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FRANCE

Valls dénonce "l'horreur de Créteil" après une violente agression antisémite

Manuel Valls photographié à Créteil lors d'une cérémonie concernant le Grand Paris, le 13 octobre 2014.
Manuel Valls photographié à Créteil lors d'une cérémonie concernant le Grand Paris, le 13 octobre 2014. EricFeferberg, AFP
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Vidéo par : FRANCE 2
5 mn

Le Premier ministre Manuel Valls a dénoncé jeudi "l'horreur de Créteil" après l’arrestation de trois cambrioleurs accusés d’avoir violemment agressé un couple et une personne âgée ciblés en raison de préjugés antisémites.

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L’affaire rappelle immanquablement la sinistre histoire du "gang des barbares". Partant du préjugé antisémite que tous les juifs ont de l’argent, trois jeunes hommes ont séquestré un couple lundi à Créteil, cambriolé leur appartement et violé la jeune femme.

Deux des malfaiteurs et un complice présumés ont été arrêtés. Les cambrioleurs sont également soupçonnés d'avoir "roué de coups" début novembre un septuagénaire de confession juive dans la même ville du Val-de-Marne en raison de sa religion, a annoncé mercredi le parquet de Créteil.

Cette violente agression a fait réagir la classe politique française, qui s’inquiète de la recrudescence des actes antisémites depuis 2013. Le Premier ministre Manuel Valls a ainsi réagi sur son compte Twitter, jeudi 4 décembre, en dénonçant "l'horreur de Créteil" et en appelant à la lutte contre l’antisémitisme, "un combat de tous les jours".

"De toute façon, les juifs, vous avez de l'argent"

Les trois hommes arrêtés ont été déférés mercredi devant la justice et une information judiciaire a été ouverte pour ces deux agressions, notamment pour violences "en raison de l'appartenance religieuse de la victime".

Les faits remontent à lundi midi. Dans l'appartement familial, dans une résidence tranquille du quartier du Port, près du lac de Créteil, se trouvent, seuls, un fils des locataires, 21 ans, et sa compagne de 19 ans.

"La copine de mon frère a entendu sonner à la porte et a cru reconnaître quelqu'un à travers l'oeillet. Elle a ouvert la porte, et c'est là qu'il a mis la cagoule", a raconté à l'AFP le frère cadet de la victime.

Trois hommes cagoulés et gantés font irruption, mettent en joue les jeunes gens avec un pistolet automatique et un fusil à canon scié, selon des sources policières, et les ligotent dans le salon.

"On ne vient pas ici par hasard, on sait que ton petit frère est le gérant d'une grande chaîne de vêtements. On sait qu'il a la caisse", a dit un agresseur, selon la victime interrogée par BFMTV. Le jeune homme ajoute avoir entendu: "De toute façon, les juifs, vous avez de l'argent".

Les actions antisémites en hausse de 126 %

Pendant près d'une heure, le couple est séquestré en attendant qu'un agresseur retire de l'argent avec les cartes bleues extorquées. Les malfaiteurs dérobent également des bijoux. La jeune fille est allongée de force et violée, selon les premiers éléments de l'enquête.

La police repère dès lundi après-midi les trois hommes dans une commune limitrophe. Deux, âgés de 19 et 20 ans, sont interpellés, en possession des bijoux volés, puis "formellement reconnus" par les victimes selon une source judiciaire. Le troisième est toujours en fuite, mais un complice présumé a aussi été arrêté, a expliqué le parquet.

La famille, dont le père porte la kippa, était "visible en tant que juifs" au sein du quartier, a fait remarquer son avocate Séverine Benayoun. "L'un des agresseurs était venu plusieurs jours auparavant demander du sucre, sans raison apparente [...] Une main courante contre X avait alors été déposée."

Selon le parquet, c'est "le même stratagème" qui a permis de faire le lien entre l'agression de lundi et celle du 10 novembre.

Le nombre d'actes antisémites en France a presque doublé (+ 91 %) lors des sept premiers mois de l'année par rapport à la même période de 2013, selon le Service de protection de la communauté juive (SPCJ). La progression de 126 % des actions (violences, attentats ou tentatives d'attentats, incendies, dégradations et vandalisme) est supérieure à celle des menaces (propos, gestes, tracts, courriers, inscriptions...), de 79 %.

Plan d’urgence contre l’antisémitisme

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a dénoncé une "agression antisémite sauvage" et demandé un "plan spécifique d'urgence" face à cette recrudescence.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui a considéré comme "avéré" le "caractère antisémite" de l'agression, a rappelé la "détermination" gouvernementale" à lutter sans relâche contre toute forme de racisme et d'antisémitisme".

L'avocate de l'un des hommes arrêtés, Me Marie Dosé, s'est étonnée mercredi auprès de l'AFP "que le ministère de l'Intérieur ait regretté une agression antisémite avant même d'avoir le réquisitoire introductif qui retient la qualification antisémite". Elle a "dénoncé une absence de sérénité et un emballement médiatique".

Cette affaire n'est pas sans rappeler celle du "gang des barbares". En 2006, Ilan Halimi, 23 ans, avait été séquestré et torturé trois semaines durant dans une cave d'une cité des Hauts-de-Seine par une bande d'agresseurs dont le chef, Youssouf Fofana, a été condamné depuis à la perpétuité pour l'avoir tué. Ses ravisseurs, emplis de préjugés antisémites, voulaient extorquer de l'argent à sa famille.

Avec AFP

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