FRANCE

Affaire Zeitouni : cinq ans de prison ferme pour le chauffard Eric Robic

Eric Robic et Claude Khayat lors de l'audience, jeudi 27 novembre, à Paris.
Eric Robic et Claude Khayat lors de l'audience, jeudi 27 novembre, à Paris. Benoît Peyrucq, AFP

Le conducteur de la voiture qui a renversé et tué l'Israélienne Lee Zeitouni, en 2011, a été condamné mercredi à cinq ans de prison. Un jugement qui met un terme à une affaire surmédiatisée, au grand dam de la défense du principal accusé.

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au Palais de justice de Paris

Dans l’affaire Lee Zeitouni, du nom de la jeune israélienne tuée par un véhicule lancé à toute allure dans Tel-Aviv en 2011, le verdict a été rendu, mercredi 3 décembre à Paris. Le conducteur de la voiture, Eric Robic, reconnu coupable d’homicide involontaire aggravé, a été condamné à cinq ans de prison ferme. Le passager du véhicule, Claude Khayat, écope, lui, de 15 mois de prison ferme sans mandat de dépôt [cela signifie qu'il n'a pas été incarcéré à l'issue de l'audience et pourra éventuellement bénéficier d'un aménagement de peine, NDLR], pour non-assistance à personne en péril. Les proches de Lee Zeitouni, venus d’Israël pour le procès, ont quitté le Palais de justice de Paris en sanglots.

L’affaire, qui a "défrayé la chronique judiciaire" selon les termes de l’avocat de la partie civile, Me Gilles-William Goldnadel, s’est donc achevée sous les lambris majestueux de la première chambre du tribunal correctionnel de Paris, qui abritait pour l’occasion la 10e chambre. Un lieu chargé d’histoire puisque que c’est dans cette salle que s’est tenu l’historique procès de Marie-Antoinette. Mercredi, à l’endroit où se tenait jadis la reine envoyée à l’échafaud, comparaissaient deux hommes impliqués dans un "banal" accident de la route.

Folie médiatique

Me Françoise Cotta, l’avocate d’Eric Robic, a regretté une surmédiatisation d’une affaire aux allures de "magnifique stratégie de communication". Durant un an, la partie civile, via des manifestations et des soutiens publics – dont ceux de Carla Bruni et de Nicolas Sarkozy -, avait tenté, en vain, de ramener les deux hommes en Israël afin qu'ils y soient jugés. La Knesset, le Parlement israélien, avait pris part à ce combat juridique. Une plainte a finalement été déposée en France, en septembre 2012.

Me Cotta assure ne pas comprendre l’engouement des journalistes pour cette affaire, certes internationale, parlant de 200 organes de presse ayant couvert l’évènement. Mais elle émet néanmoins une hypothèse sur les raisons de cette folie médiatique. "Tout ce public, tous ces journalistes, se trouvent bien courageux lorsqu’il s’agit de juger des lâches", assène-t-elle.

"Manichéisme"

L’avocat de Claude Khayat, Me Régis Méliodon, dont la mâchoire a été luxée après un coup reçu lors de la première audience une semaine auparavant, se sent, lui, comme au Colisée. "Je suis choqué par cette justice d’exception. J’ai honte de la façon dont a été traité ce dossier", lance-t-il lors de sa plaidoirie, décrivant un climat nauséeux. "C'est la justice des moches".

Sa remarque cinglante est directement adressée au procureur, lequel a accentué la beauté de Lee Zeitouni, dont les yeux bleus avaient subjugué un témoin de l’accident, quelques secondes avant le drame. La beauté et l’hygiène de vie de la jeune femme, dont la carrière professionnelle et l'avenir sentimental étaient "tout tracés", tranchent avec la vie de débauche d’Eric Robic.

"Avec Robic, on est poussé à la caricature, au manichéisme", avoue Me Goldnadel.

Silencieux, tête baissée, Eric Robic a écouté l’accablante plaidoirie de la partie civile. Dépeint comme lâche et sans honneur ni remord, l‘homme est également décrit par le procureur comme un triste personnage individualiste dont l’orgueil, incarné par sa grosse voiture au moment de l’accident, "dénote une absence de sens moral".

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