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ROYAUME-UNI

Londres se décide à rembourser ses dettes de la Première Guerre mondiale

Le Royaume-Uni va rembourser une dette de près de 2,5 milliards d'euros qui traine depuis 1917.
Le Royaume-Uni va rembourser une dette de près de 2,5 milliards d'euros qui traine depuis 1917. Justin Tallis, AFP

David Cameron a annoncé, mercredi, que le Royaume-Uni allait rembourser 2,42 milliards d’euros en mars 2015. Un montant qui correspond à ce que l’État avait emprunté aux Britanniques en 1917 pour financer son effort de guerre.

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Il y a mille et une manières de commémorer le centenaire de la Première Guerre mondiale. Le Premier ministre britannique David Cameron vient d’en trouver une nouvelle, plutôt originale : rembourser la dette britannique contractée en 1917 auprès de la population.

Le gouvernement de sa très gracieuse - mais endettée - Majesté doit, en effet, la bagatelle de 1,9 milliard de livres sterling (2,42 milliards d’euros) depuis la “Der de Der”. David Cameron a assuré, mecredi 3 décembre, que la Grande-Bretagne pouvait, aujourd'hui "être fière, car nous pouvons rembourser la dette contractée pour financer notre effort de guerre. C’est un signe de notre crédibilité fiscale et c’est une bonne affaire pour cette génération de contribuable."

Londres épurera ce vieux passif le 9 mars 2015. Un cadeau de Noël en retard pour tous ceux, ou leur famille, qui avaient souscrit aux “bons de guerre” que le Royaume-Uni avait proposé à la population pendant la Grande Guerre. À l’époque, le slogan du gouvernement britannique était “si vous ne pouvez pas vous battre, vous pouvez aider en investissant dans les bons du Trésor… À l’inverse des soldats, les investisseurs ne risquent rien !”. Deux fonds britanniques de gestion d’actifs, Fidelity et Threadneedle, détiennent 3,5 % de cette dette et plus de 120 000 particuliers (ou leurs descendants) possèdent le reste des titres.

Bonne affaire financière

Mais l’histoire est, en fait, un peu plus compliquée. Londres ne solde pas vraiment son ardoise de 1917... mais celle de 1932. Le ministre de l’Économie de l’époque, Neville Chamberlain, avait transformé les “bons de guerre” de la Première Guerre mondiale en nouveaux titres, sur lesquels l’État paie moins d’intérêt. Depuis 1932, le Royaume-Uni a, tout de même, versé environ 5,5 milliards de livres (7 milliards d’euros) d'intérêts sur cette dette.

David Cameron ne dit pas non plus toute la vérité en affirmant que le Royaume-Uni se déleste enfin de cette dette centenaire. L’État fait, plutôt, une bonne affaire financière en transformant ces titres en nouvelle dette. C’est un peu comme ce qui s’était passé en 1932, souligne le site du magazine américain “Forbes”. Le gouvernement va rembourser tous ces créanciers qui patientent depuis la fin de la Grande guerre en empruntant 1,9 milliard de livres sur les marchés à un taux d’intérêt historiquement bas. Les investisseurs estiment, en effet, que les obligations britanniques sont beaucoup plus sûres que ceux d’autres pays européens. Ce tour de passe-passe financier doit permettre d’économiser 15 millions de livres par an (19 millions d’euros).

Le Royaume-Uni peut, d’ailleurs, trouver d’autres sources d’économie du même ordre, puisqu'il traine des dettes qui remontent même à la crise financière de 1720. L’État détient, en effet, des dettes contractées à l’époque de la faillite de la Compagnie des mers du sud, d’autres qui datent de la guerre de Crimée contre Napoléon (1853-1856) et aussi de la Grande Famine en Irlande (1845 à 1852). En tout, le Royaume-Uni doit encore 435 millions de livres (554 millions d’euros), comme le rappelle le quotidien “The Guardian”.

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