HOCKEY

Le Canada pleure Jean Béliveau, la légende du hockey

Jean Béliveau au Centre Bell de Montréal en septembre 2010
Jean Béliveau au Centre Bell de Montréal en septembre 2010 Bruce Bennett, AFP

L'un des plus grands joueurs de l'histoire du hockey, le Canadien Jean Béliveau, est mort mardi soir à l'âge de 83 ans. Au Québec, sa province natale, les réactions sont nombreuses pour saluer cet immense champion qui dépasse le cadre du sport.

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Les drapeaux de Montréal sont en berne. "Nous sommes tous en deuil", a déclaré le maire de la ville Denis Coderre après le décès de l'ancien joueur de hockey Jean Béliveau. Âgé de 83 ans, le sportif est mort mardi 2 décembre, emporté par une pneumonie. Au lendemain de sa disparition, c’est tout le Canada qui se réveille avec tristesse et plus particulièrement le Québec, où il est né en 1931. Joueur emblématique de l’équipe des Canadiens de Montréal (CH) dans les années 50 et 60, Jean Béliveau a marqué profondément l’histoire du hockey.

"Comme les millions d’amateurs de hockey qui ont suivi la vie et la carrière de ce grand homme, le Club de hockey Canadien pleure aujourd’hui le départ d’un homme dont la contribution au développement de notre sport et de notre société a été immense", a ainsi réagi son ancienne formation dans un communiqué. "M. Béliveau était un grand leader, un gentilhomme sans pareil et sans contredit le plus grand ambassadeur que le hockey ait connu”.

L'hommage des Canadiens de Montréal à Jean Béliveau

Dix Coupes Stanley

Surnommé le "Gros Bill", en raison de sa grande taille (1,92 m), il s’est constitué sur la glace un palmarès des plus impressionnants. Comme le rappelle le site de Radio-Canada, Jean Béliveau a inscrit "507 buts et 712 passes en 1125 matchs" et remporté "dix Coupes Stanley" en tant que joueur, puis sept en tant que dirigeant des Canadiens de Montréal.

Il a bien entendu rejoint le Temple de la Renommée du hockey, où figurent les plus grands joueurs de l’histoire, dont son ancien coéquipier Maurice Richard, l'autre gloire du Québec. Un honneur qui lui a été rendu seulement un an après sa retraite en 1972, contre trois ans normalement selon le règlement.

Après sa carrière sportive, l’ancien numéro 4 du CH est resté une figure importante de la vie civile. "Gentilhomme fort respecté, l'élégance incarnée tant sur patins qu'en veston-cravate, M. Béliveau a consacré beaucoup de son temps aux œuvres caritatives", rappelle le journal "La Presse". Très populaire, Jean Béliveau a aussi été tout naturellement approché par les politiques. Au début des années 90, il avait décliné un poste de sénateur. En 1994, le Premier ministre canadien Jean Chrétien lui avait également proposé le poste de gouverneur général du Canada, mais le joueur de hockey avait finalement refusé, en raison du décès de son gendre. Il avait ensuite reçu la plus haute distinction de son pays : le titre de Compagnon de l’ordre du Canada en 1998.

"Un homme respecté et aimé de tous"

Le Premier ministre du Canada a aussi réagi après ce décès

Sur les réseaux sociaux, les plus grandes personnalités du pays n’ont pas manqué de lui rendre hommage. Le Premier ministre canadien Stephen Harper a déclaré sur son compte Twitter qu’il éprouvait de la tristesse : "Il était une véritable légende, un Grand". Le chef du gouvernement québécois Philippe Couillard a évoqué de son côté "un homme respecté et aimé de tous".

Les hockeyeurs de la nouvelle génération ont aussi tenu à exprimer leur attachement à l’une de leurs idoles. "Honoré d’avoir porté les mêmes couleurs que lui", a expliqué le joueur des Canadiens Brandon Prust. "J’ai rencontré Jean Béliveau quand j’avais 10 ans et c’est à ce moment là que j’ai su que je voulais jouer pour le CH", a également déclaré son coéquipier P.K Subban.

Dans les journaux Québécois, les hommages rendus à Jean Béliveau sont également unanimes. "On retiendra de lui qu’il était la classe incarnée, un gentilhomme au sens le plus noble du terme, et aussi l’un des meilleurs joueurs de hockey de sa génération", peut-on lire sur le site du quotidien "Le Devoir". "Il était plus grand que nature. Quand il entrait dans une pièce, tous les regards se tournaient vers lui. Aujourd’hui, c’est tout le Québec qui l’a bien connu qui lui dit merci. Merci pour les grands moments sur la patinoire, monsieur Béliveau, Merci pour votre bonté envers le public. Vous aurez été le prince du hockey", souligne pour sa part avec émotion Marc de Foy, chroniqueur dans les pages du "Journal de Montréal".

Toujours cité en exemple, Jean Béliveau sera resté modeste jusqu’au bout malgré cet incroyable parcours. Dans son autobiographie publiée il y a une vingtaine d’années, il avait évoqué pudiquement sa mort : "Une fois que je serais mort, si les gens veulent parler de moi, j’aimerais qu’ils disent que j’étais un homme d’équipe. Pour moi, il n’y a pas de plus beau compliment".

La vidéo hommage de la NHL (en anglais)

 

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