BAHREÏN

La Royal Navy britannique reprend pied dans le Golfe

Le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond et son homologue bahreïni le cheikh Khaled ben Ahmed ben Mohammed al-Khalifa, vendredi.
Le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond et son homologue bahreïni le cheikh Khaled ben Ahmed ben Mohammed al-Khalifa, vendredi. @BahrainCPnews sur Twitter

Pour la première fois depuis plus de 40 ans, le Royaume-Uni ouvrira une base militaire permanente au Moyen-Orient. Un accord signé vendredi à Bahreïn permettra à la Royal Navy de développer ses installations dans le pays.

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Le Royaume-Uni a signé, vendredi 5 décembre, un accord avec le gouvernement de Bahreïn en vue de créer une base navale permanente dans ce pays du golfe Persique. Ce texte vise à renforcer la coopération dans la lutte contre les menaces sécuritaires présentes au Moyen-Orient, ont indiqué le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond et son homologue bahreïni le cheikh Khaled ben Ahmed ben Mohammed al-Khalifa.

Concrètement, les installations britanniques existantes dans le port de Mina Salman à Bahreïn, où le Royaume-Uni dispose de quatre bateaux démineurs, seront renforcées pour un montant total de 15 millions de livres (19 millions d’euros), a précisé le ministère britannique des Affaires étrangères. "Cette nouvelle base accroît de manière permanente la présence de la Royal Navy et permettra au Royaume-Uni d'envoyer davantage de bateaux, et de plus grande taille, afin de renforcer la stabilité dans le Golfe", s’est félicité le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon. En outre, cette base opérationnelle avancée permettra "de stocker des équipements en vue d'opérations navales et d'héberger du personnel de la Royal Navy", a-t-il ajouté.

Londres veut rassurer ses partenaires du Golfe

L’annonce de ce "retour" intervient, alors que le Royaume-Uni, tout comme Bahreïn, s'est engagée dans la coalition menée par les États-Unis pour opérer des frappes aériennes en Irak et en Syrie contre l’organisation de l’État islamique (EI). Mais des experts militaires estiment que le retour d’une présence militaire britannique permanente au Moyen-Orient était à l’étude depuis plusieurs années, bien avant que l’EI ne devienne une préoccupation majeure pour la communauté internationale.

Certains voient en cet accord la volonté du Royaume-Uni de rassurer ses partenaires du Golfe, qui lui apportent des milliards de livres d’investissement chaque année en plus d’importantes ressources énergétiques. L’idée est de leur montrer que les problématiques sécuritaires dans la région ne laissent pas le gouvernement britannique indifférent. "Cette annonce est à motivation hautement politique […]. C’est un message à ses alliés du Golfe pour dire ‘nous vous soutenons’", explique Peter Roberts, expert des forces navales au Royal United Services Institute, dans un entretien téléphonique accordé à France 24.

Le Royaume-Uni ne disposait plus de base militaire permanente au Moyen-Orient depuis 1971. À la suite de la crise de Suez, à la fin des années 1960, le gouvernement britannique avait retiré l'ensemble des forces armées stationnées dans les pays du Golfe. L’armée britannique n’avait pas pour autant déserté la région. Depuis les années 1970, au moins un navire de guerre britannique était toujours déployé dans cette région, selon Peter Roberts, sans parler des troupes stationnées à Bahreïn et aux Émirats, ou, plus récemment, sur la base temporaire de Bassorah, en Irak, après l'invasion du pays par la coalition dirigée par les États-Unis. "En réalité, le Royaume-Uni n’est jamais vraiment parti", résume l’expert.

Avec AFP et Reuters

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