URUGUAY

Guantanamo : six détenus accueillis en Uruguay

Il reste 136 prisonniers à Guantanamo.
Il reste 136 prisonniers à Guantanamo. Mladen Antonov, AFP

L'Uruguay a accueilli six détenus de Guantanamo, réduisant à 136 le nombre de prisonniers encore présents dans ce centre de détention américain sur l'île de Cuba. Ils sont au total 19 à avoir été rapatriés ou renvoyés dans un pays tiers en 2014.

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Barack Obama parviendra-t-il à tenir sa promesse ? Six détenus de Guantanamo - quatre Syriens, un Palestinien et un Tunisien -, ont été accueillis par l'Uruguay, dans une accélération manifeste des transferts de la prison américaine, où il reste désormais 136 hommes, a annoncé, dimanche 7 décembre, le Pentagone.

Les six hommes, qui avaient tous reçu préalablement leur "approbation pour transfert" des autorités américaines, ont quitté la base américaine de Guantanamo, située à Cuba, à bord d'un avion de l'US Air Force à minuit (05H00 GMT) dimanche, a indiqué à l'AFP un porte-parole du Pentagone, Myles Caggins.

Le ministère des Affaires étrangères d'Uruguay a confirmé dimanche dans un communiqué l'arrivée des "réfugiés" et promis à ce titre "un strict respect des normes internationales de protection humanitaire", concernant notamment leur vie privée.

"Ils viennent en qualité de réfugiés et ils pourront quitter le pays dès qu'ils le souhaiteront", avait réaffirmé vendredi le président José Mujica à la télévision locale, confirmant une promesse faite en mars.

Les six hommes accueillis par l'Uruguay sont âgés de 30 à 40 ans et étaient arrivés à Guantanamo parmi les premiers détenus en 2002. Il s'agit des quatre derniers Syriens -- Ahmed Ahjam, Ali Hussein Shaabaan, Omar Abou Faraj et Jihad Diyab --, du Palestinien Mohammed Tahanmatan et du Tunisien Abdoul Ourgy, selon un communiqué du Pentagone.

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Au total, 19 détenus ont ainsi été rapatriés ou renvoyés dans un pays tiers depuis le début de l'année, dans un effort évident de l'administration Obama d'accélérer les libérations pour vider la prison et à terme la fermer, comme l'a promis à plusieurs reprises le président des États-Unis.

 

Sur les 779 passés par ses geôles en bientôt 13 ans, il reste désormais 136 détenus à Guantanamo, dont la plupart n'ont jamais été inculpés ni été jugés. Soixante-sept ont été décrétés "libérables" par les administrations successives de George W. Bush et Barack Obama.

"Irréaliste" de fermer Guantanamo d’ici 2017

Le Congrès américain a été dûment informé de ce transfèrement groupé. Celui-ci intervient après sept libérations en novembre, alors que Barack Obama s'est engagé à plusieurs reprises à fermer le centre de détention controversé avant la fin de son mandat en janvier 2017. Mais le commandant de la prison, le colonel David Heath, a jugé "irréaliste" de fermer Guantanamo d'ici à deux ans.

"Le département de la Défense travaille avec diligence pour transférer les détenus éligibles de Guantanamo", a déclaré, de son côté, son homologue pour le Pentagone Paul Lewis, précisant qu'il voyage régulièrement dans les pays potentiels d'accueil. "La sécurité est toujours la plus haute des priorités avant toute décision de transfert, et [la situation de] chaque détenu est réexaminée avec précaution par six agences gouvernementales avant de le déclarer apte au transfert", a-t-il ajouté.

"Le soutien que nous recevons de nos amis et alliés est crucial pour accomplir notre objectif commun de fermer Guantanamo, et ce transfèrement est une étape majeure dans nos efforts pour fermer cette infrastructure", a-t-il précisé dans un courriel.

"Nous sommes très reconnaissants à l'Uruguay de cette action humanitaire importante et au président Mujica pour son rôle déterminant pour fournir l'asile à des individus qui ne peuvent pas rentrer dans leur propre pays", s'est félicité auprès de l'AFP l'envoyé spécial de Barack Obama, Cliff Sloan, en charge de la fermeture de Guantanamo au département d'État.

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Ex-guérillero d'extrême gauche, le chef de l'État uruguayien José Mujica, qui quittera le pouvoir en mars pour laisser place à Tabaré Vazquez, du même parti, avait accepté d'accueillir ces prisonniers sous le statut de réfugiés.

Mais ce transfèrement, prévu dès août, avait pris du retard pour des raisons politiques en Uruguay et a finalement eu lieu exactement une semaine après l'élection présidentielle dans ce pays.

Dans la campagne électorale - qui a abouti dimanche dernier à l'élection de son allié Tabare Vazquez - José Mujica avait cherché à apaiser la polémique autour de cette mesure en indiquant que cela serait discuté avec le prochain gouvernement.

Avec AFP

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