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Une Saoudienne arrêtée après avoir franchi la frontière en voiture

Loujain al-Hathloul au volant de sa voiture avant son arrestation à la frontière saoudienne, le 30 novembre 2014.
Loujain al-Hathloul au volant de sa voiture avant son arrestation à la frontière saoudienne, le 30 novembre 2014. Twitter @LoujainHathloul

L'activiste saoudienne Loujain al-Hathloul a été arrêtée en Arabie saoudite lundi après avoir tenté de franchir la frontière depuis les Émirats arabes unis au volant de sa voiture. Les réactions des Saoudiens sont nombreuses sur les réseaux sociaux.

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Les réseaux sociaux sont en ébullition après qu’une femme activiste saoudienne, Loujain al-Hathloul, a tenté de franchir la frontière, dimanche 30 novembre, entre les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite au volant de sa voiture. D’abord bloquée à la frontière pendant près de 24 heures dans son véhicule, Loujain al-Hathloul a finalement été arrêtée par la police saoudienne lundi, la conduite étant interdite aux femmes dans son pays.

"Ça fait 24 heures que je suis à la frontière saoudienne. Ils ne me donnent pas mon passeport, ne me laissent pas passer et le ministère de l’Intérieur ne réagit pas", racontait Loujain al-Hathloul dimanche à 11 heures heure française. La jeune femme a témoigné heure par heure sur son compte Twitter.

Un permis mais pas le droit de conduire

Dans ses nombreux commentaires, la jeune femme souligne l’absurdité de la situation, considérant notamment que rien ne devrait l’empêcher de conduire en Arabie saoudite puisqu’elle est détentrice d’un permis délivré aux Émirats arabes unis. Or, selon un accord inter-gouvernemental, "un conducteur détenant un permis de conduire délivré dans un pays du Golfe a le droit, sans entamer aucune démarche, d'utiliser son permis dans un autre pays du Golfe", explique Alia Al-Hathloul, la sœur de Loujain sur un blog. "Cet accord ne fait pas référence au sexe du conducteur. En effet, les femmes peuvent conduire dans tous les pays du Golfe à l'exception de l'Arabie", ajoute-t-elle. Un casse-tête pour Loujain. En tant que citoyenne saoudienne, elle est empêchée de conduire dans son propre pays alors qu’elle peut prendre le volant dans les États voisins.

"Certes, aucune loi indique clairement cette interdiction, cependant la police peut arrêter celles qui prennent le volant. Il s'agit d'une interdiction de fait", poursuit Alia al-Hathloul.

Les tweets de Loujain al-Hathloul ont déclenché un mouvement de solidarité sur les réseaux sociaux, avec des messages de soutien émanant parfois de jeunes hommes saoudiens, comme Mashour qui souligne le courage de sa compatriote. "Si chacun agit pour ce qu’il veut voir changer dans ce pays, notre vie s’améliorera par étape", écrit le jeune homme. D’autres internautes saoudiens plus conservateurs espèrent voir Loujain al-Hathloul condamnée pour l’exemple.

Des femmes se filment au volant

Avant son arrestation, Loujain al-Hathloul avait posté plusieurs vidéos d’elle au volant, avant et après le poste frontière émirati.

D’autres Saoudiennes ont suivi le mouvement et ont envoyé des vidéos identiques prises au volant, dans les rues de Riyad.

Le mouvement du 26 octobre renaît

Ce n’est pas la première fois que des Saoudiennes militent pour le droit de conduire dans leur pays. En 2013, elles avaient lancé une campagne sur internet, "Women to Drive", appelant toutes les femmes du pays à braver l’interdiction de conduire. À l’époque, le mouvement avait reçu d’importants soutiens, plus de 9 700 personnes avaient signé une pétition en ligne demandant au gouvernement saoudien de lever l’interdiction.

Un morceau en hommage à l’action de ces femmes avait même a fait le tour du monde : "No woman no drive" de l’humoriste saoudien Hisham Fageeh qui reprenaient "No Woman no cry" de Bob Marley.

Mais l’année suivante les activistes saoudiennes, qui ont de nouveau tenté l’expérience "I will drive myself", ont été très peu suivies.

Le droit de conduire… mais sans maquillage

Les mentalités évoluent aussi du côté du gouvernement, qui pourrait se voir contraint d’assouplir l’interdiction sur la conduite pour les femmes. Début novembre pour la première fois, le conseil consultatif du roi d’Arabie saoudite a recommandé la levée partielle de l’interdiction de conduire pour les femmes sous certaines conditions.

Seules les Saoudiennes de plus de 30 ans et qui ne sont pas maquillées auraient le droit de prendre le volant si l'interdiction est assouplie, selon cette instance, qui se contente d’émettre des recommandations. L’Arabie saoudite reste l'un des rares pays du monde où les femmes n’ont pas le droit de conduire.

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