ÉTATS-UNIS

Ferguson : Obama veut équiper les policiers de caméras embarquées

Des policiers américains dans le Missouri, le 30 novembre 2014.
Des policiers américains dans le Missouri, le 30 novembre 2014. Michael B. Thomas, AFP

La police américaine pourrait être équipée de caméras embarquées. Barack Obama a proposé cette mesure lundi, une semaine après de nouvelles émeutes liées à la mort de Michael Brown, ce jeune Noir tué à Ferguson en août par un policier blanc.

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Le chef de l'État américain Barack Obama a proposé lundi 1er décembre de développer l'utilisation, par les forces de police, de caméras embarquées, une semaine après les émeutes qui ont secoué Ferguson, dans le Missouri, où un jeune Noir est décédé début août sous les balles d'un policier blanc.

Le président des États-Unis, qui a réuni à la Maison Blanche des représentants de la société civile et des forces de l'ordre, a proposé un plan d'investissement de 263 millions de dollars sur trois ans pour l'équipement et la formation de la police. Ce montant inclura un programme de 75 millions de dollars permettant de cofinancer, en partenariat avec les autorités locales, jusqu'à 50 000 caméras embarquées.

Une demande de la société civile

La mort de Michael Brown, jeune Noir tué par un policier blanc le 9 août à Ferguson dans des circonstances controversées, a marqué les esprits. Depuis, de nombreuses voix s'étaient élevées pour réclamer que toutes les polices du pays soient équipées de ces mini-caméras qui peuvent être accrochées au col ou à la chemise de l'uniforme, ou sur des lunettes.

Une pétition en ce sens, postée sur le site de la Maison Blanche. Elle a recueilli plus de 150 000 signatures. L'avocat de Michael Brown, Ben Crump, s'était également prononcé en faveur de leur utilisation.

>> À lire sur France 24 : "Ferguson : démission du policier ayant abattu Michael Brown"

Dans certaines villes des États-Unis, la police est déjà équipée de mini-caméras, comme à Laurel, dans le Maryland. À New York et à Washington, ce dispositif est à l’essai. Dans le programme testé depuis octobre dans la capitale fédérale, les images enregistrées et non utilisées pour des enquêtes doivent être détruites au bout de 90 jours.

Barack Obama a en revanche exclu de réduire les transferts de matériel militaire vers la police, annonçant plutôt un décret pour mieux les encadrer. Lors des premières émeutes à Ferguson, les images de policiers juchés sur des véhicules blindés pour contenir les manifestants avaient ravivé le débat sur une militarisation à outrance de la police américaine.

"Améliorer la confiance entre les communautés et la police"

Appelant le Congrès à travailler avec lui pour s'assurer que les forces de l'ordre disposent "des ressources nécessaires pour financer la formation et les technologies nécessaires qui peuvent améliorer la confiance entre les communautés et la police", Barack Obama a par ailleurs annoncé la création d'un groupe de travail pour améliorer les liens entre forces de l'ordre et communautés locales.

Barack Obama, qui a reçu de jeunes militants des droits civiques, a expliqué avoir été frappé par les témoignages de jeunes gens qui "se sentent marginalisés" et ont le sentiment que la loi ne s'applique pas à tous de la même manière. "Cela ne correspond pas à ce que nous sommes", a-t-il répondu.

>> À lire sur France 24 : La police de Saint-Louis fustige des sportifs après leur geste "Ne tirez pas"

Son ministre de la Justice, Eric Holder, a annoncé plus tard dans la journée, lors d'un discours à Atlanta en Géorgie, qu'il allait présenter de nouvelles lignes directrices concernant le profilage racial par les agents des forces de l'ordre fédérales. Il a assuré qu'il allait "instaurer de nouvelles règles rigoureuses et des garde-fous solides, pour aider à mettre fin au profilage racial, une bonne fois pour toutes".

Avec AFP

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