairement par des Roumains ethniques (78 %), ainsi que par des Russes et Ukrainiens (14%). Et le PC moldave, en tête des sondages, s'est d'ores et déjà prononcé contre toute coalition.

Un autre parti pro-russe, Patria (Patrie), accusé de financer sa campagne électorale avec des fonds étrangers, s'est vu interdire de participer aux élections trois jours avant le scrutin. Une interdiction critiquée par Moscou, qui a émis de "graves doutes sur le caractère démocratique" des élections et dénoncé une "campagne électorale exceptionnellement sale".

>> À voir sur France 24 : "L'entretien : Iurie Leanca, Premier ministre moldave"

Les présidents polonais, ukrainien et roumain se sont rendus la semaine dernière en Moldavie pour soutenir la campagne pro-européenne. "Je suis sûr que la Roumanie et la Moldavie partageront l'espace de démocratie et de prospérité au sein de l'UE", a déclaré le président roumain Klaus Iohannis.

Pour sa part, la chancelière allemande Angela Merkel a adressé un message de soutien au Premier ministre moldave Iurie Leanca, qui dirige la coalition pro-européenne.

"Ces élections seront une sorte de référendum. Si les partis pro-européens gagnent, l'orientation de la Moldavie vers l'intégration européenne sera irréversible. Mais si la Moldavie se tourne vers l'Union douanière après le scrutin, elle risque de rester pour toujours dans la zone d'influence de la Russie", estime Arcadie Barbarosie, directeur de l'Institut de la politique publique.

Les élections seront surveillées par plus de 700 observateurs internationaux, dont ceux de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Avec AFP

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