UKRAINE

Annonce d'un accord de cessez-le-feu sur l'aéroport de Donetsk

Une maison de Donetsk portant les stigmates des combats opposant l'armée ukrainienne aux séparatistes pro-russes.
Une maison de Donetsk portant les stigmates des combats opposant l'armée ukrainienne aux séparatistes pro-russes. Alexander Khudotelpy, AFP

Au lendemain de l'annonce d'un cessez-le-feu à Lougansk, un accord portant sur une trêve à l'aéroport de Donetsk, que l'armée ukrainienne et les insurgés pro-russes se disputent depuis des mois, a été trouvé, indique le camp séparatiste.

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Un accord portant sur un cessez-le-feu à l’aéroport de Donetsk a été trouvé, mardi 2 décembre, entre Kiev et les séparatistes pro-russes de cette région de l’est de l’Ukraine, ont indiqué ces derniers. Le général ukrainien Volodymyr Askarov, le général russe Alexandre Lentsov et des représentants de la république autoproclamée de Donetsk étaient réunis depuis mardi matin afin de discuter d'un cessez-le-feu dans les points chauds de cette région.

Lundi déjà, les deux généraux avaient jeté les bases d'un accord sur un arrêt des combats à l'aéroport de Donetsk, que forces ukrainiennes et séparatistes prorusses se disputent depuis des mois. "Les Ukrainiens ont dû se dire qu’il ne sert plus à rien de vouloir récupérer l’aéroport qui, de toute façon, n’est plus un aéroport", commente Gulliver Cragg, correspondant de France 24 à Donetsk.

Ce mardi pourtant, les combats se poursuivaient aux alentours de l'édifice. L'armée ukrainienne a dénoncé 52 attaques contre ses positions au cours des dernières 24 heures. Deux civils et deux militaires ukrainiens ont été tués. "Les Ukrainiens disaient qu’ils avaient cessé les combats, mais ce n’était pas vrai. Ils répliquaient en touchant parfois des quartiers résidentiels", rapporte Gulliver Cragg. Les séparatistes ont dit que ces quatre derniers jours avaient été les plus intenses depuis mai." 

"On ne sait plus quelle est la stratégie des uns et des autres"

Ces négociations destinées à l’origine à mettre fin aux combats qui ont fait plus de 4 300 morts interviennent au moment où le Parlement ukrainien, largement dominé par les pro-occidentaux, a approuvé le nouveau gouvernement. Le chef de la diplomatie, Pavlo Klimkine, qui a été reconduit dans ses fonctions, participe à Bruxelles à une réunion de l’Otan en vue d’une éventuelle adhésion. Une perspective qui crispe Moscou. 

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La Russie, qui participe en tant que "médiateur" aux pourparlers politiques et militaires, est pourtant accusée par Kiev et les Occidentaux d'armer la rébellion et d'avoir déployé des troupes dans l'est de l'Ukraine. "Il semble qu’il y ait des équipements russes qui arrivent encore à Donetsk, indique Gulliver Cragg. On a vu des véhicules de transports militaires tout neuf dans la ville, mais on ignore ce qu’ils transportaient. Cela prouve en tous cas qu’en dépit de ce qu’assure Moscou, il existe toujours un soutien russe aux séparatistes."

Après des mois d’un conflit qui s’enlise chaque jour un peu plus, cette trêve pourrait permettre aux belligérants de redéfinir leurs priorités. "On ne sait plus quelle est la stratégie des uns et des autres, constate Gulliver Cragg. Il y a deux mois, des séparatistes et des Ukrainiens avaient convenu d’une trêve de quelques heures. Cela a été respecté jusqu’à ce qu’on ne sait qui se mette à tirer sur les deux camps. Il existe des divisions au sein même des groupes séparatistes qui brouillent la donne."

Lougansk : trêve ou pas trêve ?

Lundi, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) avait annoncé que Kiev et les séparatistes de la région de Lougansk avaient également conclu un cessez-le-feu à partir du 5 décembre. L’information a été confirmée par le chef de la république séparatiste, Igor Plotnitski, mais pas par l’armée ukrainienne.

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Selon l’OSCE, une réunion organisée le 29 novembre à Lougansk, entre les deux généraux et des représentants de la république autoproclamée de Lougansk auraient abouti au "principe d'un cessez-le feu total le long de la ligne de front à partir du 5 décembre". Interrogé par l’AFP, un porte-parole militaire a indiqué n’avoir aucune information allant dans ce sens. "Les tirs se poursuivent" dans la région, a-t-il même rapporté.

Avec AFP

 

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