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Culture

La frite belge veut casser la baraque auprès de l'Unesco

© Kris Van Exel, Belga/AFP | L'humoriste belge Herr Seele lors d'un concours de frites en 2006 à Anvers.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 03/12/2014

Dans un rare esprit de communion, les autorités néerlandophones, francophones et germanophones de Belgique entendent faire inscrire la frite belge au patrimoine de l’Unesco. Une initiative à laquelle le nord de la France se verrait bien associé...

On pensait la Belgique divisée, écartelée, déchirée entre ses communautés linguistiques. C’était compter sans la frite, trésor national et nouveau ciment du "plat pays". Voilà plusieurs jours, les instances politiques francophones et germanophones du royaume ont fait savoir qu’elles s’associaient aux efforts déployés par les autorités flamandes pour faire inscrire au patrimoine culturel de l'humanité de l’Unesco la fameuse pomme-de-terre cuite dans l’huile de friture (ou la graisse de bœuf pour les puristes).

La communauté Wallonie-Bruxelles, qui représente les quelque 4,5 millions de francophones ainsi que les 70 000 personnes constituant la communauté germanophone de l'est du pays, s'apprête donc à inscrire leur plat d’élection à la liste de son "patrimoine immatériel". Une démarche que la Flandre, région néerlandophone du nord du pays où vivent quelque 6 des 11 millions de Belges, a entreprise il y a déjà un an.

En ces jours décrétés "Semaine de la frite" en Belgique, un site internet spécialement dédié à cette initiative invite les Belges à signer une pétition. L’enjeu est de taille puisque le cornet rejoindrait alors les gastronomies française et mexicaine parmi les spécialités culinaires classées par l'Unesco.

De l’autre côté de la frontière, les ambitions belges font toutefois des jaloux. En France, on milite pour que la région Nord, où les baraques à frites font florès, soit associée au projet. Notamment dans les colonnes de "La Voix du Nord" qui, le 29 novembre, barrait sa une d’un amusant "L’union fait la frite", en référence à la devise belge "L’union fait la force". Pas bégueule, le ministre wallon de l’Agriculture, René Collin, s’y disait prêt à inclure la région française dans la demande d’inscription auprès de l’Unesco. "Le Nord et la Belgique sont très proches. Au-delà de la frite, nous avons un point commun : la bonne humeur", assurait-il. Et de reprendre : "La frite belge est la meilleure du monde. Mais cela n'empêche pas nos amis du Nord de revendiquer avec nous ce rassemblement populaire autour du symbole de notre gastronomie."

La frite est-elle française ou belge ?

La contribution d’une contrée française à ce que la Belgique considèrerait presque comme une cause nationale risque de relancer le sempiternel débat sur la paternité du plat. Le sujet sensible qui agite la communauté des gastronomes : la frite est-elle française ou belge ?

>> À voir dans la Revue de presse de France 24 : "Vive la frite !"

Les Américains ont depuis longtemps tranché la question puisque ce sont des "French Fries" ("frites françaises") et non des "Belgian Fries" ("frites belges") que l’on sert dans leurs restaurants. Dans les milieux universitaires franco-belges, en revanche, deux thèses s’affrontent. La première selon laquelle la frite a vu le jour dans le Paris post-1789, sur le Pont-Neuf plus précisément, où des marchands ambulants "proposaient de la friture, des marrons chauds et des tranches de patate rissolées", comme le raconte l’historienne Madeleine Ferrières dans "Le Point". La seconde théorie voudrait que la frite ait été inventée par des pêcheurs de Namur qui, en période de gel, faisaient frire des pommes-de-terre à la place des poissons.

Peu importent ses origines finalement, ce qui fait qu’une frite est belge ou française, c’est sa manière de la consommer. En France, elle sert le plus souvent d’accompagnement à une viande et est dégusté à la fourchette. Un sacrilège pour les Belges qui préfèrent les manger à la main seules dans un cornet. En clair, comme le fanfaronne le cuisiner belge Albert Verdeyen dans "Le Point" : "Nous, les Belges, avons fait de la frite un produit noble, pas un simple légume".
 

Première publication : 03/12/2014

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