JUSTICE

Oradour-sur-Glane : abandon des poursuites contre un ancien soldat nazi

Archives AFP

Faute de preuves, la justice allemande abandonne les poursuites contre un octogénaire, inculpé en janvier pour meurtres lors du massacre d'Oradour-sur-Glane en 1944, le pire commis en France par les forces nazies lors de la Seconde Guerre mondiale.

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La justice allemande a annoncé, mardi 9 décembre, l'abandon des poursuites, faute de preuves, contre un octogénaire allemand inculpé en janvier pour sa participation présumée au massacre d'Oradour-sur-Glane (France) pendant la Seconde Guerre mondiale.

"Les éléments de preuves disponibles ne permettront pas a priori de contredire" la défense de l'ancien soldat nazi, qui reconnaît avoir été présent sur les lieux du massacre mais affirme n'avoir tiré aucun coup de feu et n'avoir participé en aucune manière aux exactions commises, selon un communiqué du tribunal régional de Cologne.

À Oradour, 642 personnes méthodiquement tuées

Début janvier, Werner C., 19 ans au moment des faits, avait été inculpé pour le "meurtre en réunion" de 25 personnes et pour "complicité de meurtres" concernant des centaines d'autres victimes. Cette exaction est considérée comme la pire commise en France par l'armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. En juin 1944, dans ce village de Haute-Vienne, dans l'ouest de la France, 642 personnes, dont plus de 450 femmes et enfants, avaient été méthodiquement tuées.

L'ancien militaire de 89 ans était soupçonné d'avoir abattu à la mitrailleuse 25 hommes rassemblés dans une grange, avec un membre de l'unité SS à laquelle il appartenait. Les survivants avaient été achevés d'une balle de pistolet ou étaient morts dans l'incendie de la grange à laquelle des soldats avaient mis le feu.

Doutes sur sa participation au massacre

Mais les magistrats de Cologne, chargés de décider de l'existence de charges suffisantes pour renvoyer l'octogénaire devant une cour, ont jugé que sa participation au massacre ne pouvait être établie. Sa présence sur les lieux est certes attestée, mais "ne peut être légalement considérée comme une complicité de meurtres", écrit le tribunal.

Les juges relèvent en particulier qu'aucun des témoins entendus pendant l'enquête n'a évoqué un rôle direct du suspect. Ils rejettent également une liste fournie par le parquet, selon laquelle Werner C. était chargé ce jour-là de tirer à la mitrailleuse, relevant qu'elle était incomplète, qu'il ne s'agissait pas d'un original et qu'elle comportait des différences avec la composition du groupe décrit par les témoins, suscitant des "doutes importants" sur sa validité.

Werner C. a toujours affirmé qu'il montait la garde près des véhicules, assurant même au quotidien allemand "Bild" avoir "sauvé la vie à deux femmes" en leur conseillant de "retourner dans la forêt".

Le parquet de l'Office central d'enquête sur les crimes nazis, basé à Dortmund, a une semaine pour faire appel de la décision du tribunal de Cologne.

Avec AFP

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