YÉMEN

AQPA dément à France 24 "cibler les journalistes" au Yémen

Extrait d'une vidéo de propagande d'AQPA

Dans une vidéo diffusée jeudi, Al-Qaïda dans la péninsule arabique menace de tuer un otage américain présenté comme journaliste. Selon les informations de France 24, l'homme serait d'abord menacé pour des activités présumées d'espionnage.

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Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) a diffusé jeudi 4 décembre sur internet une vidéo montrant un homme présenté comme un journaliste américain retenu en otage, qu'elle menace de tuer si ses revendications ne sont pas satisfaites.

La mise en scène n’est pas sans rappeler celle des vidéos de l’Organisation de État islamique qui a, à cinq reprises, mis à exécution ses menaces contre ses otages occidentaux, dont les journalistes américains James Foley et Steven Sotloff.

La famille nie que Somers puisse être un agent

Or il ne s’agirait pas d’une simple tentative d’émulation de la part de la filiale yéménite d’Al-Qaïda. Selon des informations obtenues par France 24 auprès d’une source proche d’AQPA, l’homme n’aurait pas été kidnappé en raison de sa profession ou de sa nationalité américaine mais parce que le groupe le soupçonne de s’être livré à des activités d’espionnage pour le compte des États-Unis.

L'otage dans la vidéo a été identifié dans la presse comme Luke Somers, un Américain de 33 ans né en Grande-Bretagne, travaillant comme photo-journaliste, en freelance pour le "Yemen Times" notamment. Il aurait été enlevé en septembre 2013 à Sanaa, la capitale du Yémen.

Cette source a également nié qu'AQPA visait les journalistes, qui "sont des cibles faciles", rappelant que plusieurs journalistes, dont Tatiana Massad, journaliste de France 24, des journalistes du "Guardian" et de "Foreign Policy", ont récemment pu se rendre dans des zones sous le contrôle du groupe sans être inquiétés.

De leur côté, la famille et les amis de l'otage américain nient les accusations d'AQPA. France 24 a pu joindre un de ses amis américains rencontré au Yémen début 2012 alors qu'ils habitaient le même hôtel. "Je l'ai connu comme photo-journaliste travaillant pour al Jazeera America, BBC, le New York Times et nombre de médias locaux, témoigne cet ami, qui désire rester anonyme. Avant sa prise d'otage, il a travaillé pour le Comité de dialogue yéménite afin d'améliorer leur site en anglais."

"A ma connaissance, Luke n'a jamais cherché à avoir des relations avec des personnalités officielles ou influentes. Il passait la plupart de son temps avec des gens simples, ajoute-t-il."  

Opération pour libérer des otages d'AQPA

Évoquant dans la vidéo des revendications dont le gouvernement américain aurait connaissance, AQPA ne donne aucun détail quant aux contreparties exigées.

Ces menaces proférées par AQPA seraient plutôt en lien avec l’opération menée la semaine dernière par les forces spéciales américaines et l’armée yéménite pour libérer huit otages détenus dans la province d’Hadramout, une région désertique proche de la frontière saoudienne.

D'après les informations obtenues par France 24, l’assaut visait à libérer Rachid el-Habchi, un haut gradé des renseignements yéménites jouissant de la nationalité américaine et détenu par AQPA depuis mai dernier. Le groupe terroriste a depuis exécuté Rachid el-Habchi et jeté son corps à la rue dans la ville de Qatan mercredi, a appris France 24. L’homme aurait été impliqué dans la collecte de renseignement permettant les frappes de drones américains sur les régions contrôlées par AQPA.

Jeudi 4 décembre, les États-Unis ont reconnu avoir tenté de libérer Luke Somers le mois dernier. Selon Washington, l'Américain ne se trouvait pas à l'endroit où l'assaut a été mené, mais d'autres otages, dont l'identité n'a pas été dévoilée, ont cependant pu être libérés.

 

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