GRÈCE

En dépit des réticences, la Grèce adopte son budget 2015

Le Premier ministre grec Antonis Samaras félicite les députés après l'adoption du budget  2015 au Parlement d'Athènes dans la nuit du dimanche 7 décembre.
Le Premier ministre grec Antonis Samaras félicite les députés après l'adoption du budget 2015 au Parlement d'Athènes dans la nuit du dimanche 7 décembre. Angelos Tzortzinis, AFP

Le Parlement grec a adopté, dans la nuit de dimanche à lundi, le budget 2015. Un soulagement pour le pays, car faute d'accord entre Athènes et ses créanciers, la Grèce risquait de voir son plan de sauvetage reconduit.

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Par 155 voix contre 134, le Parlement grec a approuvé dans la nuit du dimanche au lundi 8 décembre, un projet de budget pour l’année 2015. Un soulagement pour le pays, mais temporaire, car ce pojet a été présenté sans l'aval des bailleurs de fonds internationaux, qui réclament de nouvelles mesures d'austérité.

Bien qu'Athènes se targue d'une prévision de croissance de 2,9 % et de déficit public à 0,2 % du PIB pour 2015, la coalition conservateurs-socialistes d'Antonis Samaras est contrainte à l'une de ses plus difficiles négociations avec ses créanciers.

L'enjeu de cet accord était le versement de la dernière tranche de prêts européens (1,8 milliard d'euros) du deuxième plan de sauvetage octroyé en 2012 à la Grèce. Ce versement conditionne le calendrier de sortie du programme d'assainissement de l'économie grecque, supervisé par la troïka depuis l'éclosion de la crise de la dette en 2010.

Mais nombreux sont les désaccords entre les créanciers et la Grèce. Les bailleurs estiment que le pays aura besoin de deux à trois milliards d'euros de recettes supplémentaires en 2015 pour atteindre ses prévisions économiques, ce que conteste Athènes.

Une décision électoraliste pilotée par le Premier ministre ?

Tant que ces désaccords ne sont pas résolus, pas question d'envisager une sortie du plan d'aide. Pourtant, le Premier ministre Antonis Samaras cherche à y mettre fin plus tôt que prévu et ainsi éviter que ne soit reconduit le plan de sauvetage. Le chef du gouvernement grec espère ainsi sortir des plans d'austérité, qui plombent sa cote de popularité, et assurer son maintien aux affaires après l'élection présidentielle de février.

"Des élections nationales seraient catastrophiques pour la Grèce", a-t-il déclaré devant le Parlement avant l'adoption du budget. Antonis Samaras a conscience qu'il ne dispose pas des voix nécessaires pour faire élire son candidat et des législatives anticipées devront avoir lieu si le Parlement ne parvenait pas à désigner le chef de l'État.

"Votre esprit n'est pas ici aujourd'hui. Il est à l'élection présidentielle. Votre problème, c'est que votre temps est compté", lui a rétorqué Alexis Tsipras, chef de file de l'opposition Syriza, donnée favorite au prochain scrutin.

Le ministre des Finances a quant à lui annoncé que l'éventuelle prolongation du plan d'aide serait décidée lundi 8 décembre.

Un peu plus tôt, 4 000 personnes avaient défilé contre les nouvelles économies demandées par les bailleurs. Samedi soir, les manifestations avaient donné lieu à 296 interpellations et 43 défèrements à la justice à l'issue d'une marche en mémoire d'Alexis Grigoropoulos, tué à l'âge de 15 ans par un policier, le 6 décembre 2008 à Athènes.

Avec Reuters

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