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Hong Kong : le mouvement s'essouffle mais les étudiants ne lèvent pas le camp

Les rues du quartier Admiralty sont toujours occupées par les étudiants de Hong Kong
Les rues du quartier Admiralty sont toujours occupées par les étudiants de Hong Kong AFP

Les trois initiateurs du mouvement de protestation à Hong Kong contre le gouvernement chinois ont demandé aux manifestants d'évacuer les rues. Ils estiment n'avoir obtenu aucun résultat concret après deux mois d'occupation de plusieurs quartiers.

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Les fondateurs du mouvement de désobéissance civile hongkongais "Occupy Central" ont appelé, mardi 2 décembre, leurs partisans à se retirer du site principal de protestation, près du siège de l'exécutif. Après deux mois de manifestations pour obtenir plus de démocratie et l’instauration d’un véritable suffrage universel, ils ont annoncé devant la presse qu’ils allaient symboliquement se rendre à la police mercredi.

"La reddition n’est pas un signe de lâcheté. Se rendre, ce n’est pas échouer, c’est la dénonciation silencieuse d’un gouvernement sans cœur ", a expliqué Benny Tai, professeur de droit de l'université de Hong Kong, accompagné de Chang Kin-man et Chu Yiu-ming.

"Nous appelons tous les trois les étudiants à battre en retraite, à s’enraciner profondément dans la communauté et transformer", la nature du mouvement a-t-il ajouté. Selon ces trois leaders, la police est "devenue incontrôlable" et il est temps que les manifestants quittent ces "lieux dangereux".

Mais les étudiants leur ont signifié qu'il n'entendaient pas s'arrêter là et que pour eux le mouvement devait continuer. Ils sont d'ailleurs toujours quelques centaines à occuper les rues du quartier Admiralty, tout proche du centre financier de la ville.

Une grève de la faim

L'annonce des leaders du mouvement survient au lendemain de heurts entre policiers et manifestants parmi les plus graves depuis que le mouvement a été lancé en septembre dernier. Le nombre de protestataires s’est considérablement réduit, mais ils occupent toujours deux sites à Hong Kong. Des centaines de tentes de manifestants sont notamment dressées dans les rues du quartier d'Admiralty, près du siège de l'exécutif. La semaine dernière, les autorités avaient évacué un troisième campement, celui de Mongkok, dans la partie continentale de Hong Kong.

Des leaders étudiants, devenus les fers de lance des revendications, ont également entamé une grève de la faim pour faire avancer leur cause auprès du gouvernement resté sourd à leurs appels. "Nous demandons au gouvernement de Hong Kong de reprendre les consultations sur une réforme électorale", a réclamé mardi Joshua Wong, le principal meneur de cette "révolution des parapluies".

Hong Kong connaît là sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à Pékin en 1997. Ses habitants bénéficient de droits inconnus sur le continent, comme la liberté d'expression ou le droit de manifester mais le sentiment que ces libertés sont menacées se répand de plus en plus. Ces étudiants réclament un scrutin authentiquement libre et ouvert en 2017 pour l'élection du chef de l'exécutif et s'opposent à ce que Pékin sélectionne les candidats. 

Avec AFP et Reuters

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