FRANCE

Laïcité : une crèche de Noël retirée du hall du conseil général de Vendée

Une crèche de Noël à Luceram (Alpes Maritimes), le 20 décembre 2010.
Une crèche de Noël à Luceram (Alpes Maritimes), le 20 décembre 2010. Sebastien Nogier, AFP

La crèche de Noël installée dans le hall du conseil général de Vendée a été retirée après une décision du tribunal administratif de Nantes, qui se base sur le principe de laïcité. Le conseil général va faire appel.

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Une crèche de Noël, installée dans le hall du conseil général de la Vendée à La Roche-sur-Yon, a dû être retirée après une décision du tribunal administratif de Nantes, au nom du principe de séparation de l'Église et de l'État, a-t-on appris mardi 2 décembre.

"Il s'agit d'une crèche de la nativité, donc c'est un emblème religieux, d'une religion particulière", a expliqué Jean Regourd, le président de la fédération de la Libre pensée de Vendée, qui a déposé le recours auprès du tribunal.

"A priori, [la crèche de Nöel] ne respecte pas ce que doit être la neutralité des bâtiments publics, de l'État donc, et ne respecte pas la liberté de conscience d'un citoyen qui, rentrant au conseil général, se voit quasiment imposer un emblème religieux et caractérisé comme tel", a estimé Jean Regourd.

Son mouvement, la Libre pensée, défend "le principe constitutionnel de laïcité et la séparation des Églises et de l’État, garantie notamment par la loi du 9 décembre 1905", en utilisant notamment les voies du recours devant les juridictions compétentes lorsque ses membres constatent des entorses à la laïcité.

Ainsi la fédération de la Libre pensée de Vendée avait déjà saisi le tribunal administratif de Nantes en 2012, après avoir constaté la présence d'une crèche en décembre 2010, à l’occasion d'une visite aux archives au siège du département. Elle avait envoyé plusieurs courriers restés sans réponse au conseil général pour demander le retrait de cette crèche, au nom de la loi de 1905 et du principe de laïcité.

La loi de 1905 "interdit (...) d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires ainsi que des musées ou expositions", a rappelé Jean Regourd.

Philippe de Villiers à l’origine de cette coutume

De son côté, le conseil général de la Vendée, présidé par l’UMP Bruno Retailleau, a déclaré vouloir faire appel de la décision du tribunal administratif.

Réagissant dans un communiqué, le conseil général a estimé que "le respect de la laïcité n'est pas (...) l'abandon de toutes nos traditions et la coupure avec nos racines culturelles". "Faudrait-il interdire les étoiles dans les guirlandes de Noël qui décorent nos rues en ce moment, sous prétexte qu'il s'agit d'un symbole religieux indigne d'un espace public ?", demande-t-il dans son communiqué.

C’est Philippe de Villiers, ancien président de ce conseil pendant 22 ans, qui y avait instauré la coutume de crèche de Noël au conseil général. Cité par "Ouest France", le fondateur du Mouvement pour la France (MPF), qui s’est retiré de la vie politique, a violemment critiqué le jugement du tribunal administratif de Nantes.

Il a appelé "les élus du département à ne pas appliquer cette décision inique". "La France est une vieille terre chrétienne. La crèche fait partie de son patrimoine, par-delà les croyances et les sensibilités", s’est-il indigné dans "Ouest France", jugeant que cette affaire relevait d’un "laïcisme totalitaire".

Un autre cas de crèche dans des locaux publiques pourrait poser problème en France. Dans le département de l’Hérault, la fédération de la Libre pensée s’est adressée au préfet pour demander le retrait d’une crèche dans la mairie de Béziers. Celle-ci avait été inaugurée par le maire Robert Ménard, élu en mars grâce au soutien du Front national.

Avec AFP

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