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Vote sur la Palestine : "L'Europe ne veut plus laisser la situation pourrir"

L'Assemblée nationale va adopter mardi, sans le soutien de l'opposition, la résolution socialiste sur la reconnaissance de l'Etat palestinien.
L'Assemblée nationale va adopter mardi, sans le soutien de l'opposition, la résolution socialiste sur la reconnaissance de l'Etat palestinien. Patrick Kovarik, AFP

Les députés français votent mardi une résolution incitant le gouvernement à reconnaître la Palestine indépendante. Un vote qui traduit un agacement croissant des dirigeants européens face à l’échec des négociations de paix depuis 1993.

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C’est un vote hautement symbolique. Mardi 2 décembre, les députés français doivent se prononcer sur une résolution du groupe socialiste visant à reconnaître l’État de Palestine. Nullement contraignant pour l’exécutif français, ce vote n’aura, officiellement, aucune incidence sur la position officielle de Paris. Il n’en reste pas moins un scrutin particulièrement sensible témoignant de l’agacement croissant des dirigeants européens face à l’impasse des négociations de paix depuis les accords d’Oslo.

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En votant aujourd’hui, la France s'inscrit dans une dynamique européenne en faveur d’une reprise des discussions, explique Béligh Nabli, spécialiste de la question palestinienne et directeur de recherches à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS). "La Suède a été le premier pays européen à reconnaître la Palestine comme État indépendant [fin octobre]. D’autres parlements, espagnol, britannique, irlandais, ont également pris l’initiative de voter un texte pour demander la reconnaissance de la Palestine", explique-t-il. "Tout ceci s’inscrit dans une stratégie diplomatique internationale".

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"Sortir de ce cycle infernal"

Un avis partagé par Jean-Paul Challognaud, professeur à l’université de Cergy-Pontoise et spécialiste de la question palestinienne. "On tente aujourd’hui de passer par un processus de paix encadré par l’international. L’Europe paraît plus ou moins agacée par le statu-quo palestinien qui, tel qu’il existe, est jugé intenable et dangereux", explique-t-il. "Regardez les événements depuis le mois de juillet [opération Bordure protectrice, regain de tension à Jérusalem….] La France comme les dirigeants européens ne veulent plus laisser la situation pourrir. Ils veulent sortir de ce cycle infernal."

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Et pour cela, mettre à l’épreuve leurs relations diplomatiques avec Israël ? "Ce texte ne va pas beaucoup changer les rapports entre la France et l’État hébreu, mais il devrait les affecter", reconnaît Béligh Nabli. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a déjà dénoncé une "erreur" des députés français, comme il avait critiqué la "reconnaissance prématurée" de la Palestine par les députés britanniques. Il avait également rappelé son ambassadeur de Stockholm pour consultations après le vote "malheureux" de la Suède.

"La réaction d’Israël est toujours la même mais le pays refuse toute forme de compromis politique et le gouvernement israélien est convaincu, à tort, qu’il a la logique de la force pour lui, et qu’il aura donc toujours le dernier mot", ajoute Jean-Paul Challognaud. Aujourd’hui, le ton change et les dirigeants européens semblent décidés à faire évoluer les choses après 20 ans d’échec de négociations, d’exaspération des Palestiniens et d’intransigeance de l’État hébreu sur le dossier.

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