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Bhopal : trente ans après, la catastrophe continue de faire des victimes en Inde

morer laÀ Bangalore, des manifestants font une veillée pour commé catastrophe de Bhopal, le 2 décembre 2014.
morer laÀ Bangalore, des manifestants font une veillée pour commé catastrophe de Bhopal, le 2 décembre 2014. Manjunath Kiran, AFP

Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, l'explosion d'une usine de produits chimiques à Bhopal en Inde, provoquait la mort de milliers de personnes. Trente ans plus tard, le site de l’usine reste contaminé et des manifestants réclament justice.

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Trente ans après la catastrophe industrielle de Bhopal, en Inde, l’émotion et la colère restent vives. Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, quelque 40 tonnes de substances toxiques s'échappaient de l'usine de pesticides du groupe américain Union Carbide, asphyxiant la ville de Bhopal.

Un premier bilan officiel, établi quelques mois après l'accident, fait état de 3 828 morts, un chiffre relevé à 7 575 en 1995. Les associations de victimes évoquent, elles, entre 20 000 et 25 000 personnes décédées dans les années qui ont suivi, sans compter les centaines de milliers de personnes durablement intoxiquées par le nuage.

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Aujourd'hui, le site reste hautement contaminé. Pendant des années, les survivants ont lutté pour qu'il soit dépollué, mais leurs efforts ont été réduits à néant par le démantèlement d'Union Carbide, rachetée en partie par la multinationale américaine Dow Chemical en 2001.

Trente ans après, la catastrophe continue de faire des victimes. Ceux qui ont été exposés aux gaz toxiques ont donné naissance à des enfants, souvent handicapés. Leur nombre reste impossible à établir mais après 1984, dans les rues proches du site abandonné, beaucoup d'enfants sont morts prématurément, ou souffrent de graves problèmes de santé.

Manifestations pour réclamer justice

Le gouvernement n'a jamais établi de liens entre ces phénomènes sanitaires et la catastrophe, une décision qui aurait pourtant d'importantes retombées pour les victimes, jusqu'à présent pas ou peu indemnisées. Cette année, mardi 2 décembre, des manifestations ont été organisées à Bhopal et à Bangalore pour que justice soit faite.

À Bhopal, les manifestants ont brûlé des effigies représentant Dow Chemicals et brandi des pancartes demandant que la compagnie assume "les conséquences du désastre toujours en cours à Bhopal". Certains ont déployé des photos de leurs proches décédés lors de cette nuit tragique.

Eau empoisonnée

Le numéro un d'Amnesty International, qui se bat pour le versement d'indemnisations aux victimes, estime qu'il existe des preuves de l'empoisonnement de l’eau de Bhopal. "Il y a de multiples études sur des années [...] Il est très clair que l'eau a été contaminée", a-t-il expliqué à l'occasion des cérémonies commémorant les 30 ans de la tragédie, précisant que l'empoisonnement des sols et de l'eau avait même commencé avant l'accident.

"Nous faisons face à des problèmes de santé sur plusieurs générations", a-t-il ajouté. Une étude publiée il y a 10 ans dans le "Journal of American Medical Association" a établi que les garçons nés de familles exposées au gaz toxique étaient en moyenne 3,9 centimètres plus petits que ceux nés ailleurs dans Bhopal.

Lait maternel contaminé

Pour Rasheda Bee, associée du Chingari Trust, une clinique créée pour traiter les problèmes de santé des survivants de Bhopal, la plupart des malformations proviennent de "l'eau empoisonnée qui a été bue".

Elle a participé à des tests de lait maternel sur 20 mères, dont la moitié habite aux alentours de l'usine et l'autre dans la partie opposée de la ville. "Pour les femmes habitant loin du site, les chiffres étaient normaux tandis les neuf dixièmes des femmes vivant près de l'usine présentaient de hauts niveaux de mercure dans leur lait", raconte-t-elle. Le mercure, métal toxique et extrêmement polluant, freine le développement du fœtus.

Avec AFP

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