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Ashton Carter, un "intellectuel de la Défense" nommé à la tête du Pentagone

Ashton Carter (à gauche) a été nommé secrétaire à la Défense, vendredi, par Barack Obama.
Ashton Carter (à gauche) a été nommé secrétaire à la Défense, vendredi, par Barack Obama. Capture d'écran France 24

Le nouveau secrétaire américain à la Défense nommé vendredi connaît bien les arcanes du Pentagone. Quatrième à occuper le poste sous la présidence de Barack Obama, il va être confronté à de nombreux défis.

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Après Robert Gates, Leon Panetta et Chuck Hagel, voilà venu Ashton Carter. Ce technocrate de 60 ans, très respecté à Washington, a été nommé vendredi 5 décembre secrétaire à la Défense par Barack Obama à la suite de la démission de Chuck Hagel.

Vendredi, à la Maison Blanche, le président américain a souligné qu’il avait travaillé étroitement avec Ashton Carter au cours de ces dernières années : "Il était à mes côtés pour répondre aux défis complexes auxquels nous étions confrontés, je me suis appuyé sur ses compétences et son jugement."

Barack Obama a également vanté l'engagement d'Ashton Carter pour doter les troupes américaines déployées en Irak et en Afghanistan de véhicules capables de résister aux mines et IED (engins explosifs improvisés). "Il n'est pas exagéré de dire qu'il y a d'innombrables Américains qui sont encore en vie aujourd'hui, en partie à cause des efforts de Ash", a ajouté le président Obama.

De physicien à analyste au Pentagone

Né à Philadelphie en 1954, Ashton Carter a notamment étudié la physique et l’histoire médiévale à Yale et obtenu un doctorat en physique à Oxford. Au cours de ses études, il a développé un fort intérêt pour les questions de défense au point d’abandonner une carrière de physicien. À la différence de son prédécesseur, Chuck Hagel, il n’a jamais porté l’uniforme mais intégré le Pentagone comme analyste civil, travaillant sur la défense anti-missile, l’arsenal nucléaire et des programmes pour assurer la continuité de l’État en cas de guerre nucléaire.

"Il est difficile d'imaginer quelqu'un de mieux préparé pour ce poste", juge Stephen Biddle, professeur à George Washington University, cité par l’AFP. "Il est très respecté à la fois par les civils et par les militaires au sein du Pentagone. C'est un manager d'expérience. Et il est extraordinairement intelligent". "C’est un intellectuel de la défense qui est souvent la personne la plus intelligente dans la salle", écrit le site Politico.

Coupes budgétaires et EI

Évoquant les défis à venir, Barack Obama a mis en avant vendredi la lutte contre les jihadistes de l’organisation de l'État islamique en Irak et en Syrie, mais aussi la fin des missions de combat en Afghanistan à la fin de l'année et la riposte au virus Ebola en Afrique de l'Ouest où des militaires américains ont été déployés. Le président américain a aussi insisté sur d'indispensables efforts budgétaires, soulignant la nécessité de rendre le Pentagone "plus efficace".

En tant que secrétaire adjoint à la Défense – soit numéro 2 du Pentagone –, poste qu’il a occupé d’octobre 2011 à décembre 2013, Ashton Carter a réussi à assumer les coupes budgétaires imposées par l’administration Obama et le Congrès, une problématique qui devrait se poursuivre au moins durant les deux prochaines années.

La crainte d’une "influence limitée" au Pentagone

La nomination d’Ashton Carter doit encore être ratifiée par le Congrès. Cette confirmation ne devrait – a priori – pas poser de problème dans la mesure où plusieurs élus américains de premier plan ont déjà indiqué qu’ils n’y étaient pas opposés. Le sénateur républicain John McCain a jugé vendredi qu’il était "extrêmement compétent, très travailleur et doté d’une solide expérience". Cependant, "j’espère qu’il comprend bien qu’il aura probablement une influence limitée sur le petit cercle qui entoure le président et qui contrôle visiblement tout le processus de décision". Ce fonctionnement avait été ouvertement critiqué par deux des prédécesseurs d’Ashton Carter : Robert Gates et Leon Panetta.

Vendredi, en acceptant sa nomination lors d’une brève cérémonie à la Maison Blanche, Ashton Carter a affiché sa détermination à faire preuve de "franchise" avec le président américain. En privé, il a par le passé exprimé ses doutes sur la stratégie américaine en Irak et en Syrie. Selon le "New York Times", qui cite d'anciens responsables de l'administration américaine, Ashton Carter était notamment partisan des frappes américaines (avortées au dernier moment) contre le régime de Bachar al-Assad en Syrie. Du côté de la Maison Blanche, on laisse entendre qu'il ne maîtrisait pas assez les problèmes du Moyen-Orient.

"Occuper un poste de haut niveau dans l'administration à Washington, c'est un peu comme être un chrétien dans le Colisée", écrivait Ashton Carter dans une courte autobiographie rédigée en 2007 pour l’université d’Harvard. "Vous ne savez jamais quand ils vont lâcher les lions et vous faire dévorer pour le plus grand plaisir du public." L’homme est déjà bien conscient que, par les temps qui courent, secrétaire à Défense est un métier à risque.

Avec AFP et Reuters

 

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